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mardi 12 octobre 2010

la messagère



D'habitude pour l'envoi de mes plis, mes courriers ; j'utilise le savoir faire d'une mouette porteuse, c'est pratique ! J'en ai une ou deux de dressées qui portent les doux noms de Berthe et Gertrude (j'avoue !! j'étais en panne d'inspiration ce jour là !). Pour l'envoi de parchemins, il suffit de le rouler serré, et de leur attacher sur le dos entre les ailes (histoire qu'elles volent droit), délicatement attaché (faut pas non plus leur serrer trop le kiki pour ne pas les étrangler) et surtout pas aux pattes, parce que sinon elles se pètent le bec lors de l'atterrissage (c'est pataud une mouette !!). Rien ne fait plus mauvais genre que d'avoir une mouette porteuse qui meurt sur votre pas de porte en vous apportant des nouvelles (un : ça passe pour une menace sous-jacente, et deux : faut faire un trou dans le jardin pour l'enterrer – on perd un temps fou à cette occupation !).


Bref, donc j'utilise mes mouettes pour des missives courantes ! Mais là, bien obligée de me tourner vers de nouvelles options. J'avais quelques grimoires à envoyer aux quatre coins de Faërie, des grimoires précieux, dont il était hors de question qu'ils soient salopés par le mauvais temps, la traversée des bois, des rivières ou tous paysages susceptibles d'en écorner les pages. L'idée de faire livrer les dits livres par un putois ou un ours m'avaient légèrement effleurés l'esprit, mais je me rendis vite compte que cela aurait été fort mal pris par mes amis.


Le putois d'un caractère ombrageux n'aurait pas eu la délicatesse de se laisser prendre le colis sur son dos sans leur larguer une jolie caisse... Malodorante ! Et l'ours n'étant pas mieux loti côté caractère... Je ne pouvais prendre le risque d'avoir un ami ou deux décapités lors de la remise de ce cadeau !


Donc, après moult réflexions, je me tournas vers le service postal ! Quelle ingénieuse invention que ce service là... Pardonnez moi de découvrir cette chose formidable. Je n'en ai point l'habitude. La preuve !


Je me heurta d'abord aux horaires d'ouverture. Grande découverte ! Je me posais quelques questions sur le mot service et horaires... Moi quand on me demande un service... Je n'impose nullement d'horaires et des jours. Mais bon passons. Je découvris enfin ma messagère... Une bonne femme que je trouvais au premier abord rigolote (quoique mal attifée, coiffée et maquillée comme un drakkar volé)


- Bonjour Madame, ce serait pour faire partir ces précieux grimoires...


Faut dire qu'ils étaient emballés avec amour, protégés du mieux que j'avais pu et avait glisser quelques délicats mots à l'intérieur à l'intention de mes amis.


- B'jour ! C'est en express, en normal ? En recommandé ? Avec ou sans accusé de réception ?


- Heu ??? normal !


Je comptais sur ma bonne étoile, ainsi que sur la délicatesse de mes amis pour me dire que leur envoi était bien arrivé.


- ça vous fera 20 piastres ! Et ça partira quand ça pourra ! Au prix qu'on est payé, peut pas faire mieux.


Elle prit tous les colis... les tamponna à divers endroits d'un geste brusque et plutôt que de se lever pour les porter jusqu'à son coffre pour les y déposer gentiment (avec amour en gros), les jeta d'un geste hargneux sur plus de 3 mètres pour qu'ils s'engouffrent dans un bruit déchirant de froissement de feuilles dans le maudit coffre.


Mon sang ne fit qu'un tour à cette vision qui pour moi était un sacrilège !! Faire subir un sort pareil à mes précieux grimoires ! Avait-elle seulement l'idée de ce qui m'en avait couté de m'en séparer ! La bourrique !!


- dites donc vous ? Ça vous écouillerais d'être un peu respectueuse ? Non pas de moi, m'en fous, vous z'êtes comme vous voulez, rien à battre ! Mais au moins des colis que l'on vous donne !


- Ho ben dites-donc ! Si vous z'êtes pas contente, allez voir ailleurs si j'y suis !


- Et ma main dans ta face de rat, tu la veux comment ?


L'échange qui s'ensuivit fût malheureusement censuré... Après mon départ (que j'avoue penaud, malheureuse de m'être emportée), je tremblais pour l'envoi de mes grimoires et surtout la réception à mes amis. Je m'imaginais que la rancune tenace de « ma messagère » allait se reporter sur les destinataires.


Genre on frappe à leur porte... Et à l'ouverture, un vol de colis hargneux qui leur atterri sur le museau... Suivis de quelques mots coléreux...


- De la part de Maïa Luna


Que nenni... les colis furent tous portés avec amour, par différents messagers qui prirent grand soin de mes grimoires !!


N'empêche que pour la prochaine fois, j'hésite à me tourner vers Elorn... Mon dragon de cinq mètres pour faire porter mes colis...

lundi 4 octobre 2010

petit lexique de la sorcière

Je tiens à remettre les choses à leur place,,, Depuis quelque temps déjà, j'entends gronder les voix de mes amis...


- Oui... Toi d'abord... Ton statut de sorcière ! Tu peux tout dire, tout faire ! T'as juste à claquer des doigts et hop... Tout t'arrive tout cuit dans ta tite mimine !


Alors là STOP !! Je m'insurge ! Où grands diables avez-vous vu jouer ça ? Vous croyez que la vie de sorcière est simple ? Que l'on peut tout faire, sans aucune obligation ? Alors là, je vous le dis tout net ! C'est pas aux sorcières que vous croyez, mais aux trolls !

