samedi 14 novembre 2009

Au pied du pic


La nuit fut courte, entrecoupée de rêves, de réflexions. Tout le monde savait ou j’allais et ce qui m’y attendais ! Moi je restais dans le flou artistique le plus complet… Pourquoi me pressaient-ils tous autant ? Et surtout ce silence sur ce que j’allais vivre ou combattre…sauver notre monde de magie. Faire en sorte que les forces s’équilibrent, que les éléments reprennent leur place...

Mais la grande question demeurait : pourquoi moi ? C’est vrai quoi ? J’ai rien demandée ! Suis pas la meilleure, ni la plus grande des sorcières. Je ne suis pas un modèle de vertus (loin s’en faut), plutôt du genre grosse fêtarde. Ma ligne de conduite est farfelue à outrance, outrepassant et bafouant allègrement les commandements de la guilde des sorcières ! Je batifole dans le monde de la piraterie (Jack) et celui des mages (Ryan), sans compter mon bras droit Philibert, mage et gardien des grimoires…

J’ai dû naître avec sur une fesse estampillée : C’est elle qui le fera !

Toc..Toc..Toc…

- Levez vous mon petit, vous prenez du retard, votre mâtinel est servit…

- Humm ?! Oui j’arrive !

Je me renfonce dans ma couette douillette et éventuellement dans les bras de…Ryan. Doux souvenirs… Gnourrf ! Faut que je me secoue. Pas de temps pour la nostalgie !

Effectivement un petit déjeuner pantagruélique m’attend, si j’arrive à décoller une fois avaler tout ça, ce sera un coup de bol. Mon hôtesse arrive avec un chargement de fourrures.

- Pour vous protéger du froid ! Les meilleures qui soient ! Ours, Loup, lynx, rien de tel pour ne pas sentir la froidure du blizzard.

Ma main s’égare sur les fourrures, douces, somptueuses, chaudes. Une bouffée de colère me prend à la gorge. Aussi tentantes qu’ elles peuvent être, je ne vais pas me couvrir d’un animal… Et du loup encore de mieux. On aura tout vu !

- NON ! S’il faut j’irais nue, mais hors de question de me coller du poil d’animaux sur moi. J’ai un ami Loup, suis pas sûre qu’il apprécie la plaisanterie.

- Si vous voulez mourir de froid mon enfant, c’est votre affaire !

« Mon petit », mon « enfant », son côté maternel commence sérieusement à me pomper l’air ! J’avale une dernière gorgée de café, prend mon paquetage.

- Allez, je vous remercie bien pour votre accueil, mais il est grand temps que je reparte, préparez moi la note s’il vous plait.

- Non.. Non… On verra ça à votre retour, mon enfant…..

- Hoooo ! Je vous remercie !

Là-dessus, je prends la porte. Un froid et un brouillard à couper au couteau m’attend.

- Ouais… Si vous en revenez ! Me jette ma bonne hôtesse avant que je referme la porte.

En haussant les épaules, je grimpe sur mon balai et décolle. Je n’y vois goutte ! J’entends une cascade pas loin, je tire sur mon balai pour grimper à la verticale, passée le brouillard et les nuages, le pic m’attend, les alentours sont sinistres. Plus âmes qui vivent ! Même pas un piaf pour me chanter une ritournelle, quel accueil.

Lorsque je pose pied à terre, un hurlement sinistre se fait entendre, mes poils se hérissent, le vent s’enroule en hurlant autour de la pointe, la terre tremble, les pierres roulent.

Sur le roc gravé : Aléa Jacta est.

Me voilà prévenue :

Le sort en est jeté.

jeudi 12 novembre 2009

balade de santé


A peine le temps de refaire mon paquetage… Si Jack était un sorcier, cela se saurait ! Et mes fameuses fioles, ne serait pas un laxatif, un somnifère, et autres médications du même acabit ! Non mais je vous jure hein ?!, c’est vrai que dans le trou du cul du monde, ça va me servir ?

