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dimanche 21 mars 2010

Les fileuses


- Sais-tu qui nous sommes ? J'espère pour toi que tu ne nous a pas invoqué pour rien !
- Il t'en coutera le reste de ton temps !
- Hooo, elle a pourtant l'air si gentille...
Toutes trois me regardent, j'ai trois générations de femmes devant moi, une enfant, une femme de mon âge, et une vieillarde. Toutes ont un rouet, et n'arrêtent pas de filer... La plus jeune chantonne :
- Fil, file, filons le temps...
Mince alors ! Ce sont les fileuse de temps, les tisseuses du destin. Je ne connais personne qui les a rencontrées et pour moi ce n'était qu'une légende racontée le soir à la veillée, c'est d'un risible !
La plus âgée semble s'impatienter, elle tapote sur pied.
- Alors, jeune innocente ? qui sommes-nous, et que faisons nous ?
- Vous êtes les tisseuses du destin, vous filez la vie de chacun.
La plus jeune sautille sur place en applaudissant.
- Elle est douée, elle a trouvée !
- Calme toi, pas tout à fait... Que filons-nous aussi ? que se passe-t-il si nous coupons le fil ?
Erlon s'agite sous moi :
- Gnorurffff...pfffienfmdmff !
- Nous ne t'avons pas baillonné pour rien cher Draco ! Ce n'est pas à toi que nous posons la question ! C'est une épreuve pour ta protégée, si réponse elle ne sait, son fil sera coupé.
J'inspire un bon coup, il ne faut pas que je me plante là ! Je regroupe mes connaissances.
- Vous êtes les fées fileuses, vous détenez sur vos rouets les vies de chacun d'entre nous, filant nos actions, notre avenir, notre héritage. Le fil de soie peut de lui même se casser, mais vous pouvez aussi le couper, et celui dont la vie est entre vos mains en mourra... Et pardonnez moi, je ne vous ai pas invoquée... Enfin pas consciement, je me suis juste rappeler le charme que ma mère utilisait pour ses potions de guérison.
- Tout ce que tu dis est juste !
- Ho Ouiii, tu as gagnée : rajoute la benjamine.
La vieille esquisse une moue, son rouet va de plus en plus vite, le fil de soie dans ses mains s'allonge, s'allonge prêt à céder. Je ne peux qu'espérer que ce fil ne soit le mien.
CLAC !!
Je ferme les yeux, trop tard ! Je les rouvre tout doucement ! Ha ben non, ce n'est pas moi... Pourtant, il y a quelque chose de pas très clair, une sensation de vide...Sous moi, je sens erlon s'effondrer. Un cri d'angoisse et de désespoir sort de ma gorge.
- NOOOooonn ! Pas lui...
Les fils qui jusque là, nous engluaient s'évaporent, je suis libérée. Je descends du dos d'Erlon, je sens sous ma peau les picotements de la colère... Je me retourne fulminante vers la harpie.
- Vous n'avez pas le droit ! Il n'avait rien fait lui ! Et j'ai répondue correctement à vos questions ! je ...
- Tu quoi ? Jeune effrontée ! Prends garde, ne juge pas sans savoir !
La plus jeune se détache du trio, passe devant moi, et vient poser la main sur la tête de Erlon, je sens les larmes qui coulent le long de mes joues.
- ça va ? tu t'en remets un peu ? Chuchote l'enfant.
Ebahie, je vois les ailes d'Erlon se déployer pour se secouer, sa tête se relève tout doucement, ses yeux sont en roues libres. Il claque du museau comme au sortir d'une gueule de bois.
- Rhooo, j'suis désolée Maïa... Je croyais que c'était ton fil qui se rompait, trop d'émotions, j'ai pas tenu le choc.
J'en reviens pas ! Ce grand nigaud est tombé dans les pommes, c'est trop fort !
Oups ! Et moi qui commençais à vouloir injurier l'aînée. Elle me regarde en chien de faïence, histoire de voir si j'ai quelque chose à rajouter, j'ai l'étrange intuition que je ne me suis pas faite une copine... Et quand on sait ce qu'elle file entre ses mains, c'est pas encourageant pour moi.
- Sache jeune écervelée, qu'un draco n'a pas de fil tissé pour sa vie...
- C'est sûr ! renchérit la petite, la bobine serait trop grosse !
la seconde me regarde les yeux pétillants de malice et glousse de rire.
- Suffit ! claque le rappel à l'ordre, ta vie est sauve, ton fil ne sera point coupé, ton héritage est en marche, et tu dois y arriver pour le transmettre. nous passons sur le fait que tu nous ais invoquée - à tes dires par inadvertance. Que cela te serves donc de leçon !

mercredi 20 janvier 2010

De nouveaux pouvoirs...