D'abord les potions,, hé ben oui ! C'est pas le genre de truc qu'on invente sur le gaz comme ça, juste en levant le nez ! Faut phosphorer dur du ciboulot pour que la potion donne ce que l'on veut ! Savants mélanges, préparés avec soin et dextérité, un soupçon d'amour... voir de rancœur le tout concocté un soir de pleine lune (hormis urgence extrême), et au pire des cas (une panne d'idées est si vite arrivée), on a notre fameux grimoire ou tout est inscrit en lettre de sang (on ne sait pas de qui... y a jamais eu de réclamation)


Nan ! on ne peut pas mélanger n'importe quoi dans le chaudron en grommelant des mots savants en latin ! Déjà les ingrédients, ce n'est que du bonheur pour les trouver !! Salive de dragon (bon moi ça va, j'en ai un en familier), élixir de jouvence, eau de noirceur, œil bleu de salamandre, 5ème écaille de murène bavarde, souffle de gargouille, etc... Si on n'avait pas des apothicaires dignes de ce nom, on pourrait passer une décennie à chercher ces fichus ingrédients de m...


Les incantations ? le summum ! Ce qui donne la vie à notre magie. En ar-ti-cu-lant correctement, pas de balbutiements, pas de langue fourchue, sinon c'est tout foutu ! Faut que l'incantation rime, c'est plus joli à l'oreille, ça enchante (d'où pardonnez moi du peu... l'enchantement)...


Oserais-je vous parler des rituels qu'il faut faire pour un envoutement... Marcher à reculons ou à cloche pied, froncer les sourcils et tirer la langue à 90°, se jucher sur un piton rocheux face à une mer déchainée, si piquer les doigts pour une précieuse goutte de sang qui doit tomber pile poil au milieu du cercle de foi (rhaaaa, ça vous la coupe ça hein ?)...


Et que dire du grand calendrier ? la lune du loup, la lune du sang, la lune rousse, même la lune bleue (une vraie palette de peintre !). Ah ça vous change de l'astre que vous regardez innocemment une nuit de beuverie. Je passe sur les différents quartiers, ceux qui sont bons pour les incantations et ceux qui ne le sont pas !! Rien qu'à l'idée de vous présenter éventuellement la magie planétaire, j'ai une migraine qui monte. On gardera ça pour un soir de déprime !


Et que dire du matériel qu'il nous faut à nous, pôvres tites sorcières ! Une vraie malle ambulante ! Des kilos et des kilos de matos ! Bon ok, je l'avoue, il y a une partie du folklore... Mais prenons notre balai, petite merveille qui ne nous sert pas à qu'à voler (notre ombre passant devant la pleine lune, jolie non ?), savez vous qu'en balayant (oui je sais ! Vous vous faites le ménage...) on joue avec les énergies qui nous entourent. On dissipe les mauvaises et on entraine les bonnes. Il y a aussi, l'athamé (sorte de couteau en bois, en pierre) qui a lui tout seul représente deux éléments de la nature, le feu et l'air - petit détail, cet objet doit être gardé secret, et surtout consacré (encore une nuit de pleine lune). On chuchote même dans le milieu sorcier que le premier fut la Grande Excalibur !


Ha et puis notre chaudron ! Alors ça, on a inventé le wock nous autres ! Ou comment tout faire mitonner dedans ! Des glouglous qui n'en finissent plus, des bulles, des plop plops, il est toujours noir de suie par les nombreuses concoctions, héritées de mère en fille. Le mien ? J'en suis très fière, cinq générations déjà !


Et puis, vous oubliez aussi, toutes les fois ou le sortilège foire !! Halala quel merdier, c'est que c'est pas simple à faire déguerpir ces trucs là... Tenez, moi ! Je me souviens de la dizaine de gnomes jaunes (gueulards comme soudards) qui ont envahis mon jardin


sous le coup d'une incantation mal articulée (je voulais des pommes jaunes pour une tarte tatin !).... ben, depuis j'ai un gouffre près de mon étang ou tous les sortilèges qui ont mal tournés sont enfouis dedans !


Ben quoi ? C'est Bio, je recycle hein ! Ils me servent pour de nouvelles formules...


Alors vous la trouvez toujours si simple que ça notre vie de sorcière ?

mardi 28 septembre 2010

CQ

Panique en ma chaumière, il y a de l'écho dans le frigo (branché sur la roue du hamster), les placards résonnent le grand vide, et même plus un crouton dans le chaudron. Bref c'est la famine. Un poil feignasse, j'ai tapée dans le stock de conserves, du coup, cette fois, c'est clair, je ne coupe pas à la sacro-sainte activité de faire des courses ! Yepeee ! Ça ne m'emballe pas plus que d'aller cogner à la porte du troll voisin...


Me voici à cheval sur mon balai, dont le kick encore cassé me donne le loisir de courir sur deux lieux avant de m'élancer vers les cieux ! Là aussi, il va falloir que je me fendes d'un sourire et surtout de monnaie trébuchante pour le faire réparer ! Tout va à vaux l'eau !


L'apothicaire du coin est un bel endroit pour qui veut sacrifier du temps et menues monnaies. On y trouve de tout: ingrédients divers et variés, boissons aphrodisiaques,, ou pas. Et un rayon lingerie qui ferait pâlir de jalousie toutes les commodes de mes amies sorcières. Ruban, dentelles, parures olé olé pour relations enflammées...


Le parking est bondé, carrosses, citrouilles, cercueils ambulants s'entassent... ce qui me promet des achats mouvementés au milieu de familles complètes, ou je vais devoir louvoyer entre les paniers des « gromelleux » sorciers sur le retour désagréables au possible, non patients à qui tout ou presque est dû de par leur « graaaande expérience », éviter du talon les sorciers en herbe qui se lance dans la lévitation d'objets pour la première fois.



Tenant fièrement en main, mon vieux canasson (des fois que l'idée farfelue viendrait à l'esprit d'un voleur, de me le chaparder en douce), j'amorce mon entrée dans la boutique, quand un drôle de gars se plante devant moi :


- Toi et ton balai, tu rentres pô !


