samedi 11 juin 2011

Maïa au pays des Goélands...



Je suis dans la nostalgie depuis mon retour du Pays des Goélands. Le temps d'un souffle de papillon, j'ai délaissé mes fioles, et grimoires enchantés pour aller me perdre dans les méandres d'un pays féerique... Mes pas ont allègrement parcourus les mythes et légendes de ce comté. Au pays des Pirates je me suis arrêtée pour rêvasser durant un instant devant tant de beauté.... Ailes blanches déployées des goélettes légères, par le vent emmenées vers de nouvelles contrées.

Je me suis perdue dans les bras de marins au goût salin. Noyée dans leurs regards remplis d'embruns. J'ai parcouru des milles au son de leurs voix. Entonnée des chants de galères et de combats. Sur le bord du Golfe, j'ai sauté de goélette en sloop, de barque en sinagot.
Au détour d'un banc de brouillard, j'ai aperçue l'ombre fantomatique d'un navire maudit. Je me suis élancée à sa poursuite, croyant y découvrir Jack Rackham, mais distraite par un vol de mouettes qui me souriaient ; j'ai laissé s'évaporer nos retrouvailles.

Mes cheveux rouges, les ont surpris... Étonnés voir déroutés... Par contre, il va falloir que je me remette sérieusement en question... Je n'ai surtout attiré que des vieux (mais vieux) briscards... Sans doute un coup du sort, mon nez mutin a dû leur plaire . M'enfin, ça n'empêche que mon sex appeal en a prit un sérieux coup dans l'aile... Bon c'est vrai qu'avoir un nez rouge luisant (coups de soleil à répétition) qui clignote dans la pénombre, ça fait phare, pour marin en manque d'abordage !! Mais quand même ! Faudrait voir à pas pousser la sorcière dans le chaudron de la décrépitude ! Suis encore potable comme sorcière. Et puis d'abord j'ai pas encore atteint la quoi ? Rantième...
Bref, mon moral était au descendant comme la marée...

Jusqu'à ce que je tombe sur eux...

C'est au détour d'un rafiot que mon œil a été attiré par la flamme rouge.... Les frères de sang, les frères de la côte... Deux célèbres corsaires locaux... Les frères rouquins.
Nos regards ont eu le malheur de s'échanger. Nous nous en sommes retrouvé décontenancés. Reconnaissance des taches de rousseur ? Toujours est-il qu'ils ont plutôt été surpris de voir une donzelle à la même couleur de cheveux qu'eux. A croire que je ne suis pas légion dans le coin ! L'aîné me jeta un coup d'œil hautain, le puiné lui me détailla de la tête au pied... Au fil des jours qui passaient, nos chemins à plusieurs reprises se croisaient. Toujours un regard inquisiteur.
- T'es qui toi d'abord ?

Mais le rouquin est d'un abord timide... Sous cet aspect grande gueule (si...si... je vous assure), les brimades, moqueries, autres inquisitions et divers buchers ont fait du roux la bête à abattre. Donc il est devenu prudent, méfiant... Et timide !!

Pensez bien que je me suis renseigné sur les spécimens... en douce, l'air de ne pas y toucher... Exit Ryan et Jack, aux oubliettes les chéris du monde de Faërie... J'avais deux nouvelles proies de choix devant moi, ne sachant encore sur laquelle jeter mon dévolu... j'ai lancé quelques goélands messagers aux quatre mers du monde (y compris à Jack... j'avoue, faut être gonflée), pour avoir les infos. Corsaires au grand cœur, qui se battent pour leur mer intérieure. Tombeur de ses dames (ha ben tiens... c'est le lot des marins soit disant). Plus j'en apprenais, plus je tombais sous le charme des frangins... Mais bon, me voyais mal aller leur taper sur l'épaule en leur disant :
- Salut les gars... ça baigne ??
Non trop timide la rouquine (lire paragraphe plus haut pour mieux comprendre). Et j'en suis resté là... Badant comme moule recouverte par la marée quand je les apercevais (sic).