- Hum Erlon ? Que... Que se passet-il ? que m’est il arrivé ? je me suis trouvée mal ou bien ?
- Maïa ? ça va ? tu es toute pâle ! J’ai eu beau te parler, tu ne me répondais pas. C’est comme si tu avais été ailleurs.
Un instant, je revis mon passage sur le bateau. Je revois la trahison de Jack...
- Erlon, je ne sais pas ce qu’il s’est passé, je me suis retrouvée sur le bateau de Jack, comme ça, comme dans un claquement de doigts...
- HAHAHA... notre sorcière développe de nouveaux pouvoirs ! Celui-là s’appelle
l’ubiquité ! être à deux endroits en même temps. Tu envoies ton esprit ailleurs...
- Oui ! Merci, je sais ce que c’est que l’ubiquité ! Mais quand est ce que je
l’ai développé ? et pourquoi ?
- Le pouvoir de la rune ! Elle développe chez toi de nouveaux pouvoirs que tu n’as pas acquis pour le moment.
- attends ! Tu veux dire que pour chaque rune lue, je vais déclencher un nouveau pouvoir ? je vais finir super woman ! Woooouww ! J’ai un mal de crâne épouvantable. Aïe !
- non, je ne crois pas que chaque rune va te donner un nouveau pouvoir... Par contre le mal de crâne... heu... c’est normal pour le moment, au fil du temps, tu vas pouvoir dompter ce pouvoir et le mal de crane, n’existera plus. Alors, sur le bateau de Jack,
qu’as tu vu ?
- Ce que j’ai vu ? je vais te le dire moi, ce que j’ai vu. J’ai vu Jack et en bonne compagnie, il m’a trahie, une fois de plus ! Le salaud...
- Ben, te mets pas dans un état pareil Maïa, tu le sais que Jack est coureur !
- Idiot ! Je m’en fous de ça ! il était avec Callaghan ! Il s’est débrouillé pour avoir une partie de médaillonà lui donner. Jack copine avec Callaghan. Il veut me doubler, je savais que cette histoire d’ héritage puait à plein nez ! J'aurais dû me douter, qu'il y avait baleine sous cailloux. Il avait toujours l'air très interressé par le médaillon...
- Maïa ? Heu...Pourquoi ton sac est tout bleu ?
Je regarde Erlon éberluée, mon sac bleu ? Mais de quoi il me parle ? Il fait une intoxication au carbone ou quoi ? Je tourne la tête vers mon sac posé à terre. Il émane de lui, une lueur bleue.
- Qu’est ce que c’est encore que cette merde ?
Je saisis mon sac, et l’ouvre d’un geste brusque ; faut pas me faire chier là ! La lueur se diffuse et m’éclaire, ma boule de crystal flamboie.
Ding ! Vous avez un nouveau message !!
J’ignorais que cette boule avait des options... Décidément, je vais de surprise en surprise. Je me concentre, la tête de Philibert apparaît, un sourire béat lui fend le visage d’une oreille à l’autre.
- Emy, l’élue de Maïa est née ! La maman va bien et notre future petite sorcière est en pleine forme. Nous attendons vite ton retour pour te la présenter. Tu ne dois plus être très loin du grimoire des Anciens... Fais attention à toi !
Il ne se doute pas à quel point, je suis sur une pente savonneuse et que je dois redoubler de prudence. Je me demande qui va encore me doubler dans cette histoire. Un odeur de souffre, vient me chatouiller le nez, en tournant la tête, j’aperçois le muffle d’Erlon au dessus de mon épaule, il sourit (autant que peut sourire un dragon)
- Ainsi donc, une nouvelle petite sorcière est née ? C’est une bonne chose ! Tu n’es plus la dernière Maïa... Mais que cela ne t’empêche pas de finir ta quête, bien au contraire, tu dois détenir tous les pouvoirs, les savoirs pour l’aider à s’accomplir. Ceci bien sûr en attendant que tu enfantes à ton tour !
- Oui alors là, Erlon, occupes toi de tes charbons ardents !
- Allons Maïa, avoue que de savoir que tu vas avoir une élève te comble de joie
Humm... Je reste cependant dubitative, c’est vraiment sérieux que de devoir inculquer un savoir magique à une enfant. Pour le moment, je ne me vois pas du tout en perceptrice. Mais petit à petit, au fur et à mesure que l’idée fait son chemin, un sourire naît sur mes lèvres. ça risque d’être sacrément marrant, épuisant certes, mais marrant...
- Bon Erlon, si on passait à la rune suivante ?

jeudi 7 janvier 2010

Terra Incognita


Terre…Terre… fini l’écho, rebondissant sur les hauts plateaux…


-Terre ! Terre à Bâbord !! C’pitaine.. La terre en vue !

En haut de la vergue, le jeune mousse se trémousse en faisant de grands signes pour attirer l’attention du capitaine sur lui.

Comment je suis arrivée là ? J’en reste interloquée, il y a deux secondes à peine, j’étais avec Elorn en train de lire des runes sur le plateau maudit, et me voici ici sur une goélette en pleine mer !! Je jette un coup d’œil derrière mon épaule, dès fois que mon dragon m’aurait suivi. Non parce que je vous explique, autant moi je me peux me faire discrète, autant un dragon de 5mètres sur un bateau, ça risque de créer un peu la panique ! En y regardant mieux, cette goélette me rappelle quelque chose, comme l’impression d’avoir déjà arpentée son plancher.

- Jack ! Remue toi les fesses Bon sang de bois ! Le p’tit a vu la Terre !

La voix tonitruante de Tim (le second et accessoirement maîtresse du capitaine) résonne sur le bateau, je reconnais sa silhouette anguleuse qui parcoure le pont d’un pas décidé. Elle ne changera jamais celle-là ! Une vraie mégère.

- Ouaip ! Je sais Tim, je l’ai entendu ! Fous moi la paix ! Fais jeter les amarres à un mille des côtes et hisse pavillon…

- Mais qu’est-ce qu’on fout là ? On est loin de nos eaux giboyeuses ! Et puis c’est quoi cette île ? Et puis….

- TIM ! Tais toi ! Fais ce que je te dis ! Tu le verras toi-même ce qu’on fait ici.

- C'est encore pour ta sorcière Hein ? On n'en sera jamais débarraser... Bon ! On va en profiter pour faire le plein d’eau alors… et chasser …

- Non, personne ne descend à terre, c’est un ordre j’ai dis !

Rien qu’au son de sa voix, j’imagine Jack tendu comme une arbalète, tous les sens en alerte. En me décalant un peu de ma cachette, je l’aperçois. Toujours aussi fier, aussi imposant, le regard tourné vers l’île… dans l’attente. Sur son visage, j’aperçois l’angoisse. Une main posée sur le bordage, a les jointures blanchies par la crispation. Son autre main a empoignée la garde de son sabre d’abordage. Je ne l’ai jamais vu dans un état pareil… La dernière fois, que je l’ai vu, il me jetait proprement de chez moi pour partir à la recherche du grimoire des anciens.

En y réfléchissant bien, c’est vrai que depuis que j’ai trouvé le médaillon de l’île Luna, il paraissait avoir changé, dénigrant le moindre de mes gestes. Il y avait même eu une escarmouche entre Philibert et lui pour les plans et la traduction des runes…

- Haaaaa ! Mon ami Jack ! Te voilà au rendez-vous ! Je savais que je pouvais compter sur toi !

Callaghan ???!!! Il venait d’apparaître derrière Jack, celui-ci se retourna d’un bloc et lui fit face le sabre levé. J’écarquillais les yeux… Callaghan sur le bateau de Jack ! Ils se connaissaient donc mieux que je le croyais. Une peur sans nom s’empara de moi.

- Je suis bien là ! Comme si j’avais le choix, rétorqua Jack.

- Tu as bien fait, tu as donc ce que je t’ai demandé ?

- Non ! Je n’ai pas réussi à m’en emparer… Il est trop protégé…

Callaghan regarda Jack, d’un air dubitatif.

- Ha non ? Tu ne l’as pas ? Montre moi plutôt ta main.

- Non ! Je te dis, que je ne l’ai pas !