Hein ? Il a dit quoi ? Il est qui, lui ? Pas dégonflée la sorcière, je me plante devant lui et le détaille ostensiblement de la tête au pied (je vais me gêner ! ), genre molosse patibulaire, pantalon noir, ranger's noires (coordonnées s'il vous plait) avec un tee shirt marqué CQ ! CQ ? C'est quoi comme marque à la con ça encore ? Un doute soudain m' habite....


- Comment ça, moi et mon balai on rentre pas !? C'est nouveau ça ?


- Ouaip... et pis y a une n'info sur la porte, qui dit... (je ne l'écoute déjà plus... je cherche la demoiselle sur la porte...)que les z'animaux et les balais ben y rentrent pas dans le magasin !


- Mais non, je ne veux pas, il vient avec moi ! Il est toujours venu avec moi !


Le molosse se met devant moi, bras croisés, mâchoires en avant version pitbull


- Ha Ben nan ! Il reste dehors ! Et si tu insistes, toi aussi !


- Et je fais mes achats comment ? Par télépathie ?


- M'en fous, c'est pas mon 'blème, mais ton balai y rentre pô ! Parce les balais, ça volent...


- Nan, ça vole pas ! N'importe quoi ! On n'a jamais vu un balai volé !


- Si ça vole j'te dis, et c'est chiant à attraper, et ça se perche dans des endroits pas possible ! Je passe des heures à les récupérer, parce qu'ils écoutent rien de ce qu'on leur dit. J'ai assez des chiards qui font léviter des articles dans tous les sens à m'occuper...C'est moi qui range !! Alors non, y rentre pô, j'ai dit !


Oups ! un instant ! On est pas sur la même longueur d'onde, ou plutôt sur la même longueur de vol...D'accord, il veut le jouer comme ça ? Je lui colles ma liste dans les mains et d'un ton péremptoire lui assène :


- Ok, on échange nos places, Tu joues ? Je garde la porte et mon balai, tu vas faire mes courses !


- J'peux pô , t'a pô le tee shirt réglementaire !


Mes yeux se posent sur son tee shirt... Réglementaire ça ? Pourquoi ? Soudain mon esprit s'illumine (comme quoi tout peut arriver). Rhooo la vache... CQ = SECURITE


« De fil et de coton...


De face et de dos,


Que son, devienne mon,


Sur mon dos, le même polo »


Paf, me voilà habillée d'un beau tee shirt noir CQ et le regarde d'un beau sourire, lui tendant toujours ma liste de courses, battu à plates coutures, il se rend et prend ma liste d'un air penaud en grommelant : « Fichue sorcière... » Je le vois qui se décompose à la lecture de ma tite liste. Humm... faut dire que je l'ai un poil gratinée rien que pour lui, que des trucs de fille !

Pour ma part, je me colle face à l'entrée, bras croisés, mon précieux balai dans les mains...


- hé ? Toi là-bas ? T'as pas de balai ? Ben tu rentres pô !

VENGEANCE !!!



lundi 9 août 2010

Flamboyante !!



Diantre !! Cela fait une éternité que je n'ai pas trempée ma plume dans de l'encre pour inscrire sur mon grimoire quelques agréables tourments de ma vie quotidienne !!


Que voulez-vous ? Je ne peux pas être sur plusieurs balais à la fois ! Faire les soldes comme une forcenée, travailler d'arrache-pied pour gagner de quoi garnir le chaudron, et... A l'aube d'une quarantaine (qui me regarde arriver tranquillement avec une certaine avidité), je m'efforce de garder la tête haute et malgré mon parler d'homme des Mers, je m'efforce de conserver ma féminité jusqu'au bout des ongles (que je pense à vernir tous les 36 du mois)...


Point de savants tours de magie, juste quelques potions, histoire de combler non seulement les rides, mais aussi des cheveux blancs !! Et sur les cheveux roux, ça attaque dur !

Donc un matin, me voici en train de concocter quelques potions de couleurs, histoire de me raviver la mine, Ouais ! Bien mal m'en pris. Pourtant j'aurais du me méfier, une telle mésaventure était déjà arrivée à une de mes copines (la Blonde Ysa...).


Et vas-y que je mette du pourpre, de la carotte, un nuage de caramel. Je laisse macérer une nuit de pleine lune, j'applique sur mes cheveux aux racines blanches et laisse poser au pied de mon chêne centenaire, au moins cinq ululements de chouette. Ma chouette à moi, elle doit être suisse, car ses ululements sont du genre lents ! Au premier rayon de soleil levé, me voici en train de me rincer. Un bac d'eau, deux bacs d'eau... Au quatrième plus tard, mon étang privé me renvoi mon reflet...

Arrrgh !! J'illumine littéralement le paysage, le soleil se met à jouer dans ma tignasse comme un miroir sur le reflet de l'eau. Un vrai flamboyant !


Merdouille, et je suis de baptême ! Re-merdouille ! Je suis la marraine du petit trésor. Chiotte ! Désolée, c'est la panique à bord.


Dans la foulée, je me prends 3 douches d'affilées, histoire d'atténuer la couleur. Rien y fait, autant pisser dans un violon.


Suis à la bourre, j'enfile les premières hardes venues (humm choisies avec soin, durant deux jours, et assorties à mes escarpins de velours), et glisse à la hâte dans ma flamboyante chevelure un turban marron, qui j'espère atténuera mon illumination. Vol en balai effréné, forcément mèches qui se détortillent du turban et m'entoure le visage de carotte rouge.


Arrivée essoufflée sur le parvis de l'église (ou j'ai crû mourir étouffée, on a pas idée de me choisir moi comme marraine), où ma très chère Stélaphie m'accueille avec des yeux ronds comme une bille.


Je marmonne un :

    • ça va ! Je sais, ferme là !

Elle pouffe de rire, et s'exclame devant toute la famille réunie et abasourdie devant ma couleur :

    • Tu nous fais la retraite aux flambeaux ???