Peu m'importe, aucune parole échangée, mais au moins avant de reprendre mon balai un demi-sourire sur leurs lèvres. (ha ben quand même !!)

Je tenterais le :
- Salut vous ! Moi c'est Maïa Luna..
la prochaine fois...

mardi 24 mai 2011

l' allergie de Maïa...


Trois jours que je tousse, éternue comme un beau diable et que mes yeux larmoient... J'ai beau boire à tour de bras diverses et variées potions... ça ne passe pas !! J'ai dilapidé ma réserve de romarin, thym, miel par pots entiers. Y a pas à tortiller, il faut que je guérisse. Mon image de marque en prend un sérieux coup avec mon nez rouge et mes yeux de lapin effarouché !



Hélas de guerre lasse, j'abandonne et attend le trépas ! Ma fidèle Nanette en profite pour courir à mon chevet. Elle me dorlote, me chouchoute... Rien n'y fait ! Le caractère acariâtre de la sorcière qui sommeille en moi, en profite pour se révéler.
- Aller Maïa, secoue toi ! Mais qu'est-ce que tu as ?
- Chais pas... Suis fatiguée, suis balade, veux dormir...LAISSE MOIIIIII !!!
- Prends un peu de ça... Et de ça aussi...
- Pouaaaah c'est infect !
- Oui, mais c'est bon pour ce que tu as !
- Naaaaan ! C'est pô bon... Veux pas !! Mais heu.... Vais vomir...


ETC...Etc...
Décision fut prise d'aller voir un ensorceleur...Qui lui aussi, me sortit ses fameuses fioles de thym, romarin, perlinpinpin...Et gros chagrin ! QUE DALLE ! Pas plus, les siennes que le miennes ne firent effet. Même la célèbre incantation :
«  Rhume et Chagrins
d'un coup de vent, s'en vont...
au petit matin
qu'ils retournent au fond du chaudron »
Je restais désespérée avec mon rhume, mes éternuements, mes larmoiements... Ou mon allergie !
Allergie ? Avez vous dit ?
Hé bien oui... A bout de force, me faisant trainer par la tignasse, je finis par aller consulter un Marabout (Marabout... Marabout...Bout de ficelle... Bout de ficelle...). Il ne mit pas cent sept ans, lui a trouver le défaut.


-Z'êtes allergique !!
-Heu... ha bon ? Mais à quoi ?
- Procédons par élimination ! Les fleurs, le pollen, les plantes !?
- Ho bé non ! Pensez donc, suis sorcière, ça se peut pas ça !


Après trois mille questions, et vingt deux mille réponses... Il me demanda ce que j'avais fait la veille de mon allergie...
-Ben... Heu... Un pique-nique canaille avec un mage...
-Un mage avez vous dit ? Savez pas que c'est interdit pour une sorcière.
Froncement de sourcils, gros yeux, doigt menaçant. Il rigole pas le marabout ! Je baisse les yeux contrite. Une enfant prise les doigts dans le pot de confiture n'aurait pas fait pire figure.
- Et z'avez été jusqu'où avec votre mage ?
- Ben la totale ! Jusqu'au bout...
- Hummm, je vois...


GRAT... GRATTE. GRATT... fit sa main dans sa barbe. Réflexion intense pour mon marabout. J'arrivais même à voir, les rouages de son cerveau. Il ne me quittait pas du regard. J'en rougies, je n'osais imaginer ce à quoi il pensait. Retraçait-il mon itinéraire coquin ? Il osa tout de même une dernière question...
- Il est poilu votre mage ?
- Ben oui ! Faut dire que j'aime les hommes à poil !!
Il opina du chef, un sourire en coin... Une étincelle se mit à briller au fond de ses yeux, j'eus peur de ce qu'il allait m'annoncer. Il m'assena sans prendre de gant.
- Z'êtes allergique aux poils de mage !!
- Ha bon ? Mais depuis quand ? Et puis à tous les mages ?
- Non, à celui là uniquement... ça fait longtemps que vous forni.... que vous le côtoyez ?
- Ben un peu plus de dix ans.
- Ha ben cherchez pas, vous êtes en surdosage, l'allergie c'est donc révélée...Je vous conseille de l'imberbe pendant … à vie !!