D’un éclair jaune parti de la main gauche de Callaghan pour percuter Jack en plein thorax, sous le choc Jack fut plier en deux, et leva ses mains pour battre l’air dans l’espoir de se raccrocher à quelque chose. Sur la paume de la main droite, brillait doucement… Comme une brûlure, l’empreinte du médaillon. En un éclair, je revis Jack dans ma chaumière qui essayait de prendre le médaillon, quand celui-ci devient brulant pour le contraindre à le lâcher.

- Tu vois que tu l’as Jack ! Ce n’est pas bien, de me mentir ! Tu es fort et courageux, mais ce sera ta perte. J’ai des pouvoirs que tu n’as pas… Et le peu d’amour que tu as pour cette maudite sorcière ne te protègera pas ! Attends un peu, qu’elle sache que tu l’as bernée, piégée, trahie !

C’est exactement ce que je ressentais, mon estomac se révulsa, et un goût de bile me monta aux lèvres. Jack….

- Mäïa ? Maïa.. Réponds moi !

La voix de Elorn, résonna à mes oreilles. J’étais de retour sur le plateau maudit. 

mercredi 30 décembre 2009

Un condensé de Maïa



Il est grand temps de faire le tour de cette petite histoire !

Nous avons rencontré Maïa Luna, jeune sorcière (ben quoi trentenaire certes, mais dynamique et jeune) aux rencontres nombreuses, goûteuses et variées, qui nous emporte loin dans ses aventures…

Les quêtes de Maïa ….( et pas qu’amoureuses les quêtes…). Tout a réellement commencé au décès de son pirate de père, ou elle appris qu’un héritage l’attendait. Ho pas un lopin de terre hein ? Nan ! Quelque chose d’un poil plus couillu ! Genre sauver le monde de Faërie ! En gros, risquer sa peau toutes les deux minutes vingt pour trouver un médaillon sur une île paumée ou notre sorcière bien aimée y laissa la moitié de sa garde-robe. A peine le temps de savourer son triomphe que la voici repartie à la recherche du grimoire des anciens ! Une vraie balade de santé.

Quelques compagnons pour agrémenter le tout, voilà son monde de Faërie…

L’incomparable Belzébuth, la bête, le chat de la maison. Noir comme du charbon (sorcière oblige… c’est pas du siamois ça Madame), Ce chat, un brin joueur n’a qu’un défaut majeur (et non des moindres) être en rut constant, dû à une immersion dans un élixir par catholique (limite païen le breuvage).

Jack Rackam ou la Flibuste : pirate des grands fonds, tourmenteur des cœurs, qui à maintes reprises mit notre sorcière dans son lit. Au demeurant innocentes aventures qui prirent une drôle de tournure quand l’héritage de Maïa rentra en ligne de compte.

Philibert Turlututu et sa tribu : Mage du 3ème niveau, guide des grimoires sacrés et ancestraux. Un brin bordélique dans ses explications, ses schémas… Il arrive malgré tout à se faire comprendre et aide notre sorcière du mieux qu’il peut !

Ryan l’âme damnée (enfin celle de Maïa), un mage de niveau 3, qui lui aussi mit Maïa dans sa couche. Une pseudo aventure qui coure depuis des lunes, n’en finit pas de recommencer et de se terminer ! Pfff… on y perd ses runes ! Toujours est-il que Ryan aide Maïa dans sa quête (ce qui en soit est quand même une belle chose).

Callaghan : l’ignoble, le gros mytho méchant de l’affaire ! Une horreur que ce mage tout mauve. Mesquin, arrogant, etc… De toutes les façons, c’est pas compliqué… Lui se qu’il voudrait c’est la peau de Maïa ! Heu... voir plus avant si affinités ! Cet olibrius est également le chef suprême de la guilde des mages dont Ryan et Philibert font partie.

Ha oui et non contente, d’avoir des amis «humains», notre sorcière s’est entichée d’un loup, un esprit lupin avec qui elle s’entend comme larron en foire… un protecteur dont elle a des visions bien définies ! Lors de son départ de l’île Luna, elle a même cru le voir se transformer en homme…

Dernièrement, elle a fait également connaissance Elorn, une gentille bestiole de cinq mètres de haut qui porte le pseudo de dragon. Un rien encombrant dans le sac de voyage, mais il est calé en runes…. On ne peut pas tout avoir.


Comment ça il n’y a pas d’autres femmes dans cette histoire ?! Meuh si ! Nanette compagnonne du premier jour, la douce Bérénice poétesse des mots, et Stélaphie (épouse de Philibert) qui est sur le point de donner le jour à une nouvelle petite sorcière !

Alors, on la continue cette histoire ??

Maïa !? Arrête de fêter cette nouvelle année, monte sur ton dragon, en avant pour de nouvelles aventures !

mercredi 16 décembre 2009

La Belle et son dragon



En y réfléchissant bien un dragon de plus de 5m de haut, rouge cramoisi et calé en runes, n’est pas négligeable. J’ai déjà bien un loup comme protecteur ! Pourquoi je n’aurais pas également un dragon. Et puis ça un sens pratique aussi, j’aurai du feu partout ou j’irais ! Bon je l’accorde un poil encombrant le briquet, mais quel chic !!!

- Hé ?! Tu penses à me détacher quand même ?

- Oups.. Heu oui ! C’est quoi le mode d’emploi ? Quelle formule a-t-il utilisé ?

- Un jargon quelconque de mage… pas une langue que je connais.

- Alors je procède comment ? J’y vais avec les dents ?

- Hooo t’as de l’humour toi ?! Si tu n’as pas l’incantation, une pierre peut nous aider. Une pierre de lune ou une améthyste !

- bah ça j’ai pas… Attends si ! J’ai une améthyste qui vient de mettre offerte, elle est dans mon sac.

Et je suis encore en train de farfouiller dans mon cabas, au bout d’une bonne dizaine de minutes, je ressors triomphante le collier offert auparavant dans la caverne aux fées par le drôle de personnage encapuchonné. L’améthyste a une couleur mauve laiteuse et flamboie doucement. Au fur et à mesure que je l’approche de la liane, la pierre devient d’un mauve parfait ou de fines veines blanches scintillent. La liane semble se désagréger sous le doux mouvement de balancier que je lui impose. Bientôt mon dragon est libre. Ha ben ça y est ! Je me l’approprie déjà ! Il en profite pour s’ébrouer et s’étirer… Diable ! la bête est grande !! Je me sent ridiculement minuscule.

- Merci tendre sorcière, je savais que ton cœur est bon ! Allez grimpe, je t’emmène jusqu’aux trônes.