Seul réconfort, ma petite douceur, que je prends dans les bras, me regarde de ses yeux turquoises, fait un sourire (craquant) et entortille ses menottes dans mes mèches,


Et toc ! Vous savez ce qu'elle vous dit la retraite aux Flambeaux ?

dimanche 20 juin 2010

Sale temps pour une sorcière !


La rage aux dents, je m'avance vers lui et bade de la goule ! Ha ben, il n'hésite pas longtemps pour me fourrer ses grosses paluches dedans ! Et que je te tapotes sur celle du fond, que je grattouilles celle de devant, on dirait bien qu'il veut jouer du xylophone. Je n'en finis plus de faire des :

- Hummfphr !! gnaiiiie ! Gna fait gnal là !


Oui, bon, on a beau être sorcière, connaître mille et un sortilèges, avaler X potions pour tout et rien ; on n'en est pas moins sujette au mal de dents. Et comme pour vous simple mortel, on est bien obligé de passer dans les pattes d'un docteur ès dents. Et moi c'est pas ma partition préférée.


Autant, même pas peur d'affronter un Callaghan ou deux,,, Autant le dentaman, il me colle une trouille monstre ! Et son plateau d'objets de torture ne m'en rassure pas moins !


Sait-il seulement ce brave homme (car je ne doute pas qu'il soit somme toute brave), combien il peut être détesté, mettre pire frousse que le croque-mitaine ?




Déjà petite, maman (pourtant si douce) me traînait de force, en me promettant monts et merveilles chez le dit-homme (un dentaman aussi, mais plus pervers). Celui-ci un rien névrosé, ne souriait qu'en me voyant arriver et m'entendant hurler de désespoir, avant de geindre de douleur... Et en avant pour un combat d'une heure, ça commençait invariablement par des menaces :


-Ouvres la bouche ?


-Gnon !


-Ouvres la bouche, te dis-je, que je te soignes !


-Gnon !


Maman était obligée d'intervenir rapidement, sous menace que la séance se prolonge au-delà de la bienséance... Un jour, lors d'un rendez-vous plus agité et douloureux qu'un autre, il fit foin de mes hurlements de douleurs, de mes gigotements et soubresauts ; et voulut m'attaquer une molaire rebelle, La douleur se fit plus intense sous ses pinces (l'infâme m'avait refusé une potion calmante), et ce qui devait arriver se révéla...


Ma mâchoire sur ses précieuses mains se referma, Clac !


- DEHORS ! J'veux PLUS jamais te revoir, sale petit sorcière mesquine !!


Ma guerre contre eux, dura de longues années, jusqu'à un jour béni ou par rage de dents oblige, pleurant à fendre l'âme, me tenant les joues, la mâchoire... Je me retrouva nez à nez avec un dentaman du feu de Dieu ! Hormis ma trouille toujours aussi présente... Comment dire ? cet homme bénit des Chaudrons, au regard si bleu, au sourire si doux et aux mains si expertes (hummmm... Ses mains !), me réconcilia un temps avec ses fichus soins dentaires. Presque (je dis bien presque) un vrai bonheur que de s'installer dans son fauteuil, et d'ouvrir grand la bouche pour qu'il farfouille allègrement dedans, Au moins, j'avais le temps de détailler son visage, me perdre dans son regard et éventuellement d'envisager le goût d'un de ses baisers.


Ho ça va hein ! On fait ce qu'on peut pour s'occuper l'esprit, lors de ces séances de tortures !


Hélas, trois fois hélas !! Ce bonheur là, ne dura pas ! Non pas qu'il avait réussi à tout me soigner (nan... nan... c'est un chantier sans fin), mais je dus m'expatrier de ma contrée...


Et là, bien évidement après quelques années de tranquillité relative, le mal aux dents revient. Un nouveau dentaman se profile à l'horizon... Le regard grave, le geste patient et averti. Même si je ne fantasme pas sur son visage.... Au moins, je me dis que je suis peut être entre de bonne mains !

dimanche 30 mai 2010

Pleine Lune


Comme à chaque fois que la lune se fait pleine, ronde comme une balle, je la marque ! Colères et sautes d'humeur diverses et variées, mes compagnons ont plutôt intêrés à bien se tenir...
Cette nuit n'est pas coutume, j'innove quelque chose de nouveau. Un remède vieux comme le monde que m'a légué un ami indien. Je mâchouille allègrement une herbe au goût immonde (et le mot n'est même pas assez violent) qui me soulève l'estomac...Beurkkk ! Immonde... peut être que le mot infâme serait plus approprié.

Ce qu'il ne faut pas faire pour vivre une expérience hors du commun. Je déglutis à grand peine pour réussir à avaler cette purée qui me laisse un goût amer et acide. L'impression de perdre mes dents, et que mes gencives saignent est tellement présente que je passe ma langue dessus pour m'assurer que tout est bien à sa place. Pas le moment de faire un sourire, sous peine d'avoir les chicots verts.

Isolée au calme dans ma clairière, au pied de mon vieux chêne. La pluie vient de cesser, les nuages s'effilochent pour laisser apparaître la lune rebondie, elle me semble chargée de lourdes promesses.
Je m'allonge à plat ventre sur l'herbe, malgré le goût encore présent dans ma bouche, j'arrive à me détendre, et me laisser envahir d'une douce torpeur. Je frémis, soupire et m’étire. Ma peau me picote comme si des milliers d’aiguillons me transperçaient la peau. Mes sens sont en éveil. je ressens de drôles de sensations. Mon esprit ne volète plus d'un sujet à l'autre, mais reste aux aguets... Comme dans l'attente.
D'abord imperceptible, le moindre frémissement de feuilles, la moindre goutte d'eau qui tombe d'une feuille vient à me oreilles. Le bruissement de la brise dans les roseaux.
En entrouvrant la bouche, et passant la langue sur mes lèvres, j'aspire et goûte les saveurs de la nature. Le goût humide et minéral de la terre, sucrée l'envolée d'odeur de l'acacia. Une odeur particulière me fait remuer le nez. Une saveur de sauvage... De gibier !