Beurk !! de l'imberbe ! À vie en plus !! Mais c'est que ça va pas être possible ça !
Sous le choc, je lui paya trois pattes de lapin, un bol de bave crapaudine et deux écailles de sirène et repartis totalement ravagée.
Comment j'allais bien pouvoir annoncer ça à Ryan... J'étais allergique à lui , à ses poils (moi qui adorais emmêler mes doigts à eux)! Déjà que notre relation aléatoire battait de l'aile... Il serait capable de trouver ça cool !

Bon, il me reste bien sous le coude, mon pirate... Manquerait plus que je devienne allergique à son sabre !!

lundi 16 mai 2011

les dessous du sorcier ^^


           Voici la grande découverte des dessous de sorciers... Vi... vi... Vi.... vous allez y avoir droit ! Ho ben si, pensez-donc, ce serait dommage de s'en passer !



Parce que le sorcier voyez-vous, fait très très attention à son profil. Il est pointilleux sur les détails, les formules...tout ça !! Mais en oublie parfois ce qui se cache en-dessous. Et c'est là ou ça tue vraiment... Imaginez...


Le sorcier est beau, puissant, une silhouette à vous faire verdir de jalousie, des muscles de partout, un ou deux poils qui se battent en duel (si.. Si... des poils !! moi personnellement j'aime, c'est ce qui fait l'homme ; et ça n'a jamais fait de mal à personne, des poils !!). Un regard « mawrraouww » qui vous fait ronronner, vous avez le bout des doigts qui s'effilent et une furieuse envie de le griffer. Au bref aperçu qu'il vous en a donné, l'homme de magie en plus est doué pour les choses de l'amour (tant qu'affaire !) Bref, ça fait des heures, des jours que vous vous languissez devant son corps habillé du sorcier envoutant.


Vous le désirez à mort !! c'est limite si vous ne lui arrachez pas ses fringues sur le champ. Mais on vous a appris que cela ne se faisait pas, que d'abord, c'était lui qui vous effeuillait et qu'après vous pouvez y mettre les mains. Oui enfin, bref, vous l'avez quand même bien aider à vous dévêtir, un déhancher par ici, une roulade par là, et hop... à poil (enfin presque) Juste ce qu'il faut de froufrous pour le rendre encore plus fou !! c'est enfin à son tour de vous sortir le grand jeu !!


Il vous regarde droit dans les yeux, vous apposant une caresse par ci,par là, et s' effeuille tran-quil-le-ment (vous vous roulez sur le lit, tellement vous n'en pouvez plus). La chemise s'est fait !! Son torse apparaît, puissant, solide, huilé (?) ; vous êtes prête à attaquer avec les dents la ceinture qui retient encore son pantalon... Quand d'une main nonchalante, ENFIN il entreprend le zip de la braguette (ha ben quand même !!). Vous êtes haletante, transpirante, c'est pire que de faire un 110 mètres haies par jour de vent (force 7).


Hé ben non ! Tout compte fait, il fait d'abord valser ses chaussures à trois mètres de là... Se débarrasse vite fait de ses chaussettes, vous avez quand même le temps, d'apercevoir une patate sur celle de droite... Et un léger fumet vous fait légèrement froncer le nez...


Mais votre attention est vite détournée par le mouvement de sa main qui amorce la descente du pantalon sur ses fesses... Vous voilà devenue carrément hystérique (prête à glisser un billet dans son élastique pour le faire avancer un peu plus vite)... Soudain, un carré de tissus chamarré apparaît. Cette explosion de couleurs capte votre regard... Mais c'est quoi donc ? Mentalement, vous faîtes des paris... Caleçon ? Boxer ? Heu... String ? L'homme pourtant se dandine devant vous... Rien à faire. Vous êtes obnubilé par l'énormité de la chose... Peut-on avoir encore à l'époque actuelle pareille horreur ?? L'homme se rapproche, votre champ de vision se rétrécie uniquement sur ce bout de tissu. Dubitative, vous vous interrogez... Coton ? Jersey ? Acrylique ? Soie...
La chose est large et bouffante, arrive à mi-cuisse de l'homme. Vous ? Vous devenez pouffante de rire... Limite apoplexie (faudrait pas non plus le vexer). Mais qui choisit ses sous-vêt à cet éphèbe ? Il comprend à votre regard que quelque chose vous bloque. Il se sent obliger d'une petite voix, de se justifier....


