jeudi 10 septembre 2009

Dégoûts, des couleurs



Une espionne connue du cru m’a demandé un jour :


- Mais qu’as-tu donc contre les blonds ?!


Ben rien, ils sont beaux, les blonds ! Et puis ils sont intelligents ! (les blondes c’est moins sûr… à ce qu’il paraît!!!). Ils ont les yeux bleus, les blonds…

Naaonnn !! Je rigole ! Je peux pas les voir les blonds !! Pourquoi ?

Avez-vous seulement l’idée de la vie d’une rousse ?! De ce qu’elle doit endurer tout au long de sa vie ? Alors quand on cumule le statut de rousse et le boulot de sorcière…

Dix ans ! Rentrée à l’école de sorcellerie. Les mioches a cet âge là, sont non seulement ingrats, mais stupides. D’un tempérament timide et un peu farouche, je n’en mène pas large. Tout le monde est là à se regarder un chien de faïence, à travers les regards en coin se lient déjà les amitiés et les inimitiés. Devinez ?!! Pour moi les inimitiés ! Les hostilités se sont déclarées assez rapidement d’ailleurs.

- Yep, la rouquine ?! C’est les mouches qui t’ont chier dessus ?

Premier fard ! Grand malheur, les rousses rougissent plus facilement que les autres ! Et puis les tâches de rousseur ça me connait. J’en suis garnie, le soleil apparaît, et elles dansent la carmagnole pour fleurir mon visage ainsi que mon corps. Celui qui avait lancé cette gentille boutade s’appelle Tristan.. Je vous le donne dans le mille ! Un blond aux yeux d’ aigue marine, le teint encore bronzé par le soleil de Bermudes. Ces acolytes éclatent de rire (tous plus ou moins blond). L’étau se resserre, je suis encerclée. Un petit gros, le nez en boudin me bouscule en se pinçant le nez…

- hééé mais tu pues, la rouquine

- C’est la poisse, une rouquinasse !

- Tu vas finir sur le bucher…

- Cheveux de feu… Poil de carottes.. Rime avec chiottes !

Distribution de baffes à la récré, je marque les coups, mais à mon grand plaisir, les blonds aussi. Et quelques fleurs de lys éclairent leurs minois de mon empreinte.

Seize ans, lycée des sortilèges. On retrouve les mêmes. Quelques blondes se sont rajoutées. Très stylées, très peinturlurées… Fond de teint à bloc, rouge à lèvres carmin, yeux fardés pour faire ressortir les bleus de leurs regards. Belles ! Dieux, qu’elles sont belles ! Mais froides ! A peine, un sourire, des fois que le rouge à babines se fendille. Depuis, j’ai des difficultés avec le : Tu es belle ! Je revois ces superbes blondes (magnifiques…certes), mais d’une froideur épouvantable qui me jaugeaient de haut. Enfin du haut de leur 15 cm de talons.

Forcément la rousse que j’étais (et que je suis restée), la crinière et le museau au vent, la bouille parsemée de taches, et le rire tonitruant fait tâche dans ce milieu de blonds papiers glacés, toujours bien sapés, se tenant merveilleusement bien. Le fameux Tristan est là aussi… Il commence à vouloir se rapprocher dangereusement.

- Hummm Maïa, tu es belle (sic), tu es comme un bouton de rose… Heu tu couches toi non ? Il paraît que les rousses dans ton style, elles sont chaudes !

Du con ! Et ma main à moi dans ta tête à toi ??!!! Une rougeur intempestive inonde encore une fois mon visage. Je hais ça ! L’impression d’être vulnérable, qu’on interprète des choses qui ne sont pas.

Mais à mieux y regarder, le Tristan si parfait, ne l’est pas… Ces acolytes féminines non plus d’ailleurs. La puberté ! La puberté les a attaqué… le plus sauvagement possible. Sous le fond de teint, l’acné !