Un grondement sourd et profond se fait entendre... je tends l'oreille... ça reprend, je m'aperçois que ça vient de ma gorge.
Je m'étire de tout mon long, le vent court le long de mes membres et me fait frissonner. L'impression d'être entièrement recouverte de fourrure. Je me lève... Pour me trouver à quatre pattes. Je chancèle. Pas très à l'aise du tout dans le mode quatre pattes. Pourtant sous ma peau, je sens mes muscles roulés. Mazette ! je ne me savais pas si musclée !! Autant continuer l'expérience jusqu'au bout. Je m'avance une patte après l'autre. Bon ça à l'air de tenir. je m'engage dans un sentier, en accélérant de plus en plus la cadence. Je me laisse griser par la puissance que j'ai dans les pattes(?), je bondis allègrement au dessus des obstacles en travers de mon chemin. je fais un dérapage contrôlé des pattes et retourne auprès de l'étang, ne serait ce que pour m'y mirer un coup, voir juste ce que je suis devenue...
Une louve au pelage roux et aux yeux verts !! J'y crois pas !! Et j'ai une envie irrépressible qu'il faut que je contente au plus tôt. Je repars à fond de train pour gravir la colline et me percher sur la roche la plus haute. Me voici assise sur ce rocher, face à cette lune ronde qui me sourit. Je hurle à la mort, y mettant toute mes tripes et mon cœur... Des larmes de joie mêlées à une profonde mélancolie se mêlent sur mon museau...

Au petit matin, je sais que la lune a tenue ses promesses !! Gueule de bois épouvantable ! Courbatures atroces sur tout le corps ! Le soleil me fait un vilain clin d'œil qui secoue mon mal de crâne lancinant. Un vague souvenir me taraude. Je m'examine sous toutes le coutures. Tout est là. Jambes, bras. Je passe mes mains sur le visage, j'ai l'air d'avoir repris un air humain. Faut absolument que je me souviennes du nom de cette fichue plante !

dimanche 23 mai 2010

Rébellion !


Cette petite m’épuise, elle m’use… je n’en peux plus…
Cinq mois ?! Cinq mois qu’elle est née et qu’elle me colle ! Je ne peux plus m’en dépêtrer, si j’ai le malheur de m’éloigner, elle se met à brailler comme un veau. Mes jours et mes nuits lui sont dévouées… Non…Non… je dois plutôt dire sacrifiées !
Ha et puis ça y est !! ça attrape tout, ça goûte à tout, ça pia-piate, ça chouine !!! ça me casse mes oreilles si sensibles !
Cinq mois que je suis au garde à vous, à surveiller la précieuse chose…
Ça pousse vite, et c’est pleins de conneries à cet âge là. C’est pire que pour ma gamelle de croquettes ou de lait, faut avoir l’œil sans arrêt dessus…

Il faut dire qu’elle est précoce la petite, on le sait qu’elle a un don, elle en fait déjà l’étalage !! Mam’zelle rampe déjà, et plus vite que son ombre encore de mieux. J’ai assez à faire à la rattraper par le fond de culotte et de la ramener vite fait jusqu’à son parc.
Maïa lui a bien offert un dragon en peluche,histoire de l'occuper un peu et qu'elle me lâche la bride, mais la petite fait ses dents dessus hardi petit…Et puis le dragon, Emy a décidée à lui faire apprendre à voler, elle le jette dans tous les sens et me regarde fixement jusqu'à ce que j'aille le lui ramener... Me voilà à jouer le rôle du chien à sa fifille !
Non mais je vous jure... J'EN PEUX PLUS !!
Tiens parlons-en de Maïa ??!! Alors celle-là… la prochaine fois que je fais des petits, je lui en garde une portée !! La bourrique hein!! Cinq mois qu’elle m’a abandonnée à mon triste sort, cinq mois que je gère un monstre en lange et deux chenapans qui en veulent à ma queue et à mes moustaches… Sans compter ce grand steak de Philibert qui veut sans cesse me faire des papouilles ! Mais....Suis pas un chat de salon MOI !!! Dès qu'il s'approche trop près de moi, je suis obligé de me défendre à coups de griffes et feulements, le seul avantage qui en ressort, c'est que ça faite rire la petite aux éclats.

Cinq mois que je n’ai pas vu l’ombre d’une minette, je ne sais même plus ce que c’est que de miauler à la lune… Mon poil se ternit, mes moustaches sont en berne (enfin ce qu’il en reste puisque le petit amour tire dessus avec joie…) Et puis je ne parle même pas de mes baloches qui auraient une sale tendance à trainer par terre, d'ailleurs le jeune Nathan en a fait un terrible jeu - surtout pour moi, il veut à tout prix shooter dedans. Ce gamin est un psy-chapatte !! Il a décidé de me faire devenir chat castra !
Il n'y a que la douce Stélaphie qui me comble de douceurs et de pâtées affriolantes, il va falloir que je surveille attentivement ma ligne de chat de compète, parce qu'à ce compte là, je vais finir gras comme une loche.