- Heu... j'aime être à l'aise dans mes vêtements... J'aime pas quand ça gratte et que ça frotte. On est sensible de là nous les z'hommes !


Ha ben oui... Mais quand même ! Vous tentez de vous contrôler, de reprendre l'affaire en main... Bref, vous vous recentrez sur le fait de cette si longue attente. Ha non ! Vous n'allez pas craquer maintenant à deux doigts du but !!


Rien à faire ! Vous voyez défiler devant vos yeux, tous les dessous masculins les plus rings, en vous demandant s'il les a tous !! les kangourous à losanges, les caleçons avec blagounettes assorties, les mini-slips en acrylique bleu nuit avec bandes réfléchissantes sur les côtés (si !! ça existe !!), résultat : vous avez un énorme fou-rire qui coupe les élans de l'étalon, vous embarrasse à mort, mais vous libère ! Lui, a les bras ballants un poil embarrassé, et vous, vous roulez de rire sur le lit pourtant promis à d'autres occupations... Vous mériteriez des baffes !!


Aaaargh, dans une grande inspiration reprenez votre souffle et vous collez à lui pour enfin lui arracher enfin cette... ce.. ce truc (?). La remise en route est un peu longue... Surtout quand vos yeux se posent sur l'objet de discorde qui se balance doucement à la lampe de chevet (vous n'avez jamais su viser). Et vous lui avouez dans un souffle (histoire qu'il comprenne le message)...


- J'aime les hommes nus !! Sans aucun sous-vêtements... C'est tellement plus pratique en quoi de besoin pressant...

Celles qui partagent notre vie...



On a beau vivre au pays de Faêrie, être sorcière et pirate de père en fille. Les absurdités du commun des mortels nous rattrapent bien vite...



Quand je voyais mes parents accueillir à bras ouverts les hommes de ma vie...Non sans une certaine tendresse et grande gentillesse... Quoi qu'avec du recul,  je me demande tout compte fait, si ce n'était pas plutôt de la compassion (sic !!). Je m'imaginais une sorte de grande famille ou nous les enfants de l'amour (re-sic) nous étions à l'abri sous les ailes protectrices et aimantes de nos parents. Ma mère n'hésitait pas à mettre les petits plats dans les grands pour satisfaire l'appétit de l'homme du jour. Mon père d'un air goguenard et un brin sérieux leur déclamait :


- Tu la prends ? Ben tu la gardes, je n'assure ni réclamation, ni service-après-vente !


Bref, je m'imaginais (dans ma grande naiveté), la réciproque avec la môman de l'homme du jour... Mais que nenni !! Enfer, rage et damnation, la belle-mère complice de sa bru ne m'était pas destinée !! Les premières rencontres étaient toujours gênées, emberlificotées dans un carcan de bienséance, bien paraître... Je me faisais douce, polie (et pourtant quand on me connait mieux...), surtout ne pas froisser celle qui sera ma seconde mère (dans mes rêves, ma fille). J'étais donc scruté à la loupe, moue dubitative et regard dédaigneux...


- Diantre !! Quelle est donc cette intrigante ?


Mais allons-donc dans ma grande fougue amoureuse, et heureuse, j'aime tout le monde, et je serais faire avec !! (mais bien sûr !)
Vous voici quelques petits échantillons de ces belles-mômans qui un temps durant (toujours trop long à mon goût) ont partagées ma vie. Oui bon d'accord... ENVAHIES ma vie.