Je tiens ma vengeance ! Ma peau de rousse… Celle parsemée de tâches de son (les fameuses chiures de mouches), celle qui rougit d’un rien, que ce soit soleil ou réflexions ne craint pas les attaques de l’acné.

Non, la blontitude ne m’attire pas du tout. L’image parfaite des blonds me déplait, me dérange. L’idée de clones m’apparait. Et dire que des millions de femmes se transforment pour devenir le fantasme de l’homme. Pouah ! Parlez moi des bruns, des châtains et des rouquins ! De regards gris, bruns, émeraudes…

Rhôôô… Va falloir que j’appelle encore mon psy !

mercredi 9 septembre 2009

Quelle drôle d'idée !!

- Chériiiieee !!!! C’est moi, je suis rentré !! Elle est où ma petite femme chérie. Hummm…Ca sent bon ici.

- Hihihihi… Je suis là, mon Minou, je te prépare un bon repas.


Je suis devant ma super cuisine, super équipée, à mitonner un bœuf miroton pour l’homme de ma vie… Et quel Homme, un beau spécimen blond, d’un mètre quatre vingt, les yeux azurs qui me regardent avec émerveillement. Je suis sur un petit nuage…


- Mamaaaaan !!! On est là, hé ben tu sais l’école cette année, c’est dur hein, et puis, la maîtresse elle est pas gentille… Elle a déjà punie Pénélope !


Ha voilà nos deux princesses, aussi blondes que leur papa… Quoique Pénélope a des reflets roux dans ses longues boucles fines. Et Constance est jolie comme un cœur. Deux petits amours de fillettes qui rendent leur papa et leur maman tous fiers d’elles.


La sonnette retentit, j’amorce à peine un pas vers la porte, qu’elle s’ouvre avec fracas et me retrouve devant la copie conforme à mes filles et mon mari… Quel plaisir !!


- Ho Belle maman, vous êtes venue ?!


- Oui ma Chérie, je ne pouvais pas rater ton anniversaire.


Patachou, notre petit labrit saute dans tous les sens, pour faire la fête à Mamie Lulu……..


 


STOP !! Arrrghhh…


Je suis en sueur, au beau milieu de la nuit. Pleine lune, j’aurais dû m’en douter ! D’un regard, je m’assure de mon environnement. ..


Cuisine ok !


Séjour Ok !


Lit Ok !

Chat ? Chat ! Ok !


Par la fenêtre je vois mon vieux chêne, la lune se mire dans l’étang.


Un cauchemar !! Un fichu cauchemar qui m’a collé la trouille de ma vie !


Marié passe encore…..


deux filles je l’accorde volontiers….


Mais Blonds !!???


Tout mais pas ça !


Alors là non, je peux pas.


Et puis la super cuisine équipée, le bœuf miroton, et puis la gentille belle-mère qui m‘adore ! Beurk… C’est limite la nausée là.


Bon ! Faut que je me regroupe là… Récapitulons… Ha ben oui ! Bien sûr ! la jurancienne d’hier soir avec la famille Turlututu. L’heureuse nouvelle, du 3ème en route, une Fille !! ça tombe bien, eux qui avaient déjà 2 sacrés Loulous ! Même Belzébuth s’en méfie, c’est dire ! Il est vrai que toute la soirée entre deux ou trois essais de sortilèges, et deux ou trois verres de Jurançon, on a parlé famille, fallait bien que ça me taraude ! Mais de là à faire un cauchemar pareil…


Bon la trentaine passée… Va falloir que je mettes au boulot quand même. Il serait temps que je sois sérieuse… Mais au fait… Ce loup rencontré ?! Je le revois quand ?

mardi 8 septembre 2009

Quand Jack me réveille


Marquée dernièrement par le calicot rouge de Jack, je suis à peine réveillée (moi qui pour une fois, dormais du sommeil du juste) qu’il me lance un défi. Ce cher Pirate ressurgit dans ma vie, comme ça, sans tambour ni trompette, le tricorne bien planté, alors que j’ai arrêtée de le pourchasser, de crier vengeance… Il arrive la bouche en cœur à la porte de ma chaumière et me dit dans un sourire enfantin…



- Maïa, raconte moi une Histoire ?!