Philibert en a profité pour me fourguer son cahier plein de flèches, de diagrammes, de tableaux. Juste le temps de faire un trait d’humour pour lui demander s’il avait le petit lexique de décryptage (je n’eus droit qu’à son regard noir !), et me voici grimpée sur mon balai, direction ???

Hé mais c’est vrai ça ? Je vais où au juste ? Suis pas équipée Tom-tom moi, la seule carte dont je dispose est le médaillon -face lune, et l’endroit n’est pas désigné du tout. J’ai pas le plan de « vous êtes ici… et vous allez là ».

- File vers le Nord pendant 3 jours !! Me crie Jack

- Oui ! Dès que tu vois la pointe du Diable, tu t’y arrêtes, ça devrait être dans le coin, rajoute Philibert.

Ben tiens ! Trois jours de vol de balai, que du bonheur ! Et puis la pointe du Diable, ça doit être sympa comme étape, il doit y avoir une chambre d’hôte dans le coin. Heureusement mon balai tient le coup, et file à toute vitesse à travers les airs. J’en profite pour coller la panique dans un vol de grues. Traverser leur vol en flèche les laissent un moment déconcertées, désorganisées. Mais moi, j’avoue ça me fait rire ! On s’occupe comme on peut.

Brrr, les nuits sont plutôt fraîches, heureusement sur ma route, je rencontre quelques consœurs qui m’ouvrent leur maison, et m’hébergent le temps d’une nuit. Une bonne occasion d’avoir les derniers potins du jour, de donner des nouvelles, et de raconter mon aventure. Enfin plutôt de répondre à leurs questions ! Parce que la nouvelle s’est répandue comme une trainée de poudre… Je vais sauver le monde de Faërie !!

Chacune y va de son astuce, de son sortilège, de sa potion… J’y mets vite le holà, sinon mon balai serait plus chargé qu’une bourrique !

Au fil des jours, le paysage se modifie subrepticement, de plaines en vallons, je quitte peu à peu l’automne pour un monde d’hiver. Je commence à ressentir le froid, comme un oignon je rajoute les épaisseurs.

Au loin se dessine une grande aiguille… La pointe du diable qui émerge des nuages, les sommets des montagnes sont enneigées. Je finis mon voyage enturbannée par une grosse écharpe, d’un bonnet, moufles et goutte au nez. Je descends en piqués, traversant les nuages à toute allure, les déchirant comme un gros morceaux de barbe à papa qu’on arrache du bâton de bois. J’ai trop froid pour appréhender et apprécier le paysage. Je verrais tout ça demain, il me faut trouver un endroit chaud et douillet vite fait, bien fait. Une de mes consœurs m’a affirmée qu’il y avait une petite auberge accueillante au pied du Pic du Diable.

Effectivement accolée à un escarpin rocheux (si je vous jure, ça ressemble à un escarpin !), un chalet de bois enseveli sous la neige est éclairé, une douce fumée à l’odeur exquise sort de la cheminée. Mon estomac en gargouille de joie.

- Bien le bonsoir jeune sorcière, pour ce soir, le gîte et le couvert ?

Une petite bonne femme replète aux joues rebondies (style Bonnemine de chez Astérix), m’attend sur le seuil du chalet, d’un geste ample elle m’invite à rentrer au chaud.

-Découvrez vous tendre enfant, mettez-vous donc à l’aise, on a pas idée de vous forcer à voyager par temps pareil.

- Gnouiii, gnui bien gnaccord gnavec vous ! Gn’est pas humain ! J’ai beau vouloir desserrer les dents, je n’y arrive pas, je suis bleue de la tête au pied, un bruit de claquettes me surprend. He ben oui ! Mes dents !

A ma seconde assiettée de soupe, ma logeuse vient s’assoir à ma table, une tarte chaude dans chaque main ; je me sens l’effet d’un coq en pâte.