J'eus donc eu droit à la belle-mère dominatrice et inquisitrice (je me sentais obliger d'être au garde à vous, la main sur la couture du pantalon... c'est dire) qui venait faire l'état des lieux régulièrement (revue avec gants blancs pour la poussière), faisait peser son fils (histoire de voir si je le nourrissais bien)... Grommelait s'il avait pris du poids, nourriture trop riche, trop de plats en sauce... Et hurlait à l'assassin quand le malheureux perdait 500 grammes. M'a insultée quand j'ai foutu son fils dehors, sous le prétexte que s'il me trompait... C'est qu'il y avait une bonne raison !!


J'eus aussi la bonne tarée des familles, qui m'accueillait à bras ouverts, la voix dégoulinant de sucre me faisant des gouzis...gouzis en me pinçant les joues, larmoyant qu'elle m'aimait et se trompait automatiquement de prénoms en m'appelant (prénom des ex bien évidement). Tout en décrétant un jour avec ce si beau sourire dont j'avais appris à me méfier (signe avant coureur d'une bonne vacherie), que si je ne faisais pas de progéniture à son fils adoré... Il saurait retrouvait le chemin d'une ex pour qu'elle lui en fasse un !! Tellement sur le cul par cette déclaration que je suis restée stoïque. Serrant les dents à m'en faire péter les mâchoires, je n'ai même pas pris la peine de grommeler un sortilège. Bah la vie s'occupera d'elle à un moment donné.


A une autre époque, je pensais l'avoir trouvé... Attendue un bon moment, avant de faire sa connaissance (prudence est MERE de sureté), et me trouva nez à nez avec une belle doche dans le coup (hip hip Hourra !!), qui n'hésitait pas à me piller la penderie (mais m'empêchait d'en faire autant dans la sienne), se servait allègrement dans mes babioles et à la limite m'aurait même piqué mes copines. Copines auprès desquelles savamment distillé : j'étais la pire des sorcières n'ayant aucun avenir par manque d'ambition, et que son fils était à leur entière disposition. (Et ma main dans ta tête, elle est à ta disposition ?). Ce fût sans doute ceci qui sonna le glas de cette relation.


Et pour le prochain homme de ma vie... désormais ce sera chacun sa mère... Et surtout qu'il garde la sienne !Et les moutons seront bien gardés !!

lundi 9 mai 2011

Un drôle de génie

Par le plus grand des hasards me voici enfermée dans une bouteille, dans l'espoir qu'une âme esseulée vienne à la frotter. (moui enfin... hasard si on veut... J'ai quand même un peu chercher l'embrouille à un Génie de métier pas sympa du tout !
Donc, de sorcière je suis passée à Génie (sans bouillir), à devoir réaliser les voeux des autres ! On croit rêver !! Les miens ne se réalisent même pas, et faudrait qu'en plus de bonne grâce avec un merveilleux sourire, j'exauce ceux des autres... Mais tant que je n'aurais pas fait ma B.A, de ma bouteille je ne sortirais pas !!
Frottt...Frottt...FROTTT ! Pschiiit.... fais-je en m' en élevant dans une nuée de bulles vaporeuses.


- Génie Maïa, pour te servir...


Une donzelle aux joues avantageuses (pas que les joues...dixit son tee-shirt) me regarde avec un sourire béat...


- Hôoo Génie... Dis moi que c'est moi la plus joliiie !


Elle minaude, joue des cils et avance une moue boudeuse. L'espoir au fond de ses yeux scintille. Je la dévisage de la tête aux pieds. Rien à y redire. Elle me prend pour une conne ou quoi !!


- Heu... tu as droit à trois voeux... Tu ne veux rien d'autre ?


- Nan... Nan... Juste savoir si je suis la plus joliiiiie... Hihihihi !! j'hésite entre deux hommes, et pour eux je veux être la plus joliiiie !


- C'est ça Blanche neige !! Tu es la plus jolie, mais donne moi 3 voeux à exaucer !