- Grnoufff… Moi au réveil, premièrement suis pas étanche, et de deux, des histoire j’en connais pas !!

- Si Maïa ! Ton histoire à toi, je vais te poser des questions, et tu y réponds…

Bon, je dois dire que là, je fais un peu la gueule ! Il est à peine 11h du matin, j’ai les yeux cotonneux, la voix enrouée… Bref comme on dit, chez nous, la tête dans le cul quoi ! Et puis j’avais un planning plutôt serré là.

Sûr de lui, il rentre dans ma chaumière et s’installe paisiblement avec un sourire à ma table.

- Je ne partirais pas tant que je n’aurais pas mes réponses !

Je ferme les yeux, pousse un soupir… Le temps de préparer un café, autant se plier à cette contrainte et lui raconter.. Ma vie…

- Vas-y balance tes Questions Jack !



1 - Ton premier amour !

Pff… Mon premier amour… Je sais pas moi… J’avais des tresses, j’apprenais mon grimoire de sorcellerie par cœur, et ce jeune homme est venu me le chiper des mains. J’ai commencé par lui coller une beigne, il a fini par m’embrasser. J’avais 10 ans !



2- Ton plus bel amour, le plus grand, le plus plus…

Celui-là je le connais.. Mais si je te le racontes tout de suite, l’histoire de Maïa s’arrête là !!! C’est que je commence à avoir des lecteurs moi !!! (je me la pète non ?) Alors là Jack, il te faudra attendre pour le connaître celui là… Mais je t’assure qu’il est grand, qu’il est beau… Et que c’est une belle histoire !



3- Un amour secret que tu as eu ?

Rhaaaaa ! M’énerve là avec ses questions à la con ! S’il est secret ! Pourquoi que je t’en parlerais hein ? Allez je vais te contenter va… l’âme damnée, le mage ! Ce fut secret durant de longues années !!



4 - l’endroit le plus insolite pour faire l’amour ?

Sur un balai… Haaa, ça te coupe le sifflet là hein ! Et crois moi bien Jack, que rien ne vaut un bon lit ! Parce que le balai côté confort, tu repasseras. Il en faut de l’équilibre ! Et je me souviens que j’étais plus occupée à contrôler tout ça qu’à faire notre petite affaire. J’ai pas aimé du tout.. Du tout…



5 - une rencontre par internet qui t’a marquée ?

Inter… quoi ? Trop moderne pour moi !!! Et dans ma forêt, j’ai pas le WIFI, déjà que j’ai pas l’électricité… Nan, nan, moi, je communique encore par pigeons voyageurs ou mouettes porteuses ! Celle qui m’a le plus marquée ? La tienne Jack ! Hormis nos aventures, celle humaine que l’on a tous les deux, nos conversations et délires.

- Je te remercie Maïa, tu vois que tu as répondue… Bon on fait quoi là ? Me sourit-il…une étincelle égrillarde dans l’œil.

- Hep là.. Je lui claque sa main qui aurait une vilaine tendance à glisser sur mes hanches, le prend par la main et le met dehors sans aucune marnière.

Il est bien mignon Jack la Flibuste, je l’aime beaucoup, mais être tirée du lit de bon matin juste pour raconter une histoire… Faut pas pousser ! La sorcière au réveil… ben elle est pas commode !

lundi 7 septembre 2009

Ryan - Une âme damnée



Il est des petites choses comme un gravier dans le soulier, un grain de sable sous la dent ou une épine dans le pied… des petites choses comme celles-ci qui agacent, démangent prodigieusement. Durant ma vie de sorcière, entre les sorts, les envoutements, les charmes et incantations ; à diverses reprises j’ai eu droit à des morceaux choisis, des instant affligeants, des moments d’extases profondes ou de dégouts…