- Faut prendre des forces ! Vous avez du retard sur le planning, et ce qui vous attend là-haut, c’est pas joli joli…

Je m’étouffe à moitié… Mais c’est pas vrai, ils se sont fait passés le mot ou quoi ? Ils me mettent une pression d’enfer !

mercredi 11 novembre 2009

Envol de runes


Blabla bla bla.. Protection.. Bla, bla, bla…. Echange… Bla..bla..Destinée…blablabla… Domaine, Deuil… Bla..bla… Inspiration ! Maïa, tu écoutes un peu ?

- Hum.. Hum.. Inspiration ?!! Tu cherches l’inspiration ?!

- Hein ? Mais tu te fous de moi non ? Je ne cherche pas l’inspiration ! C’est la rune de l’inspiration ! Comme celle de la protection, de l’échange, de la destinée, du domaine et du deuil. Des runes, les runes, TES RUNES !!

Je regarde Philibert d’un air bovin… Je ne pipe que dalle à ce qu’il me hurle dessus ! Son marmonnement a fini par m’endormir. Je le regarde attablé, entouré de mon grimoire, de ses livres piqués aux mites, qui expertise mon médaillon à la loupe. Il a rempli pas loin d’un cahier en dessins, croquis, tableau, mon médaillon se retrouve décomposé en tranches, en colonnes dans son cahier. Des flèches de couleurs parcourent les colonnes d’un côté à l’autre, dessinant des arabesques en travers de la feuille. Je ne sais vraiment pas comment il s’y retrouve. Je me retrouve sous son regard plus que réprobateur… Je pense qu’il vaudrait mieux que je me secoue, ou je vais encore m’en prendre une soufflante.

- Pfff ! Allez ! Fais voir le médaillon et explique moi… Ok les runes, je les vois… Oui je les reconnais, je les ai vues dans mon grimoire.

- Voilà, et elles sont toutes sur le médaillon, à des endroits stratégiques, mais il te faudra trouver la formule pour les utiliser à bon escient lors de ta nouvelle quête.

- Hummm, et bien sûr ça pour hier ?

Je reprends le médaillon en main, immédiatement une chaleur s’en dégage, en y regardant mieux, les runes se mettent à scintiller.

- Protection sur le collier du loup

- Echange sur le poignet du mage

- Inspiration sur le chaudron

- Deuil sur l’extérieur du pilier gauche

- Destinée sur l’intérieur du pilier gauche

- Domaine sur le pilier droit

A force de regarder le médaillon, le loup semble me sourire, et je vois des flammes dans le regard du mage, l’impression d’être aspirée par le médaillon…

PLAFFF ! Un envol de papier au milieu de la table se fait…

- Voilà ton sac Maïa, toutes tes potions sont dedans, et puis ton balai t’attend !! Assez perdu de temps avec tes paperasses ! Il faut que tu y ailles, le temps passe vite.

Je ne jurais pas, mais j’ai comme l’impression que Jack est un poil pressé de me voir m'envoler. Je le vois qui tourne en rond, il regarde les papiers de Philibert d’un air sombre. J’ai comme le vague sentiment qu’il a envie de jeter tout ça au feu… Il regarde mon médaillon d’un air torve, au moment, ou il veut s’en emparer, le médaillon se met à flamboyer !

- Qu’est-ce que c’est que cette merde ? Lance-t-il d’un ton rogue.

- tu as voulu t’en emparer, tu es pirate ! Donc un indésirable ! Le médaillon se protège, tout simplement lui répond en souriant Philibert.

- Indésirable ? Tu veux qu’on en cause là ?

Houla, les coqs se dressent sur leurs ergots, il va me falloir de la diplomatie pour calmer les esprits.

- Jack ?! Calme toi, je vais y aller, mais il me faut la correspondance des runes..