Bon, elle revient quand Maïa ??? Si ça se trouve elle s'est trouvé d'autres animaux de compagnie, l'ingrate !

mercredi 12 mai 2010

Vol plané


Je suis debout... Face à l'horizon, le cheveu dans le vent, que dis-je... La tignasse emberlificotée par les bourrasques...
Je suis sur la brèche, tout au bord, du bord du vide. En me penchant un peu, j'aperçois les rochers acérés en contrebas. Les vagues viennent s'y fracasser à grands coups de buttoir. Un frisson me parcoure l'échine, tout doucement j'écarte les bras, Mes mains se sont ouvertes, et le vent s'enroule autour de mes bras, plaque le long de mon corps mes vêtements. Une bourrasque plus forte que les autres me coupe le souffle. IL faut que je me décide maintenant. Je suis forte ou pas !! Dans mes oreilles, le murmure d'Eole :
- Tu peux le faire...
J'aspire une goulée d'air iodée, un coup d'oeil à droite et à gauche... Personne ! C'est le moment ou jamais. Autant ne pas
se rater ! J'avance d'un pas, me mets sur la pointe des pieds, m'étire de tout mon long et me jette dans le vide.
L'impression de planer, de voler, impression de liberté. Des larmes s'échappent de mes yeux pour se perdre dans ma chevelure. Je n'ose sourire de toutes mes dents, de peur d'avaler un moucheron... Ou que sais-je de percuter une mouette paumée. ( Moi et mes frousses à la manque)

Au moment ou je tends les bras et m'apprête à siffler, je me sens percuter au niveau des genoux, passe cul par dessus tête et me retrouve sur un tapis de mohair... Volant ! Comme conducteur un petit bonhomme brun entortillé d'un turban bleu. Mais qu'est-ce qu'il fout là lui ? Il m'a foutue en l'air mon magnifique saut.
- ça va mamz'elle ? t'y n'as pas de mal ? Faut pas faire ça mam'zelle...
- Non, mais je rêve ? de quoi je me mêle ?
- Et pourquoi t'y veux sauter, elle est pas belle ta vie ?
J'en reste comme deux ronds de flancs.. Mais y croit quoi lui ? que je voulais attenter à ma vie ? Meuh nan ! Suis pas assez courageuse pour ça, il plaisante non ?
- Mais si, elle est belle ma vie...
- Alors pourquoi t'y jeter dans le vide. T'y es malade ? j'y comprends pas...
- STOP.... Je t'explique, j'ai pas voulue me tuer du tout... Je m'exerce.
- Mais t'y a pas de parachute...
- Nan ! Mais j'ai un balai !
- Ben t'y l'a oublier en sautant, parce que là, t'y es toute seule !
Malgré moi, je me pète un fou-rire, je me mets à sa place, c'est vrai que voir une barjot sauter du haut de la falaise de la mort, et jurer sur tous les diables qu'elle ne voulait pas se donner la mort, c'est un peu gros à avaler. J'ai beau lui expliquer mon petit exercice, une fois, deux fois, il ne comprend pas...
- Ecoute ! Ramène moi au bord de la falaise et je te montre... Mais promets moi de ne pas intervenir.
- Chais pas, c'est pas bien d'y jouer avec sa vie comme ça.
Après bien des palabres, à force de gesticulations, je réussies à lui faire entendre raison. Il me ramena en douceur et tout confort (épais le tapis... genre douillet) sur le bord de ma falaise. Bon, c'est pas tout ça, mais il faut que je me recentre, décompresse, et me recompose. Grand vide en moi, j'appelle à moi les éléments. A la rescousse Eole, portes moi encore une fois. Je sens mon sauveteur sur le qui-vive, un poil aux aguets. Je souries en coin...

Une impression de déjà-vu, sur ma brèche les bras en croix, le monde devant moi. Je m'élance, me lance, l'air me porte, je plane littéralement. Je me laisse griser par cette impression, mes genoux se rapprochent et se love contre moi. Un coup de sifflet, un courant d'air me déporte un peu, je le sens glisser sous moi. Mes mains s'y accrochent, m'y voici assise.
YESSSS !!! J'ai réussie mon coup !! Mon sauveur improvisé m'a rejoint et vole à mes côtés, complètement éberlué.
- Alors là, si j'y m'attendais ...
- Tu vois je te l'avais bien dit !
- Et ça fait longtemps que t'y fait ça ?
J'éclate de rire. S'il savait vraiment...
- Non, d'habitude je m'entraine du haut d'un chêne, mais je voulais voir si de plus haut, c'était possible...
- J'y crois pas dans mes yeux, s'y jeter dans le vide tout ça pour s'asseoir sur un balai... T'y peux pas décoller directement du sol?
Il secoue la tête en levant les yeux au ciel. C'est sûr il me prend pour une folle.
- Et si t’y sais plus siffler hein ?
Là ?! Il me coupe la chique !

lundi 3 mai 2010

Le Marquis


Venant de la classe sorcière de terre, donc du petit peuple, il m’arrive quand même de cotoyer quelques grands de ce nom. Lors de mes périples, voyages ludiques ou non, les rencontres s’amoncellent et me font un beau parterre de connaissances. Y fleurissent allègrement des scribes, mages, sorciers, inventeurs, enchanteurs... Et un Marquis !
Pardon, on ne se prive de rien chez Maïa ! Un marquis voyez-vous ça ! Hé oui, petit Marquis certes, mais Marquis quand même, avec le chateau qui va bien, les terres qui l’entourent, et les caves remplies je vous le donne en mille, de trésors vinicoles !

1er Mai oblige, chez moi c’est la tradition, j’invite toute ma tribue à fêter ce soltice ! Convois de balais jusqu’à ma chaumière, débauches de bouteilles, de rire, de bonne ambiance ! Les voisins s’invitent, les échanges vont bon train, les langues et le gosier aussi. Mon marquis arriva en calèche premier prix, le balai lui ça ne le tente pas de trop (sans doute un problème d’équilibre dû à trop de dégustations). Sa venue est toujours très attendue. Tout le monde l’adore mon Marquis. C’est vrai qu’il est gentil, et plutôt beau gosse si vous voyez ce que je veux dire. J’en connais certaines d’entre vous qui attendent des détails... Certes, certes, je m’empresse de vous les donner. Belle gueule aux yeux noisettes, un regard à vous donner la fièvre, une moue tentante, un petit cul haut et ferme... Les muscles bien dessinés... Et des dents quelque peu effilées... Et puis très poli avec ça ! Il ne mange pas avec ses doigts lui !