- Merciiii... Hiiiiii... C'est moi la plus Joliiiiie


Plouf, je replonge dans ma bouteille... Je gromelle, tourne en rond, à qui le tour ?
Je me sens soulevée, secouée en tout sens. Je serais Clochette que j'en perdrais toute ma poudre de perlinpinpin ! Ma voix résonne :


- Heyy Machin, frotte la bouteille plutôt que de la secouer, ça marchera mieux.


Pschiiit... Re-bulles, re-moi qui apparait...


- Génie Maïa pour te servir...


- Ha ben merde alors ! Une génie.... sans rire !! Mes voeux... Mes voeux !!


Ben en voilà... Un homme qui a de la volonté et veut des voeux !!


- Alors mon grand ? qu'est-ce que tu veux ?
- Heu... Une moto ! Grosse ! qui brille et qui fait du bruit, Rouge...Et puis avec....


Houlaaa, il est enthousiaste le gars... Et que je te décris les cylindrées, les roues avec rayons, la selle en peau de tabana retournée, et les poignées à frou-frous.... Bref, une grosse moto qui fait vroum-vroum et fait trainer les cales pieds dans les virages....
- Allez c'est bon ! ACCORDE ! Bon passons au deuxième... Ké tu veux ?
- Un bateau... un gros ! avec des voiles, une quille, trois grandes cabines...


Gnagnagnagna.... bref un voilier de 25 mètres.


- ça marche !! Tiens le voilà !!


Poufff, à côté de la rutilante moto, apparait le splendide voilier... Sur sa quille en équilibre... C'est beau !! Oui enfin, jusqu'à ce qu'un coup de vent traître (ho qu'il est traitre), le déséquilibre...Et dans un grincement inquiétant se couche... Sur la moto !!


L'homme n'en croit pas ses mirettes, me jette un sale coup d'oeil et accoure vers ses engins gros... Gros !!


- Ho ben non !!! Mon bateau... Ma moto... Pourquoi tu as fait ça ??


Ben tiens ! M'aurais étonner aussi que ça ne me retombe pas dessus...


- Dis donc couillon ?! la prochaine fois tu demanderas la remorque avec ! Et ton 3ème voeux, c'est quoi ?? osais-je lui lancer avec un grand sourire faux--cul.


- Toi ! Dans ta bouteille au large de l'île du Crâne.


- Nooooon


Trop tard !! Je vomis mon quatre heure, mon sept heure... et vogue Galère. M'apprendra à vouloir faire des B.A


- Jack ??? Jack tu es là ?? Sors-moi de lààààà

samedi 30 avril 2011

Le stratagème de Polyphème



"Une fois n'est pas coutume... J'ai invité Jack mon pirate à nous relater une aventure qu'il pourrait avoir eu avec moi sa sorcière préférée.... Je n'ai pas été déçue de sa réponse et je vous la livre telle quelle !! Avec malice, érotisme et forces de détails !!"

Le Stratagème de Polyphème

Perdu dans mes grands grimoires d’histoires anciennes, mon hamac balance entre mes mondes imaginaires et ma vie de pirate. Le souvenir de ma première rencontre avec Maia, aidé par un vent porteur de mes espérances, m’avait rafraichi la mémoire d’une escapade. A dix jours de goélette de l’île du Crâne, à quelques heures en balai de sorcière, à une poignée de secondes en fermant les yeux…

J’étais plein le cœur d’Ulysse et sa légende, et cherchais de par le monde cette fameuse île des Cyclopes où il avait vaincu par la ruse Polyphème. Justement sur le retour de notre voyage arrivant dans la mer des Caraïbes, nous avions repéré une île nullement répertoriée sur nos cartes et décidions d’aller la visiter. Pourtant, afin d’éviter tout danger pour le Poséïdon, je décidais d’y aller seul et de finir en barque de sauvetage pour ne pas attirer l’attention. La plage était déserte mais je sentais une drôle d’atmosphère, plutôt marrante en fait et je mettais ça sur le compte du vin de Bosco à midi.