- Pas besoin ! Tu as la carte sur l’autre face ! Bouge toi le cul, ma fille ! Le destin est en marche, pas le temps de «couniller», prends ton baluchon, ton médaillon et à cheval. La prochaine lune va arriver !

Surprise, je regarde Philibert qui hoche la tête d’un air triste, Belzébuth vient se frotter contre mes jambes avec un miaulement déchirant. Jack me montre la porte d’un index impérieux. Décidément, on n’est plus maître chez soi !!  

mardi 10 novembre 2009

Maïa vous remercie

Déjà un peu plus de mille visites sur l’extraordinaire histoire de Maïa, et je vous en remercie du fond du cœur.

Mon histoire va continuer, de nouvelles aventures vont m’arriver, de nouvelles rencontres aussi ! Et j’espère que vous serez toujours aussi nombreux à les partager.

Ce n’est que du bonheur de les écrire, et bien plus de vous les faire découvrir.

À très bientôt !

jeudi 5 novembre 2009

Retour prise de tête...



Je reviens à ma chaumière, la tête légère, le cœur apaisé…Cela fait du bien de s’aérer la tête parfois, de jeter aux orties tout ce qui encombre l’esprit, de s’oublier allègrement…Il paraît que j’ai assez musardée ! Mon retour de Samain se fit en fanfare. Une véritable congrégation m’attendait de pied ferme…

Philibert en tête les mains sur les hanches, ne souriait plus du tout.

- ça y est Madame est de retour ? Elle s’est bien amusée, chez les humains ? Madame, n’a pas l’impression d’oublier quelque chose des fois ?

- Hola doucement ! On se calme, ben quoi ? J’ai bien le droit de prendre l’air un peu non ?

- Tu n’as pas vraiment le temps Maïa, tu as une quête à finir !

- Mais…. J’ai récupéré le médaillon ! Je l’ai mon héritage ! Le reste peut bien attendre un peu.

Ce que je n’avais pas dit… Froncements de sourcils, grognements furent leurs réponses. Soit je prenais cette aventure trop à la légère, soit mes amis étaient trop obnubilés par cette quête. Devant leurs têtes rébarbatives, je me piquas d’un fou-rire. Ils sont décidément trop drôles quand il font la gueule. Mal m’en pris ! Un véritable courroux me tomba dessus, j’eus droit à la moral. Jack s’en mêla :

- Le temps nous est compté, le médaillon n’était qu’une première étape, tu dois absolument le déchiffrer pour récupérer le grimoire des anciens…

- Oui ! N’oublie pas que Callaghan est aussi sur le coup, il ne doit pas l’avoir avant toi, sinon s’en est fini des sorcières, et du monde de Faërie, rétorqua Philibert.

Je les regardais, hésitant longuement entre le repentir et la colère. Mais c’est pas vrai ça ! C’est pas eux qui ont ce sont mouillés, ont risqués d’être bouffés, tailladés en pièces !

- Hé Jack !? Je croyais que c’était qu’une vulgaire pièce d’argent ! Tu t’y intéresses maintenant ?!

L’instant d’une seconde, je me revis dans le monde humain, tranquille, pénarde, à ma table de troquet…Sans une bande d’agités qui voulaient absolument que je me jette dans le gueule du loup ! Je sentis un tiraillement sur ma manche, en baissant les yeux, je vis le jeune Nathan qui tenait le coffret de bois et me le tendais avec un grand sourire…

- Dis Tatie Maïa, tu me diras ce que représentent les dessins sur le médaillon ?

Philibert et Jack me regardaient d’un air goguenard. Les salauds ! Ils avaient osés mettre les enfants dans le coup !

lundi 2 novembre 2009

Samain chez les humains

Une fois n’est pas coutume, c’est chez les hommes que j’ai vécue la nuit du passage. Alors que durant cette nuit, nous autres, peuple de faërie remercions notre mère terre, nos esprits, et passons d‘un monde à l‘autre ; Les humains eux, se griment et se parent de nos « attributs » pour se faire peur.