Epicurien, homme de la terre, il savoure les mets les plus divers, l’entendre parler de vins est un enchantement, mes invités sont à chaque fois ensorcellés. Bien évidement qui dit bien naît, dit cultivé... Donc les conversations vont bon train, on écoute Monsieur le Marquis avec attention. Les femmes déjà se pâment... Arrrgh, qu’il est beau le Marquis, surtout quand il sourit et rit à gorge déployée. Son rire est une cascade tonitruante qui vous emporte dans de sacrés fou-rires...
Comme la tradition, le veut, le 1er mai, c’est randonnée, pour terminer à plus de 700 mètres d’altitude dans nos montagnes d’Euskadi pour profiter d’un bol d’air pur venant de l’océan, et d’une vue imprenable à 360° sur le paysage environnants. Tout le monde attaque la montée (45 minutes de marche quand même, des côtes que même un pottok hésite à grimper). De petits groupes se forment, ça papote dans les rangs, ça rie, ça s’époumone dans la montagne. Au bout de dix minutes... Plus de Marquis ! Mais ou est-il passé celui-là ? Il ne connait pas le chemin, pourvu qu’il ne se paume pas dans la brousse. Au bout d’une demi-heure on le revoit arrivé...
• Ben c’est ou ? y a rien ? la route continue toujours ? j’ai faim, c’est encore loin ?
C’est vrai qu’on en est au troisième col... et ça monte toujours. Et puis au Marquis, on lui a promis de l’agneau cuisiné d’une certaine façon. Et le grand air, ça ouvre l’appétit !!
Ca y est, nous y voilà. Malgrès les nuages, la vue se dévoile à nous. J’ai beau y être habituer, j’en reste toujours schotchée.
• Oui c’est beau, on verra ça plus tard... On va manger nous dit le Marquis d’un tom péremptoire.
L’homme a faim. C’est vrai qu’en y regardant bien, les canines s’allongent et se font luisantes. De mon index, je me tapote les lèvres en lui faisant signe de les cacher un peu mieux. Les autres vont finir par le remarquer.
• A TAAABLE ! s’époumone le cuistot.
Telle une volée de moineau, nous voici tous à table sous le auvant de la borda. Fourchettes et couteaux en avant. Je me cale à côté de mon Marquis. Qu’il retienne encore un peu son appétit, et ne me dévore pas une des femmes de la salle, qu’il lorgne d’un regard concupiscent posé sur la nuque dégagée.
• Ranges tes dents, un peu mieux... ça va finir par se savoir !
Il me regarde d’un air contrit. Soudain, ses narines s’écartent, son regard se fixe... Le plat arrive. A peine, posé sur la table, pas le temps d’esquisser un geste que le Marquis s’est jeté sur la pitance, qu’il dévore goulument. Les autres en sont abasourdis. Le cuistot ramène aussi sec, un second plateau pour le reste de la tablée.
J’en surprends à chuchoter. Mais quel est-il ce drôle de Marquis qui devant un plat d’agneau en oublie la bienscéance.

vendredi 23 avril 2010

Interlude... Le pourquoi du Comment ?!




Mais pourquoi est-il si méchant ?? A-t-il été élevé à l'amertume, l'envie, la méchanceté ? Un pauvre enfant abandonné ? Une Cosette du pays magique ? Un Rémy sans ami ?
Que nenni, cet enfant fut l'aîné de trois garçons destinés à un grand avenir dans le monde des mages. Papa, Maître du 1er cercle est un homme droit, rigoureux et juste. Il distribue allègrement compliments ou taloches suivant les besoins de ses garçons. Et Callaghan n'en a pas plus que ses frères. Maman est une Graceling, une de ces femmes aux yeux vairons qui détient le pouvoir de médium. Charmante et élégante, jamais un mot plus haut que l'autre, ses enfants savent d'avance qu'il ne faut pas jouer avec elle. Elle sait tout, devine tout...

Alors d'ou vient cette méchanceté, cette envie de pouvoir ? Callaghan aurait-il tremper le doigt dans une potion qu'il ne fallait pas ? Se serait-il trouver sur le chemin d'un jeteur de sort maudit ? on sait de source sûre que cet enfant était un petit prodige à l'école de magie. Sautant allègrement d'une classe à l'autre sans passer par la case des 10 000 et de la case prison des pénitences. C'est sûr son destin était tout tracé, il reprendrait le flambeau du père et dirigerait l'étude du 1er cercle !
A son quinzième anniversaire, la Tante Cunégonde lui offrit le coffret du parfait alchimiste... Comment transformer la pierre en argent... Et surement comment de gentil devenir méchant... Un mélange malchanceux de chicorée, gentiane, absinthe, sang de dragons et sirop de tarentule commença par lui faire pousser les poils sur le menton, et naître un poireau sur le bout du nez. Mauvais départ pour lui... Après une nouvelle expérience qui lui coupa définitivement la croissance, le coffret fut jeté sans remord au bûcher.
Pour parfaire son enseignement, son père prit sur lui de l'envoyer en Terre du Milieu au pays des Elfes. Ainsi son parcours serait complet. L'arrivée de Callaghan en Terre du Milieu, fut noté dans les annales, ce petit bonhomme effacé ne trouva rien de mieux en tombant de son cheval, que de tomber fou amoureux de Vana (Elfe puissante et noble, reine des fleurs).. Et ça, ça ne se fait pas !
La belle le rejeta à maintes et maintes fois, le pti teigneux s'accrocha tel un roquet à un molet. Continuant ses études de magie, il apprit le pouvoir des plantes, des fleurs...Son pouvoir s'aggrandit, sa soif de vaincre s'amplifia et devint démesurée. Vana, il voulait, Vana il aurait. Son projet fut rien de plus simple que de l'enlever. Un poil de laurier rose, une pincée de Belladone dans son thé, suffirait à l'endormir.
A la faveur d'une nuit, une folle chevauchée s'engagea. Vana en travers de sa selle, il parcourut quelques kilomètres avant d'être par les Elfes du camp encerclés. Armés de puissants arcs aux flèches empoisonnées, ils l'entourèrent, et le forcèrent à mettre pied à terre. Magie contre armes de guerre. Callaghan se démena comme un beau diable, jusqu'au moment ou Vana se réveilla...
- Jamais tu ne m'auras, jamais je ne serais à toi ! Plutôt mourir que de vivre ça !
En disant ces mots, elle se jeta en avant, Se trouvant sous le passage d'une flèche qui de part en part la transperça. Callaghan hurla et la rattrapa avant qu'elle ne s'effrondre par terre. Dans un dernier soupir, elle lui jeta :
- Je te maudis pour ça ... Plus cruel encore tu seras, jamais de repos tu n'auras....