La rencontre avec une âme damnée est un moment fort qui vous suit, vous poursuit durant toute votre vie… Si..si.. Je confirme, elle s’éloigne, on l’oublie et PAF, elle revient. Et c’est reparti pour un tour. Mon âme damnée à moi, c’est un mage ! Hé non pas un sorcier, un pirate comme on pourrait si attendre, mais un mage !! Et pourtant on sait bien que mages et sorcières font jaillir des étincelles de mauvaises augures ! C’est bien là, le problème d’ailleurs, c’est qu’entre lui et moi.. C’était bien des étincelles, mais par n’importe lesquelles ! Plutôt du genre sexuelles (si vous voyez ce que je veux dire)… Le hic voyez vous, c’est qu’il y eut des accointances très rapides entre lui et moi. Et ça, jamais au grand jamais (dixit les grimoires de sorcellerie) ne doit arriver sous peine d’être toujours liés ! Ben voilà, on en est donc là !


Donc ce mage irlandais au nom de Ryan m’a quelque peu estourbie sous un charme quelconque grâce auquel devant lui je me pâmais (et encore le mot n’est pas assez fort !!). C’est pas compliqué, il suffisait :


1- qu’il rentre dans une pièce


2- que nos regards se croisent et s’accrochent


(petit a - tellement puissant le regard que c’est tout juste si on ne dessapait pas sur le champ)


3- l’impression d’être aimantés, et se rechercher (petit b - il paraît que s’en était gênant pour les personnes présentes ! C’est dire !)


4- que l’on se touche, s’effleure.


5- Arrrgh ! Trop tard, j’étais déjà dans ses bras à fondre sous ses caresses, me repaitre de lui et inversement.


Comment vous dites ? Une relation ?! Heu.. Je ne sais même pas si l’on peut appeler ça comme ça ?! J’ai un doute ?!Mais bon passons ! Les folles années de ma jeunesse faisaient quand même en sorte que je m’amourache vite de l’homme..heu.. Du mage.. Entre deux soupirs, deux gémissements, avec l’air de rien, je lui sortis quand même à plusieurs reprises.


- Arrggghh, je t’aimeeeeeuh.


Un réponse attendue ?! Que nenni, nada, que dalle. Juste un regard ! Mais heu puissant le regard… Et moi frêle sorcière qui toujours me désespère.. Attendait patiemment mon mage (enfin plutôt le mâle qui passait à ma portée). Chemin faisant, l’oublie se faisait, une pensée par-ci, par-là. Mais comme un sort, ce fichu mage à la gomme finissait par disparaître !


Ho j’aurais pu lui lancer un sort, le faire revenir, tripatouiller une formule ou deux.. Mais dans le grand grimoire c’est une des lois.


Point de magie pour enchainer un amour !! (et en plus c’est écrit en rouge et souligné deux fois). Cette épine dans le pied ressurgissait toujours au moment ou je m’y attendais le moins… au sortir d’une soirée arrosée, derrière un chêne lors d’un convent. Il s’établissait un jeu de séduction, d’attouchements..qui se terminait invariablement… Bon disons le mot vrai : ORGIE.


Et vous savez pourquoi je repiquais au truc dès que je pouvais ?!!!


Parce que jamais il ne m’a sorti un mot ! Une phrase ! (bon ok on avait quand même de grandes conversations…) Le mot, La phrase, le petit truc qui aurait pu me faire dire que moi aussi, je l’avais un peu envouté !! Ça m’agace ça !!!

vendredi 21 août 2009

Un jour... Un chaton



Rentrée un soir au petit matin… Ou plutôt rentrée un jour au petit matin, l’esprit embrumé par je ne sais quel parfum, quel reste de magie. Je comptais sur une bonne heure voir deux de sommeil pour me remettre encore une fois de ses nuits passées à papoter entre sorcières, à préparer mille et une potion.