Je passais sous une porte de pierre avec de drôles d’inscriptions inscrites et…Un flash sembla frapper tout mon corps et je me tâtais partout voir si je n’avais. Je décidais de grimper jusqu’au plus au point de la colline mais un tremblement de terre me fit rouler jusque dans un buisson et une grosse voix me fit retourner. Je n’en croyais pas mes yeux :

Une grande rouquine était là devant moi, avec de belles jambes et un corps de rêve, et elle jouait avec un chat Belzébuth dont je me méfiais aussitôt ! Une autre fille blonde était avec elle et l’appelait « Maia ». J’en déduisais que c’était cette jeune sorcière, fraîche arrivante dans l’archipel et déjà au premier abord, elle me plut ! Pourtant, sa grande taille me parut curieuse et les moutons qu’elle gardait me rappelaient cette aventure d’Ulysse et Polyphème. Je voulais me cacher pour observer ces demoiselles et j’eus l’idée d’utiliser le stratagème connu…J’ôtais mes vêtements que je planquais et je m’attachais avec mon ceinturon à un mouton docile. Et ainsi sous lui, j’étais invisible ! Pourtant, un soubresaut de la bête me fit retourner et j’étais alors face au sol et m’accrochais à sa laine avec mes poings serrés. Quand Maia s’approcha.

Elle lui parlait en le caressant et des « mon doux » et « mon beau » me faisait autant d’effet ! Machinalement, en lui parlant, elle caressait l’animal de plus en plus et appelant son amie Fan, ses doigts et paumes faisaient des cercles de plaisirs qui s’approchait peu à peu de l’endroit où j’étais sous le mouton. Je me mordais les lèvres pour ne pas me trahir quand les mains de Maia, très douces et habiles me caressèrent longtemps et le mouton par la même occasion…Elle semblait s’attarder sur le meilleur morceau de ma personne et parlait à son amie de drôles d’impressions :

« Il est doux celui-là, c’est mon préféré ! Je crois que lui fait de l’effet, la canaille… » Elle jetait un œil de droite et gauche, comme pour voir si quelqu’un venait et reprenait de plus belle ses va-et-vient, voulant donner du plaisir à l’animal que j’étais !

Partant avec son amie Fan brusquement, Maia se retournait plusieurs fois en disant « Je ne sais pas pourquoi mais je suis sûr qu’il comprenait l’animal, belle bête en plus… ». Moi, j’attendis qu’elles passent le coin du bois et je filais sans demander mon reste, prenant vêtements et souvenirs du corps et de l’âme…

Rejoignant le bateau, j’emportais aussi avec moi la douceur de ses mains et le plaisir que m’avait prodigué cette Maia-Luna.

Qui sans le savoir, pensait déjà à moi…

Votre pirate,
Jack Rackham.

samedi 16 avril 2011

"La malediction du loup"



Un ululement de chouette retentit... Dans la forêt épaisse et sombre, seuls les vociférations du vent dans les branches se faisaient entendre, un éclat de lune tombait en éclaboussure sur la mousse des bois. Il éclairait abruptement un kaléidoscope de taches sombres, coulures de rubis sur une pierre.
Un loup se mit à hurler à la mort. Ambiance épaisse et sombre qui colle à la peau. Une odeur acre, ferreuse se répandait... une odeur de sang.
La forêt des Continents retenait son souffle. En son sein, une mort violente venait de survenir. La fillette ne pût s'empêcher de frissonner de peur sous le couvert des fougères. Elle avait encore dans le regard, les derniers instants de cet homme si courageux.
Sur l'aplomb rocheux, un loup gris jette sa tête en arrière pour laisser sortir son cri d'agonie, de douleur. A ses pieds, git le corps d'un homme. Grand, brun, sombre, le regard vitreux mais que l'on devinait pourtant mystérieux. Ses longs cheveux bruns tombaient en cascade sur la moitié de son visage. Sa main fine et pourtant solide était crispée sur une pierre de Lune. Otso venait de subir le crime parfait, l'enchainement éternel.