- Bon et si on faisait les présentations avant d’aller plus loin…

- Toi c’est Maïa et moi c’est Erlon. Et oui, j’ai entendue parler de toi , pourquoi crois-tu que Callaghan m’est entravé ?

- C’est vrai ça ? Pourquoi ne t’a-t-il pas tué ?

- Ce n’est pas un chevalier au cœur pur !

C’est plus fort que moi, j’éclate de rire ! Un chevalier au cœur pur ! Comme si on trouve ça sous le sabot d’un cheval. Callaghan est loin déjà d’être un chevalier… quand à avoir le cœur pur, c’est une autre paire de manche !

- Ne pouvant me tuer, il a fait en sorte de ralentir ta quête.

Je ne peux m’empêcher de regarder par-dessus mon épaule pour vérifier qu’il n’y ait pas deux yeux sadiques qui me lorgnent de loin.

- Allez à cheval Maïa, je t’offre un vol en première classe, direction les trônes.

Le "à cheval" me laisse goguenarde, l’expression favorite de Jack quand il passe à l’acte ! Ce dragon a un humour fou… Quoique là, la taille du cheval m’impressionne fort. Je ne sais vraiment pas par quel bout faire mon approche. Délicatement Erlon se couche à mes pieds, et me propose sa patte avant comme marchepied. Je connais quelques chevaliers qui pourraient en prendre de la graine !

Autant un vol en balai est silencieux, autant un vol en dragon est.. Comment dire ? Décoiffant ! entre les turbulences que les ailes provoquent, et leur puissant « Wouf…Woufff », j’en suis ébaubie. Mais quel vol, quelle puissance ! Mon balai en est jaloux !! Erlon en profite pour m’en mettre plein les yeux, nous montons jusque dans les nuages, pour redescendre en piqué vertigineux jusqu’aux trônes, il passe une première fois au-dessus, amorce un demi-tour (sur la tranche) et redescend en raz pâquerette. Pourvu qu’il maîtrise l’atterrissage ! Et hop ! Sans un soubresaut, un cafouillage quelconque, nous voilà posés comme une fleur sur le plancher des moutons.

Face à moi, les trois trônes. Taillés dans le granit, le plus grand, le plus haut est sculpté sur tout le pourtour d’une frise de lierre, le second à droite est décoré de nœud celtique, le troisième à gauche à une étoile du sud sur le dossier, ainsi qu’un bateau sur l’assise. Le pouvoir de la triade ! Alors que je m’approche, j’aperçois le texte en runes qui couvre le dossier du trône au lierre. Mmmoui ! Des runes ! Et Philibert est plutôt loin, j’espère que Erlon est vraiment calé, parce qu’hormis une rune ou deux que je reconnais et traduis, le reste est un énorme charabia pour moi.

- Erlon ? Tu sais vraiment les lire ? Parce que là, c’est énorme !

- Humm ? Oui c’est un charme, tu reconnais la rune principale ?

- Ho que oui.. La rune de deuil, le deuil que l’on porte, mais aussi les changements de saisons. La nature du changement, l’avatar du destin.

- Houuu calée la sorcière ! Oui c’est tout à fait ça, ce charme est le bouclier de l’histoire, le chaudron de la tradition.

- Allez, tu me le lis ?

- Ce que la marée donne en cadeau, Le reflux l’enlève de tes mains. Je ne chante pas de chansons mielleuses. Mes cheveux sont blanchis par l’âge, Il n’est pas dur de vivre sous terre.

La voix de Erlon résonne, l’écho du cirque de pierre qui nous entoure s’empare des derniers mots : vivre sous terre… sous terre…terre…

jeudi 10 décembre 2009

"Vous êtes arrivée !"



Malgré les nombreuses pensées qui m’obstruent l’esprit, je commence à en avoir sérieusement assez de ce tunnel, de l’inconnu qui m’attend, de ce fichu grimoire et tout ce qui va avec ! Ok je vais passer pour une râleuse de première… mais j’m’en fous ! Être sur le qui-vive vingt quatre heures sur vingt quatre, c’est vraiment pas la panacée ! Soudain une luminosité envahie l’obscurité du tunnel, une pensée m’arrive dessus aussi soudainement la lumière…

- que va-t-il encore me tomber dessus ?

Rien ! Non pas rien, il n’y a rien… Mais rien ne me tomba dessus (dans un premier temps). Décrire le paysage serait …. Bon d’accord j’essaye ! Donc une sortie de tunnel… qui donne sur… sur… comment dire ? Heu.. Une plate forme creusée dans la roche, qui.. Qui surplombe un énorme labyrinthe également creusée dans la roche ! Rectifications ! en m’approchant, je m’aperçois que le vide est sans fin dans ce que je croyais être le labyrinthe… Donc il va falloir que je saute d’une pierre à l’autre sans tomber ! Génial !! Tout s’arrange ! Tout ça pour atteindre un endroit ou trois trônes se dressent avec ce que je reconnais être à côté l’arbre de vie… Bon la bonne chose c’est que j’ai le parcours devant les yeux, je sais désormais à quoi m’attendre. La mauvaise c’est le petit panneau qui se dresse devant moi :

Vous êtes arrivée

Le val sans retour est à vos pieds,

Attention ou vous les posez

Aucun écart ne sera pardonné !!


Une sorcière avertie en vaut deux. Ça ne rigole plus les gars ! Pourtant j’ai dans l’esprit d’avoir déjà vu ce paysage, un éclair de génie me traverse, ça y est… je sais où ? Je tire le médaillon de mon baluchon, la face de la lune, tout y est gravé… ha ben non ! Pas le panneau d‘avertissement. Si seulement mon médaillon il pouvait se transformer en tapis volant !! Tant pis, vaille que vaille je dois m’y tenir. Il ne sera pas dit que j’aurais flancher devant un si petit obstacle. Quoique… L’idée de jouer la fille de l’air m’effleure.

-Hummm… Hummm… Si tu pouvais faire quelque chose pour moi avant d’y aller, ça m’arrangerait!!!

Une fois de plus, je sursaute au son de la voix. Grave, basse, tel un ronronnement, un grondement… Un sourire nait sur mes lèvres. Serait-ce mon Loup ?

- Waaaow ! Alors ça ?! Heu… vous êtes ?

Au fur et à mesure de ma découverte, je suis obligée de lever la tête très très haut pour parvenir à croiser le regard de…

- un dragon ! Draco Occidentalis Magnus…

- oui merci ! Ça je le vois bien.. Mais vous êtes qui ? Eliott ?