Dans mon cabas, quelques fioles restantes, le tout aromatisé aux plantes qui dans un tintement de clochette s’entrechoquent à chacun de mes pas. Rangeant mon balai dans la remise, j’en profite pour ranger sur les étagères les plus hautes mes précieuses fioles, sur lesquelles à la hâte je colle un autocollant DANGER. Etouffant un bâillement d’une main, je referme la remise de l’autre, pour cette fois c’est décidé, m’écrouler sur mon lit.


- MRRwaaaouh, miiiiouuuu, miiiiouuuuuu se fait entendre au pied de mon chêne. Ha non ! Encore une bestiole paumée qui est venue se réfugier dans le coin. Bien décidée à chasser la bête, j’y vais d’un pas conquérant.Une minuscule boule de poil, toute douce, toute noire, grosse comme mon poing qui me regarde de ses immenses yeux verts - presque larmoyants. AAArgh, je fonds instantanément.


- Hooo ben pti Loulou ?! Qu’est-ce que tu fais là toi?


Ça y est, je l’ai presque dans mes bras. Houlà, doucement là … Jusqu’à présent je ne me suis jamais encombré d’un homme, j’ai déjà un balai, je vais pas en plus m’emmerder avec un chat ?! Mon esprit carbure à toute vitesse, ben quoi ?! Un chat ? C’est indépendant non ? Et puis si c’est un mâle c’est encore mieux ? Vite fait, je vérifie, bascule le chat sur le dos, et m’apparaisse les jolis bijoux de famille. Bon c’est sûr c’est un matou.


J’adopte donc cette boule de poil, qui j’avoue c’est si bien y faire, que je ne peux rien lui refuser, ni mon lit, ni une à deux bonnes gamelles de lait. Un soir d’orage, alors que son ombre est amplifiée par un éclair, je le nomme Belzébuth. Il en ronronne de bonheur, s’entortillant dans mes jambes dès le moindre pas.


Le temps faisant, on se cale l’un sur l’autre, affectueux, protecteur -il faut dire que le matou profite vite et bien, c’est comme si j’avais un homme à la maison, la conversation en moins (ainsi que les câlins aussi). Sauf qu’en parlant d’homme… C’était le désert affectif, le plus complet ! La faute au chat d’ailleurs ! Môssieur jaloux, sautait à griffes ouvertes et vengeresses sur l’infortuné qui passait la porte et m’enlaçait. Belzébuth était le pire des chaperons et me forçait à l’abstinence la plus totale. Résignée, à force de devoir m’excuser et panser les blessures, j’en venais presque à vouloir prendre le voile, mais l’idée de découcher me vient heureusement bien vite !


Lors d’une de mes absences, malgré le gigot et le lait laissés dans la gamelle. Belzébuth se glissa dans la remise à balai pour y chasser la musaraigne. La souri se défendit tellement bien qu’elle échafauda les étagères, que d’un bond je pense gracieux, matou grimpa. Il s’en suivit une bagarre intense (aux dires des dégâts occasionnés), souri, chat et fioles se répandirent par terre. Je pense que les deux durent plus ou moins boire les potions. Je vois encore un énorme papillon à moustache et queue de souri qui volète dans les environs. Mais Belzébuth lui… tomba sur la pire des fioles.. Celle puissante ! Aux hormones, phéromone, testostérone qui lui développa très, mais alors très rapidement l’instinct sexuel.


Les minettes des environs, qui passèrent les premières à la casserole y ont laissées leurs vies. Abruties de plaisir, et de fatigue. Il me fallut concocter à la hâte une potion que je distribuais aux félines du coin pour résister à la puissance des assauts de mon matou. J’ai tout essayé, sortilèges, potions, y a pas moyen de lui ôter ce pouvoir. L’est tombé dedans petit comme Obélix !!


Seul truc positif… Il se fout maintenant carrément de ma vie sexuelle à moi ! Tranquille la fille.

lundi 17 août 2009

Aux origines de Maïa

Bonjour Docteur,

J’peux vous parler vite fait sur la gaz là ?! Un besoin urgent, pressant, une parenthèse dans ma vie de sorcière… Je commence par quoi ? Le début de moi ? Mes origines ?