mardi 13 avril 2010

Interlude


à ce mot là, on comprendra bien que quelques petits textes sans rapport avec notre quête vont se glisser comme ça sans prévenir au fil du temps... Petits délires de l'auteur, qui s'offre ainsi une parenthèse dans l'histoire de notre sorcière.


"Jack et Erlon."
Lors d'une nouvelle aventure, Erlon et Jack se sont rejoint pour affronter les éléments. Si courir les mers est un jeu d'enfant pour Jack, il n'est pas difficile de se douter que pour notre sympathique Dragon, la chose est beaucoup moins aisé. Bien évidement cela donne lieu à quelques instants cocasses qui vu de l'extérieur nous font franchement rire... Mais pour nos protagonistes, l'instant est beaucoup moins joyeux....
Jack à bord de sa goelette a repris la mer depuis 4 jours, lui et son équipage croisent du côté des Mers Féc-Onde. Sur une des archipels qui peuplent cette mer, il est raconté qu'un coffre renferme un coeur de dragon encore battant. Seul un dragon peut espérer le trouver. Jack bon gré, mal gré, s'est résigné à appeler à la rescousse Erlon.
- Cap'taine ! Cap'taine, Dragon à babord en approche ...
à l'appel du mousse, les matelots jettent un regard d'abord interloqué à Jack, ont-ils bien entendus ? un Dragon ? la panique commence à alimenter la troupe, le pont se couvre de l'équipage en quelques secondes.
- Un dragon ? ou çà ?
- Armez les canons, sabres au clair ... ça s'égosille dans tous les sens...
Tim le second de Jack sort de la cabine en se rajustant, se plante sur le pont, jambes écartées et poings sur les hanches
- VOS GUEULES LES MOUETTES !!! Le dragon est attendu et fait partie de voyage, le cap'taine l'attend !
Un grand silence retentit aussi sec, l'équipage en reste comme deux ronds de flanc, seul le WOUUUFFFF WOUFFFF WOUFFF puissant des ailes de Erlon se fait entendre. Jack sort enfin du carré, ajuste son tricorne et lève le nez... Tim, satanée féline s'approche de Jack, lui posant une main sur l'épaule
- Dis donc Jack, l'est plutôt grand ton dragon, va jamais pouvoir se poser sur le pont.
- Ben... Je me souvenais pas qu'il était aussi gros !
Le moussaillon dans le nid de pie se mit à brailler
- ARRRGH, il vient se poser, la vache il est énorme !
Il descendit plus vite qu'il n'en faut pour le dire sur le pont et se réfugia derrière Jack, Tim se chargea de le faire déguerpir d'un coup de pied au cul.
- Décale, poltron ! Et fais en sorte que le dragon ne t'entende pas parler de lui ainsi, il pourrait t'avaler tout cru.
Erlon en approche, tendit ses énormes pattes puissances et griffues pour se poser sur le mat de misaine. l'encombrement des voiles, des mats, des cordages l'empêchait de se poser sur le pont. Une grande ombre couvrit le pont le temps qu'il replie ses ailes. Le bateau supporta le choc, mais se mit à gîter tel un bouchon sur la mer.
- Heyyyy Jack, sympa ta coquille de noix... Tu penses qu'elle supportera mon poids ?
- Salut Erlon, bon voyage ? Tant que tu ne gigoteras pas trop, ma coquille de noix t'emportera ou tu voudras. Allez les gars, retournez à vos postes, je ne veux plus personne sur le pont. Bande de mollusques ! Au turbin !
Tim se chargea de faire déguerpir les trainards en les haranguants pis que pendre. Ceux qui devaient remonter dans les matures, hésitèrent un instant avant de se mettre à l'assaut des échelles de cordes.
- Déferlez les voiles, les gars ! Mettez en panne...Que je monte parler à mon ami.
Jack escalada en un rien de temps les mats pour venir s'assoir à côté d'Erlon. Pour ceux qui n'ont guère l'habitude de voir un dragon perché sur un mat, ça donne l'équivalent en gros d'une grosse poule sur un perchoir.
- Burrrp ! Heu... Jack ? on peut pas faire quelque chose pour le tangage là ?
Notre pirate étonné regarde Erlon... Qui de cramoisi commence à prendre une jolie teinte verdâtre. Les yeux d' Erlon deviennent deux billes qui sont en roue libre dans les orbites.
- Hé mon Gars ?! Dégobille pas sur mon navire hein ! t'as qu'a t'envoler un peu...
Un énorme hoquet secoua Erlon, ses joues se gonflèrent. Le pauvre dragon ne tenait plus le roulis. Il se contracta, déglutit......
- BUUURRRRppppllll WOUUUUCCCHHHHH......
Un énorme jet de feu jaillit des naseaux et de la gueule de Erlon. Mats et voiles s'envolèrent en fumée. Jack, le bouc et les moustaches grillées, n'en revenait pas. Erlon un rien penaud, d'un souffle léger éteignit avec l'air de rien une flamèche fumante sur le tricorne de Jack.
- Nom d'un canon à bille ! ERLOONNnnn ! Mon bateau ! Sacrebleu ! C’est ton coeur battant que je vais embrocher !
D'une secousse, d'un battement d'ailes Erlon reprend son envol pour ne pas subir le courroux de Jack.