Moi et mes conneries ! J’espère qu’il a de l’humour ce dragon…Je remarque qu’il a les pattes entravées par ce qu’on appelle la liane cloueuse (mélange d’argent, de magie), elle envoûte et cloue au sol n’importe quel personnage de Faërie. On ne peut l’ôter qu’à certaines conditions.Ça y est j’ai encore le ciboulot qui se met à carburer à cent à l’heure. S’il est là c’est pas par hasard.. Gentil ? Méchant ?

-Gentil ! Un des derniers de mon espèce, tu sais fort bien que les dragons sont les compagnons des sorcières !

- Heu.. Vous étiez… les animaux de compagnie !! Mais au plus fort des temps ancestraux vous comme nous ont été bannis ou tués par les chevaliers et l’inquisition. C’est pour ça que nous nous sommes rabattus sur les chats noirs.

- Gnourrf ! Animaux de compagnie ?! Nous vous servions davantage qu’un de vos chats noirs peut le faire. Nous sommes dignes, fidèles et courageux !

Aïe ! Il a dans le regard des flammes, et son mufle devient fumeux, c’est sûr, je vais finir griller comme une vulgaire sorcière, et sans bûcher ! Le comble !

- C’est pas faux ! Mais n’empêche que là, c’est moi qui suis en liberté, et vous qui êtes entravés.

Et toc ! On n’a pas gardé les cochons ensemble, d’où se permet-il de me tutoyer… Et moi je n’arrive qu’à le vouvoyer ! Tout ça parce que graver dans ma peau.. L’énorme respect ancestral pour les dragons. Merci la famille !

- Callaghan ? Ça te parle ? C’est lui qui m’a fait ça ! Je suis ici pour guider l’héritière. Et puis, comme tu le sais, les dragons sont hyper calés en runes !

Un point pour Eliott ! C’est pas possible ça ! Je vais me retrouver avec un véritable bestiaire ! 

lundi 23 novembre 2009

Rencontre




J’eu à peine le temps de récupérer le médaillon que le pic du diable s’est affaissé. Je vais avoir du mal à expliquer pourquoi une partie du paysage a été modifiée du jour au lendemain. Au moment ou je sautais à travers la porte, je me demandais bien sur quoi j’allais tomber.

- Bienvenue dans mon monde jeune sorcière ! Il y a fort longtemps que je n’ai vu âme qui vive passer cette porte. Viens donc près de moi, ta compagnie me fera du bien.

La voix d’outre-tombe rebondit sur les murs, je n’arrive pas à définir d’où elle vient. La nuit opaque s’est transformée en lueur grisâtre ; je ne peux qu’avancer, la porte par laquelle je suis entré s’est effacée. Il fait froid et humide, je sens l’eau qui suinte sur les murs, quelques ruissèlements se font entendre. Au sol, là ou doivent se tenir mes pieds, je ne vois qu’une nappe de brouillard. En gros j’avance à l’aveuglette ; d’un pas hésitant, redoutant la moindre chausse-trappe qui me jetterait dans un cachot humide.

- Avance donc, tu ne crains rien, viens te réchauffer auprès de mon foyer.

Au détour d’un rocher je découvre… une grotte immense peuplée de fleurs lumineuses, d’arbres gigantesques, une cascade surplombe pour tomber dans un lac d’un bleu intense. Sur la berge, un feu est allumé sur lequel se penche une silhouette encapuchonnée. Celle-ci me tend une main avenante et m’invite à la rejoindre.

- Haaa.. Te voilà Maïa !

Bon ça c’est fait ! pas besoin de faire les présentations, on sait déjà qui je suis. Posant mon sac et mon balai, je m’installe face au feu et à mon drôle de personnage. Sous la capuche, je ne vois que deux yeux qui scintillent, je n’arrive pas à distinguer de visage.

- Merci.. Et vous êtes ?

- Ton destin ? Ton avenir ? Ton Juge ?… Un peu les trois surement.

Je suis prévenue, ça ne va pas être une partie de rire. Si je dois être jugée sur mes actions, on va me désigner coupable d’office c’est sûr ! Le bûcher va m’accueillir ! Bel avenir !

- Ton avenir te fait du souci ? Pas de bûcher pour toi ! N’oublie pas que tu as de grimoire des anciens à retrouver. Certes, ça ne va pas être une partie de plaisir, mais tu y arriveras.

Je grince des dents sur la partie de plaisir. Je m’en serais douté que ça n’allait pas être du gâteau ! Un éclat lumineux près d’une fleur attire mon regard. Une fée minuscule volète de fleur en fleur… En y regardant mieux, ça grouille de fées et d’elfes, tous affairés auprès de la nature luxuriante. Pour un peu, j’en aurais la mâchoire qui tombe. Je regarde mon hôte d’un air ébahi ; dans la capuche, j’aperçois un sourire étincelant. Je suis dans le monde du petit peuple.

- Hé oui ! Tout n’est pas légende ! Si toi et tes amis existent, le petit peuple aussi. Et tu as les yeux et le cœur pour les voir. Ils t’aideront dans ta quête… Tout ce qui est légende te soutiendra. Certains te mettront à l’épreuve.

- Moui … Seule contre tous !

- C’est là ou tu fais erreur, tu n’es pas seule ! Tu as déjà sut t’entourer de puissants alliés, Jack le pirate, Ryan un des mages les plus puissants, Turlututu ton guide… et le monde lupin, le loup. Ta plus grande protection est le médaillon, il t’aide à développer tes pouvoirs, c’est ta carte jusqu’au grimoire.

- Le fameux grimoire des anciens ?! Qui il y a-t-il dedans ?

- Oui celui là même, tout le savoir de Faërie, la protection de nos mondes… Celui dont Callaghan veut s’emparer. Tu dois le trouver pour le protéger.

- Attends, il se protège tout seul, puisque personne ne sait ou il se trouve, non ? Pourquoi j’irais batailler à le chercher…

- Callaghan est sur sa piste, il s’en approche, et il te surveille, tu détiens des éléments qu’il n’a pas…

Ça ne me dit rien qui vaille cette affaire. Jusqu’à présent, Callaghan je n’en avais fait qu’une bouchée, mais connaissant son esprit retors et revanchard, je me doutais bien qu’il n’allait pas s’en tenir là, surtout s’il voulait détenir le monde de Faërie dans ses tites mimines poilues !!