Je suis née à cheval un pied dans l’océan et un autre dans la vigne, d’un père mi-pirate, mi coureur de jupons, mais grand Géo Trouvetout et d’une mère fée de la nature. Elevée tantôt à bord d’un bateau, tantôt aux fins fonds d’une forêt, mon enfance (bienheureuse) était bercée par le doux clapotis de la mer ou le gazouillis des oiseaux.

Me voici à l’âge de 4 ans habillée de fougères et de pommes de pins à courser les écureuils dans les fougères, et à 7, déjà le pied marin à taper des roupillons dans le nez du bateau pour la première sortie en mer. Jouant tantôt au pirate, tantôt à tarzan, m’inventant des histoires au gré du vent.

J’y ai appris l’éveil à la nature… Ou ma fée de mère ne trouvait rien de mieux que de me réveiller aux aurores pour voir une biche boire à l’étang, et mon gueulard de père à m’entrainer à piloter un bateau. Maman aux mains si douces, que le moindre bobo au ventre disparaissait par enchantement ; papa plein d’idées, de trouvailles et de projets qui se construisait un ascenseur pour leurs vieux jours. Petit homme pas bien épais mais que la volonté faisait avancer contre vents et marées, obstiné, têtu et impatient (traits dont j’ai hérité, ainsi que ses yeux noisettes). De maman, je tiens les traits du visage, la douceur des gestes, la magie des mots. Ma rousseur était une surprise ! Un souvenir d’une arrière grand-mère Irlandaise ou une fille par génération choppe au vol taches de rousseurs et cheveux auburn.

A la maison, point de sortilèges et de magies ! Strictement interdit ! Ça et les conneries d’ailleurs… Une légende volée par-ci, par là, une plante pour se soigner, une recette pour s’aider. Déjà je pouvais prévoir les catastrophes, dès le matin au réveil, je les sentais. Et Maman me traitait de sorcière.

A l’école ? Soit disant intelligente mais indisciplinée, bavarde et hermétique à la discipline. Seules mes quelques bonnes notes arrivaient à me sauver. Rhaâââ… la discipline ! Ce mot me laisse rêveuse ! Beurk.. Beurk.. Plus papa m’en imposait, plus je protestais, je me rebellais. Cela nous a valut de belles engueulades, et mon départ à 18 ans.

Et puis un jour comme ça… après tant d’aventures, de joies et de peines, au moment ou je m’y attendais le moins ! Paf ! En pleine poire ! Mon père me dit qu’il est fier de moi ! Tout à trac, me dire que ce que je faisais c’était bien, que ce que j’étais devenue aussi… Alors là, il m’a coupé les pattes. Moi qui me sentais le Caliméro de service, à essayer de faire mes preuves tout le temps, montrer de quoi j’étais capable, me dépasser (dans le travail… et les conneries… On ne se refait pas !). Je devenais la fierté de mon père… Tada.

Ho ben ça pas empêcher d’autres coups de gueules hein ! Mais il a toujours été là pour moi quand même.

Et puis ben là.. Il nous abandonne, notre grand sorcier du bricolage, il nous laisse en plan. Il veut plus se battre ! Il est tout petit au fond de son lit, tout silencieux. Il y a bien encore un éclair ou deux au fond de ses yeux. Mais tout doucement, il part. Et moi avec tous mes grands pouvoirs, ben je peux pas le retenir.

Papa, je t’aime tu sais… Suis fière de toi moi aussi, je te l’ai déjà dit. Je te dis quoi d’autre ? Bon vent, garde le cap comme tu me disais si souvent…Que je voudrais te garder encore un peu contre vents et marées. Que tu m'as pas encore tout appris... Allez défends toi, bats toi s'il te plait. Je sais bien que c'est fini, que t'en peux plus, que tu veux partir.