J’atterris en douceur dans une petite ville pour profiter de notre nuit. Il fait doux, la nuit est claire, et l’on voit que la lune se fait ronde et lumineuse. Promesse d’une nuit pas comme les autres. Point besoin de sortilège ce soir, la nuit est magique par elle-même. Le temps de cette nuit, je me déconnecte du temps présent. Cette nuit est la mienne, celle des sorcières !

Assise sur la terrasse d’un troquet, je regarde avec amusement le défilé des déguisements. Débauche d’hémoglobine, Dracula, sorcières, diablotins et monstres en tout genre se pavanent et jouent à se faire peur. Pourquoi veulent-ils tant se faire peur ? Connaître un jour des démons sans ne plus avoir à s’occuper des leurs ?! Cette année, la sorcière se porte sexy, la cuisse légère, le décolleté profond, la poitrine en avant ; le diablotin se veut moulant, et le monstre dégoulinant. Ils sont limite flashions victimes jusque dans leur déguisement.

A défaut d’hydromel, je trempe mes lèvres dans un rhum. Cet alcool ambré me déstabilise, fort, puissant, chaud comme un sortilège.

Des souvenirs de Samain ressurgissent. Le changement d’un monde à un autre. Autre vie, autre temps. Ou les sorcières et mages faisaient partie du présent. Souvenirs de rencontres, fuyantes, passionnantes, puissantes. Ces nuits de Samain nous offre le pouvoir, tous les pouvoirs. Celui d’envouter, d’enlever ou de restituer. De passer du monde de la faërie, à celui des humains.

Au milieu des éclats de voix, des rires, des fausses frayeurs, je plonge dans mes délices. Le temps présent s’envole, l’avenir n’ose encore se former, le passé ne s’est pas effacé.

Souvenirs qui s’envolent… Autre temps, autre lieu, une maison du diable aux piliers particuliers, un échange de regards, point n’est besoin de parole. En levant les yeux, la lune fait le dos rond. Une sorcière retrouve son âme damnée, un mage. Le moment des explications a sonné. Leur combat peut s’engager…

Un cercle magique se créé, ils s’affrontent du regard, étincelles, orages. Sous la colère couve la passion. Juste histoire de se regarder, de voir si tout est encore comme avant, latent, couvant sous les années. Juste mettre le feu aux poudres, voir si leurs braises reprendraient. Des mots sortis du fond des âges ressurgissent. Un geste, une esquisse.

Un combat à mort s’engage. Un combat à perdre haleine, ou tous les sens sont mis à l’épreuve. Une voix qui chavire, un sanglot, un soupir. Ce combat se clôt sur un match nul, forces et pouvoirs sont équivalents. La passion des sens est la même. L’un et l’autre sont un tout. Le temps n’a rien ôter… à ceux qu’ils ont été.

Un pétard me résonne aux oreilles. Troublantes pensées et sentiments mitigés pour ce couple du passé. Je reviens dans le monde des humains. Au bout du compte, ils m’ennuient profondément. Halloween pour eux est un jeu. Samain pour nous, est un combat de corps et d’esprit, ou nos forces s’affrontent, nos pouvoirs se renforcent, une tradition. Une dernière gorgée de cet alcool ambré, et je m’en vais. Au passage, j’ai envie de me contenter, un léger froncement de sourcils à l’encontre d’une «sorcière» qui se tortille sur son balai lui fait perdre son équilibre et la laisse affalée, affolée et hébétée sur le trottoir.

Je t’en foutrais moi de la sorcière !


mardi 27 octobre 2009

Une sorcière malade



Touss..Touss. Tousssss.........


Voici ma raison d’être depuis que je suis revenue de cette foute île. Entre les bains forcés et galoper à moitié nue les trois quarts du temps je ne pouvais pas faire mieux de choper la grève. Voilà c’est fait ! Ça je l’ai !