- Prends cette pierre, elle te protègera en chemin. Elle te reliera aux éléments. Et va… Plus loin on t’attend.

Sertie dans un tourbillon d’argent, une améthyste douce et laiteuse se balançait au bout d’un cordon de cuir. Laissant mon étrange hôte au coin de son feu, mon balai, son sac, ma pierre et moi reprenons notre chemin pour continuer notre chemin...

jeudi 19 novembre 2009

la porte des deux mondes



Le sort en est jeté ! Faut plutôt être tordu pour venir gravé dans la roche une telle citation… Je me demande combien de pèlerin ont eu l’occasion de la voir celle-là. Message de bienvenue ? Avertissement ? Je pencherais volontiers pour le second. Je laisse courir mes doigts sur la gravure, profonde, régulière, glacée. Un vrai boulot de pro ou de sorcier. J’aurai préféré un panneau de bienvenue : « Le pic du Diable vous accueille pour le meilleur comme pour le pire. A vous de juger ».

- Au Pic du Diable, c’est dans le coin : les parole de Philibert me résonnent encore à mes oreilles ! Ben j’y suis au Pic du Diable, mieux que ça même SUR le pic du diable ! Le vent me hurle toujours dans les oreilles, et il n’est pas du genre sympathique, s’il pouvait je crois bien qu’il me clouerait à terre. Et ces environs là sont plutôt du genre vaste, je culmine le paysage de plus de 1 500 mètres d’altitude.

J’ai beau écarquillée les yeux dans tous les sens, je ne vois rien d’autre que le paysage désolé de ces montagnes enneigées. Je sors de mon sac à dos, les fameux papiers de Philibert, il doit bien y avoir quelque chose sur le pic du Diable… un coup de vent éparpille les feuillets qui s’envolent dans un bel élan. J’en rattrape la plupart, mais un se sauve en catimini au dessus du vide.

- Merde, j’espère que c’était pas le plus important…

- ….portant : me répond l’écho.

Au milieu de ce fatras, je trouve un mot sur une porte qui s’ouvre sur un autre monde, une incantation à ajouter, et le tour est joué. J’ai fait trois fois le tour du pic, je n’ai rien vu, ni porte, ni grotte. Hormis, des pierres, des rochers, une herbe folle. Et je me vois mal appuyer sur chaque pierre ou rocher pour voir s’il y a un mécanisme d‘ouverture… Bon autant s’en remettre à la magie.

-Vérité des mondes, qu’apparaisse dans l’ombre

la porte des éléments, qu’elle s’ouvre sans tourment

Pour me faire entrer, dans l’antre des oubliés.

Murmure de mots anciens … Un grand calme résonne, plus de vent. Plus de hurlement. Je refais un tour pour voir s’il y a eu changement. Malgré moi, je suis surprise…À côté du Pic, soudain apparait une sorte de grotte, fermé par une lourde porte. Non pas que je doute de la magie des mots, mais ça me surprend à chaque fois. La porte est en bois, elle est usée, patinée par le temps, les intempéries semblent avoir eu le dessus sur elle. Fermée ! J’ai beau vouloir la secouer dans tous les sens, m’arque bouter sur elle, elle ne bouge pas d’un millimètre. Rien n’y fait. Son usure n’est que semblant. Pas de poignée, de serrure. Encore un dilemme ! Je jette un coup œil entre les planches disjointes. Je ne vois rien, l’obscurité derrière est telle, que je ne distingue que dalle de ce qui pourrait m’attendre. Une idée à la con me traverse l’esprit.

- Sésame ! Ouvre toi !

J’éclate de rire, l’écho en profite pour s’en emparer et faire résonner mon rire dans les montagnes. Brrr : ça devient sinistre au fur et à mesure que cela se répète.

Je pourrais prendre de l’élan pour me jeter contre cette foutue porte, mais hormis y laisser mon épaule, je sais pertinemment que cela ne servirait à rien. Je farfouille dans les papiers de Philibert. Dans l’obscurité du sac, mon médaillon se met à flamboyer, je le saisis et le sors à la lumière. Mes yeux se posent sur la porte, dans une pierre, un rond se forme. Trop facile ! Pile poil la forme du médaillon. Pas le temps de réfléchir, mes gestes se font plus vite que mes pensées, en un clic, le médaillon est posé. Une aura bleue-verte se forme sur la porte, une odeur de souffre m’emprisonne le nez, et me fait monter les larmes aux yeux. Dans un grincement de gonds, la porte s’entrouvre doucement pour finir par s’ouvrir vivement dans un claquement. Le sol en vibre, des pierres se détachent du fronton, des lézardes apparaissent sur le sol. Deux choses l’une, ou je me jette dans la gueule du diable, ou je trépasse dans une éboulement sans précédent du Pic. La raison emporte l’esprit, je saute a pieds joints dans l’antre obscure qui me tend les bras.

samedi 14 novembre 2009

Au pied du pic


La nuit fut courte, entrecoupée de rêves, de réflexions. Tout le monde savait ou j’allais et ce qui m’y attendais ! Moi je restais dans le flou artistique le plus complet… Pourquoi me pressaient-ils tous autant ? Et surtout ce silence sur ce que j’allais vivre ou combattre…sauver notre monde de magie. Faire en sorte que les forces s’équilibrent, que les éléments reprennent leur place...

Mais la grande question demeurait : pourquoi moi ? C’est vrai quoi ? J’ai rien demandée ! Suis pas la meilleure, ni la plus grande des sorcières. Je ne suis pas un modèle de vertus (loin s’en faut), plutôt du genre grosse fêtarde. Ma ligne de conduite est farfelue à outrance, outrepassant et bafouant allègrement les commandements de la guilde des sorcières ! Je batifole dans le monde de la piraterie (Jack) et celui des mages (Ryan), sans compter mon bras droit Philibert, mage et gardien des grimoires…

J’ai dû naître avec sur une fesse estampillée : C’est elle qui le fera !

Toc..Toc..Toc…

- Levez vous mon petit, vous prenez du retard, votre mâtinel est servit…

- Humm ?! Oui j’arrive !

Je me renfonce dans ma couette douillette et éventuellement dans les bras de…Ryan. Doux souvenirs… Gnourrf ! Faut que je me secoue. Pas de temps pour la nostalgie !

Effectivement un petit déjeuner pantagruélique m’attend, si j’arrive à décoller une fois avaler tout ça, ce sera un coup de bol. Mon hôtesse arrive avec un chargement de fourrures.