Otso, était le protégé de Merlin. C'est au cœur de Brocéliande que ce mortel grandit, accompagné des meilleurs guides druides, il gagna rapidement en puissance et en grandeur d'âme. Il avait été recueilli lors de sa naissance par la douce Viviane, qui l'avait élevé dans les croyances païennes. Protecteur des éléments, il connaissait mieux que tout le monde les évènements que la nature déclenchaient. Sa parole était juste et sage malgré sa jeunesse. Il était écouté par ses pairs et son avis comptait double dans les réunions druidiques. Ses connaissances l'amenèrent à voyager à travers le pays de Faërie, il y rencontra toutes sortes de compagnons de voyage, dont un loup qu'il apprivoisa. Ce loup devint son protecteur, c'était un esprit des Anciens. Animal craint et redouté par toute l'ignorance des gens, mais qui avait dans le regard la sagesse du monde.
Lors de différents périples, Osto rencontra une jeune enfant qui le dévorait des yeux. Cette gamine le suivait comme son ombre sur des lieues. Aussi sauvage que la tignasse qui lui servait de chevelure, elle se cachait dans l'ombre des buissons à son approche pour n'en ressortir qu'après son passage. Jamais, il ne pût lui parler, voir la couleur de son regard.
Le seul qui put le faire, était son loup. Dès, qu'il l'a reniflait dans les parages, il était pris d'une frénésie, son regard semblait sourire. Il partait la queue battante sous le couvert des arbres pour retrouver la gamine qui enfouissait de bonheur ses mains et son visage dans la fourrure du loup. Osto se renseigna à plusieurs reprises sur cette enfant auprès des druides. Était-elle abandonnée ? Qui était-elle ? Au début, il n'obtint aucune réponse hormis des visages fermés. A force d'insister, il finit par avoir des réponses.
    • c'est l'élue ! Celle par qui tout arrivera...
    • Qu'est ce qui arrivera ? Ce n'est qu'une enfant, et l'élue de quoi ? Je n'en ai jamais entendue parler.
    • Tout arrivera par elle, le bon comme le mauvais, son destin est tracé, les étoiles ont parlées.
Il dut se contenter que de ces brèves informations. Sa mère Viviane rajouta d'un air triste.
    • Vos destins sont liés dans l'éternité. Tu seras plus tard son guide, son âme.

Plusieurs lunes passèrent, Osto voyait de moins en moins l'enfant. Le sabbat de Yule était en grande préparation. Pour ce solstice d'hiver, il devait parcourir les bois et recueillir les plantes pour fêter le sabbat. Les druides se faisaient distants, secrets, ils se détournaient d'osto, sans que celui ci puisse en trouver la raison. Viviane ne lui jetait que des regards emplis de tristesse. Une apparition de l'esprit de Merlin lui conseillant d'être fort ne le rassurait pas.
C'est dans un guet-apens qu'il tomba. Sur le promontoire rocheux l'attendait les trois druides qui l'avaient été à grandir. Une pierre de Lune lui fut donné, ainsi qu'une brève explication.
    • Ton devoir est d'accompagner et d'aider l'élue. Elle t'a choisi ! Aussi, ton esprit doit quitter ce corps d'humain pour parfaire l'harmonie des esprits élémentaires. Tu dois mourir de ta vie d'homme. Le corps du loup te sera donné pour réceptacle. Quand ta mission sera achevée, et si tu y parviens... Seul l'amour de l'élue te redonnera une vie humaine.
Osto, n'eut ni le temps de répondre, ni celui de se défendre, qu'un des druide lui enfonça dans le cœur un éclat de pierre de Lune. Le sang se répandit sur la pierre. Un druide y trempa la main pour dessiner un pentacle sur le front du loup.
«  dans ce corps à jamais tu luis,
Protège ton esprit,
Prophétie tu accomplies...
Seule la lune et ton aimée
verront qui réellement tu es,
Toi Osto, le Parfait ».


Sous le couvert des arbres, seules scintillaient dans un éclat de lune, les larmes de l'enfant qui coulaient.