Je me suis mise à l’extrait d’eucalyptus, aux gouttes de lavandes et romarins, ainsi qu’à la tisane de fleurs d’oranger, rien n’y fait ! SI..Gros avantage ! Je récupère tout le sommeil en retard !


Je suis balade deuh.. Comblètement balade deuh ! Je ne fais que moucher, et éternuer. Eternuements discrets entre tous, qui font s’envoler tous les oiseaux de ma forêt ! Je ne sais pas éternuer discrètement. Sais pas faire ! J’en profite pour faire mes vocalises, je monte parfaitement dans les aigües et donne de jolis ATTCHIIIII !

Et puis j’avoue, j’adore éternuer. Doux frissons qui me parcourent l’échine.

Tellement mal à la gorge que j’ ai passé la nuit à essayer d’avaler sans que cela me fasse mal. J’ai compris tout le cheminement de mes voix nasales et respiratoires, avec des ronflements sonores pour compagnons. Le pot de miel de fleurs d’acacia y est passé. Comme quoi, on peut être une sorcière et être malade comme un chien.

Bien entendu, je ne peux faire aucune incantations ni lancement de sort sans que ça dégénère en tout et n’importe quoi. Pour parfaire un sortilège, la prononciation doit être au plus juste, le mot aiguisé comme une lame de rasoir, la parole assurée ainsi que le verbe. Donc forcément, en parlant du nez, éternuant toute les deux minutes.. Cela donne lieu à des résultats approximatifs voir dangereux ! Pour le moment dans l’attente que l’envoutement s’évapore (temps plus ou moins long suivant les cas), j’ai le jardin garni d’une bande de gnome jaune gueulards comme soudards, et des lapins fluorescents qui font des bonds de 3 mètres. Et ça n’a franchement rien à voir avec ce que j’avais demandé…

Le nez en forme de citrouille, j’ai l’impression de ressembler au fameux rêne du père noël qui a le nez comme un gyrophare. Je ne clignote pas encore, mais ça ne devrait tarder. D’ailleurs en parlant de nez, je n’en ai plus ! Je ne sens plus rien ! C’est l’horreur. Comment sentir la nature à l’aube enroulée dans la rosée ou toutes les odeurs exsudent sans mon tarin. Pour le mélange de mes potions, me voilà encore plus emmerdée. Oubliant les trois quarts du temps de coller les étiquettes sur les bocaux, je me serres de mon nez pour retrouver mes plantes, et produits divers. Vu ce que les sortilèges ont donnés ce dernier jour, refus catégorique de me lancer dans mes potions. Un mauvais mélange, et au choix ; j’empoisonne ou je mets le monde dans le chaos (non ce n’est pas du zèle, ni de la vantardise ! Je peux le faire, bien énervée !).

Mes nuits de sommeil agitées, donnent lieu à des rêves étranges. Tantôt cauchemars récurrents, tantôt rêves à tendances érotiques, je me pavane sur le bateau de Jack au bras du Grand Callaghan, qui avant de se transformer en gargouille fumante, me roule une pelle qui m’empoisonne dans d’affreuses souffrances (surement son haleine de coyote). Changement de décors soudain, me voici dans Brocéliande, à ma jambe collée, je le reconnais à sa chaleur ; mon loup est de retour. Allongée sur l’herbe tendre, un corps d’homme pèse sur le mien, l’homme grand et brun. Réveil poisseux de fièvre ! Je suis encore plus épuisée ! Mes yeux sont pleins de larmes causés non pas par mes rêves mais par le rhume. Mon nez coule, et mes cheveux en broussaille me donne un look à la Causette. Je hais être malade !

C’est décidé, je soigne le mal par le mal, et c’est parti !

Un demi-litre de lait,

20 cl de rhum

4 cuillérée de miel

1 citron pressé,

Le tout bien chaud, dans un verre, et avant…

Je regagne mon lit… En rampant !