- Pour vous protéger du froid ! Les meilleures qui soient ! Ours, Loup, lynx, rien de tel pour ne pas sentir la froidure du blizzard.

Ma main s’égare sur les fourrures, douces, somptueuses, chaudes. Une bouffée de colère me prend à la gorge. Aussi tentantes qu’ elles peuvent être, je ne vais pas me couvrir d’un animal… Et du loup encore de mieux. On aura tout vu !

- NON ! S’il faut j’irais nue, mais hors de question de me coller du poil d’animaux sur moi. J’ai un ami Loup, suis pas sûre qu’il apprécie la plaisanterie.

- Si vous voulez mourir de froid mon enfant, c’est votre affaire !

« Mon petit », mon « enfant », son côté maternel commence sérieusement à me pomper l’air ! J’avale une dernière gorgée de café, prend mon paquetage.

- Allez, je vous remercie bien pour votre accueil, mais il est grand temps que je reparte, préparez moi la note s’il vous plait.

- Non.. Non… On verra ça à votre retour, mon enfant…..

- Hoooo ! Je vous remercie !

Là-dessus, je prends la porte. Un froid et un brouillard à couper au couteau m’attend.

- Ouais… Si vous en revenez ! Me jette ma bonne hôtesse avant que je referme la porte.

En haussant les épaules, je grimpe sur mon balai et décolle. Je n’y vois goutte ! J’entends une cascade pas loin, je tire sur mon balai pour grimper à la verticale, passée le brouillard et les nuages, le pic m’attend, les alentours sont sinistres. Plus âmes qui vivent ! Même pas un piaf pour me chanter une ritournelle, quel accueil.

Lorsque je pose pied à terre, un hurlement sinistre se fait entendre, mes poils se hérissent, le vent s’enroule en hurlant autour de la pointe, la terre tremble, les pierres roulent.

Sur le roc gravé : Aléa Jacta est.

Me voilà prévenue :

Le sort en est jeté.

jeudi 12 novembre 2009

balade de santé


A peine le temps de refaire mon paquetage… Si Jack était un sorcier, cela se saurait ! Et mes fameuses fioles, ne serait pas un laxatif, un somnifère, et autres médications du même acabit ! Non mais je vous jure hein ?!, c’est vrai que dans le trou du cul du monde, ça va me servir ?

Philibert en a profité pour me fourguer son cahier plein de flèches, de diagrammes, de tableaux. Juste le temps de faire un trait d’humour pour lui demander s’il avait le petit lexique de décryptage (je n’eus droit qu’à son regard noir !), et me voici grimpée sur mon balai, direction ???

Hé mais c’est vrai ça ? Je vais où au juste ? Suis pas équipée Tom-tom moi, la seule carte dont je dispose est le médaillon -face lune, et l’endroit n’est pas désigné du tout. J’ai pas le plan de « vous êtes ici… et vous allez là ».

- File vers le Nord pendant 3 jours !! Me crie Jack

- Oui ! Dès que tu vois la pointe du Diable, tu t’y arrêtes, ça devrait être dans le coin, rajoute Philibert.

Ben tiens ! Trois jours de vol de balai, que du bonheur ! Et puis la pointe du Diable, ça doit être sympa comme étape, il doit y avoir une chambre d’hôte dans le coin. Heureusement mon balai tient le coup, et file à toute vitesse à travers les airs. J’en profite pour coller la panique dans un vol de grues. Traverser leur vol en flèche les laissent un moment déconcertées, désorganisées. Mais moi, j’avoue ça me fait rire ! On s’occupe comme on peut.

Brrr, les nuits sont plutôt fraîches, heureusement sur ma route, je rencontre quelques consœurs qui m’ouvrent leur maison, et m’hébergent le temps d’une nuit. Une bonne occasion d’avoir les derniers potins du jour, de donner des nouvelles, et de raconter mon aventure. Enfin plutôt de répondre à leurs questions ! Parce que la nouvelle s’est répandue comme une trainée de poudre… Je vais sauver le monde de Faërie !!

Chacune y va de son astuce, de son sortilège, de sa potion… J’y mets vite le holà, sinon mon balai serait plus chargé qu’une bourrique !

Au fil des jours, le paysage se modifie subrepticement, de plaines en vallons, je quitte peu à peu l’automne pour un monde d’hiver. Je commence à ressentir le froid, comme un oignon je rajoute les épaisseurs.

Au loin se dessine une grande aiguille… La pointe du diable qui émerge des nuages, les sommets des montagnes sont enneigées. Je finis mon voyage enturbannée par une grosse écharpe, d’un bonnet, moufles et goutte au nez. Je descends en piqués, traversant les nuages à toute allure, les déchirant comme un gros morceaux de barbe à papa qu’on arrache du bâton de bois. J’ai trop froid pour appréhender et apprécier le paysage. Je verrais tout ça demain, il me faut trouver un endroit chaud et douillet vite fait, bien fait. Une de mes consœurs m’a affirmée qu’il y avait une petite auberge accueillante au pied du Pic du Diable.

Effectivement accolée à un escarpin rocheux (si je vous jure, ça ressemble à un escarpin !), un chalet de bois enseveli sous la neige est éclairé, une douce fumée à l’odeur exquise sort de la cheminée. Mon estomac en gargouille de joie.

- Bien le bonsoir jeune sorcière, pour ce soir, le gîte et le couvert ?

Une petite bonne femme replète aux joues rebondies (style Bonnemine de chez Astérix), m’attend sur le seuil du chalet, d’un geste ample elle m’invite à rentrer au chaud.

-Découvrez vous tendre enfant, mettez-vous donc à l’aise, on a pas idée de vous forcer à voyager par temps pareil.

- Gnouiii, gnui bien gnaccord gnavec vous ! Gn’est pas humain ! J’ai beau vouloir desserrer les dents, je n’y arrive pas, je suis bleue de la tête au pied, un bruit de claquettes me surprend. He ben oui ! Mes dents !

A ma seconde assiettée de soupe, ma logeuse vient s’assoir à ma table, une tarte chaude dans chaque main ; je me sens l’effet d’un coq en pâte.

- Faut prendre des forces ! Vous avez du retard sur le planning, et ce qui vous attend là-haut, c’est pas joli joli…

Je m’étouffe à moitié… Mais c’est pas vrai, ils se sont fait passés le mot ou quoi ? Ils me mettent une pression d’enfer !

mercredi 11 novembre 2009

Envol de runes


Blabla bla bla.. Protection.. Bla, bla, bla…. Echange… Bla..bla..Destinée…blablabla… Domaine, Deuil… Bla..bla… Inspiration ! Maïa, tu écoutes un peu ?

- Hum.. Hum.. Inspiration ?!! Tu cherches l’inspiration ?!

- Hein ? Mais tu te fous de moi non ? Je ne cherche pas l’inspiration ! C’est la rune de l’inspiration ! Comme celle de la protection, de l’échange, de la destinée, du domaine et du deuil. Des runes, les runes, TES RUNES !!

Je regarde Philibert d’un air bovin… Je ne pipe que dalle à ce qu’il me hurle dessus ! Son marmonnement a fini par m’endormir. Je le regarde attablé, entouré de mon grimoire, de ses livres piqués aux mites, qui expertise mon médaillon à la loupe. Il a rempli pas loin d’un cahier en dessins, croquis, tableau, mon médaillon se retrouve décomposé en tranches, en colonnes dans son cahier. Des flèches de couleurs parcourent les colonnes d’un côté à l’autre, dessinant des arabesques en travers de la feuille. Je ne sais vraiment pas comment il s’y retrouve. Je me retrouve sous son regard plus que réprobateur… Je pense qu’il vaudrait mieux que je me secoue, ou je vais encore m’en prendre une soufflante.

- Pfff ! Allez ! Fais voir le médaillon et explique moi… Ok les runes, je les vois… Oui je les reconnais, je les ai vues dans mon grimoire.

- Voilà, et elles sont toutes sur le médaillon, à des endroits stratégiques, mais il te faudra trouver la formule pour les utiliser à bon escient lors de ta nouvelle quête.

- Hummm, et bien sûr ça pour hier ?

Je reprends le médaillon en main, immédiatement une chaleur s’en dégage, en y regardant mieux, les runes se mettent à scintiller.

- Protection sur le collier du loup

- Echange sur le poignet du mage

- Inspiration sur le chaudron

- Deuil sur l’extérieur du pilier gauche

- Destinée sur l’intérieur du pilier gauche

- Domaine sur le pilier droit

A force de regarder le médaillon, le loup semble me sourire, et je vois des flammes dans le regard du mage, l’impression d’être aspirée par le médaillon…

PLAFFF ! Un envol de papier au milieu de la table se fait…

- Voilà ton sac Maïa, toutes tes potions sont dedans, et puis ton balai t’attend !! Assez perdu de temps avec tes paperasses ! Il faut que tu y ailles, le temps passe vite.

Je ne jurais pas, mais j’ai comme l’impression que Jack est un poil pressé de me voir m'envoler. Je le vois qui tourne en rond, il regarde les papiers de Philibert d’un air sombre. J’ai comme le vague sentiment qu’il a envie de jeter tout ça au feu… Il regarde mon médaillon d’un air torve, au moment, ou il veut s’en emparer, le médaillon se met à flamboyer !

- Qu’est-ce que c’est que cette merde ? Lance-t-il d’un ton rogue.

- tu as voulu t’en emparer, tu es pirate ! Donc un indésirable ! Le médaillon se protège, tout simplement lui répond en souriant Philibert.

- Indésirable ? Tu veux qu’on en cause là ?

Houla, les coqs se dressent sur leurs ergots, il va me falloir de la diplomatie pour calmer les esprits.

- Jack ?! Calme toi, je vais y aller, mais il me faut la correspondance des runes..

- Pas besoin ! Tu as la carte sur l’autre face ! Bouge toi le cul, ma fille ! Le destin est en marche, pas le temps de «couniller», prends ton baluchon, ton médaillon et à cheval. La prochaine lune va arriver !

Surprise, je regarde Philibert qui hoche la tête d’un air triste, Belzébuth vient se frotter contre mes jambes avec un miaulement déchirant. Jack me montre la porte d’un index impérieux. Décidément, on n’est plus maître chez soi !!  

jeudi 5 novembre 2009

Retour prise de tête...



Je reviens à ma chaumière, la tête légère, le cœur apaisé…Cela fait du bien de s’aérer la tête parfois, de jeter aux orties tout ce qui encombre l’esprit, de s’oublier allègrement…Il paraît que j’ai assez musardée ! Mon retour de Samain se fit en fanfare. Une véritable congrégation m’attendait de pied ferme…

Philibert en tête les mains sur les hanches, ne souriait plus du tout.

- ça y est Madame est de retour ? Elle s’est bien amusée, chez les humains ? Madame, n’a pas l’impression d’oublier quelque chose des fois ?

- Hola doucement ! On se calme, ben quoi ? J’ai bien le droit de prendre l’air un peu non ?

- Tu n’as pas vraiment le temps Maïa, tu as une quête à finir !

- Mais…. J’ai récupéré le médaillon ! Je l’ai mon héritage ! Le reste peut bien attendre un peu.

Ce que je n’avais pas dit… Froncements de sourcils, grognements furent leurs réponses. Soit je prenais cette aventure trop à la légère, soit mes amis étaient trop obnubilés par cette quête. Devant leurs têtes rébarbatives, je me piquas d’un fou-rire. Ils sont décidément trop drôles quand il font la gueule. Mal m’en pris ! Un véritable courroux me tomba dessus, j’eus droit à la moral. Jack s’en mêla :

- Le temps nous est compté, le médaillon n’était qu’une première étape, tu dois absolument le déchiffrer pour récupérer le grimoire des anciens…

- Oui ! N’oublie pas que Callaghan est aussi sur le coup, il ne doit pas l’avoir avant toi, sinon s’en est fini des sorcières, et du monde de Faërie, rétorqua Philibert.

Je les regardais, hésitant longuement entre le repentir et la colère. Mais c’est pas vrai ça ! C’est pas eux qui ont ce sont mouillés, ont risqués d’être bouffés, tailladés en pièces !

- Hé Jack !? Je croyais que c’était qu’une vulgaire pièce d’argent ! Tu t’y intéresses maintenant ?!

L’instant d’une seconde, je me revis dans le monde humain, tranquille, pénarde, à ma table de troquet…Sans une bande d’agités qui voulaient absolument que je me jette dans le gueule du loup ! Je sentis un tiraillement sur ma manche, en baissant les yeux, je vis le jeune Nathan qui tenait le coffret de bois et me le tendais avec un grand sourire…

- Dis Tatie Maïa, tu me diras ce que représentent les dessins sur le médaillon ?

Philibert et Jack me regardaient d’un air goguenard. Les salauds ! Ils avaient osés mettre les enfants dans le coup !