Dites docteur… On peut s’arrêter là ?! Ça fait mal. Et puis je veux le voir encore une fois mon papa.

dimanche 2 août 2009

Les états d'âme d'un balai




Mon balai ne va pas fort en ce moment, il toussote, renâcle au démarrage, poussif dans son envolée, bref me fait passer des vols éprouvants et décoiffants. Il doit m’en vouloir encore de cette fameuse soirée ou je l’ai sorti de sa remise pour faire des essais de vols (pitoyables) sous l’emprise de la boisson. Comme signe de rébellion, il m’ a laissé suspendu tel un jambon à mon vieux chêne. Et depuis, je dois bien le dire, il me tire une gueule de trois pieds de long…C’est donc décidé, je l’envoie en réparation !

J’arrive a dénicher sa notice dans mon vieux chaudron usé et appelle le fameux numéro vert ou un homme mal embouché me répond :

- Ouais c’est pourquoi encore ?

- Heu … Bonjour Monsieur, j’ai mon balai qui a pas mal de difficulté à voler en ce moment.

- Numéro de plaque, numéro de modèle me demande-t-il d’un grognement.



Je cours cherche sa carte de vol enfouie sous un tas de papiers, et reviens pantelante au téléphone,

- Allo…

- Bon alors ça viens oui ?

Il commence à m’échauffer les sangs lui, va falloir qu’il me parle meilleur et vite :

- Dites donc vous ? Vous ne pourriez pas être plus agréable ?

- Non pas envie ! Et si ça vous plait pas, allez vous faire voir ! Après tout, c’est pas moi qui suis emmerdé parce que mon balai ne vole pas !

Et là-dessus, il raccroche. Ça m’en laisse comme deux ronds de flancs, mais j’ai vraiment besoin de mon balai là ! Et je rappelle, en priant que ce numéro vert soit une société de téléopérateurs qui réorientent les appels.

- Ouais ! J’écoute

Merde ! Le même, je respire un bon coup, tant pis, je ne vais pas me faire avoir ce coup-ci,



- numéro 7425 36258, modèle AK 1257 Z, année 1992

- l’est plus sous garanti votre coucou !!

- Je sais monsieur, mais je voudrais le faire réparer.

- Ha c’est vous, miss politesse?! Ben ça va vous couter bonbon, feriez mieux d’en acheter un autre hein ! J’en ai des bons d’occasions au garage là, faudrait passer me voir, je vous fait une prime à la casse pour votre vieux là.

Cette idée ne me plait pas du tout ! J'en partagé pas mal avec ce balai là, j'ai eu toutes les peines du monde à m'y faire, c'est pas pour tout avoir à recommencer avec un autre.

- Attendez… On peut pas le réparer ? Il me convient tout à fait celui-là, et c’est la première fois qu’il me fait ça, je l’entretiens régulièrement.

- Ouais, ben z’avez qu’à venir, je vous ferais un devis… Mais ça risque d’être chérot, je vous préviens ! Et mes devis, y sont pas gratuits non plus.

Ben tiens ! Ça m’étonne pas ça ! Je volète (un coup en haut, en coup en bas) en m’armant de patience pour ne pas gueuler contre mon balai, et atterrie dans un nuage de poussière et d’odeur de gomme (j’y ai laissé une semelle dans le freinage). Un gros gars, cheveux hirsutes et gras, marcel blanc maculé de traces noires et graisseuses, poils de balai coincés entre les dents sort du garage. Mon balai et moi avons un recul de peur et de dégoût. Le type, les mains prisent dans un chiffon me détaille et la tête aux pieds et a un sourire égrillard. (ha non alors ! Tu peux te brosser mon vieux)

- C’est la petite dame du téléphone ? L’est ou son vieux coucou ?

Mon balai se cache derrière moi, je sens ses joncs qui tremble, il pousse un couinement étranglé. Je ressens la même peur. Par la porte entrouverte, de l’atelier j’aperçois un pauvre balai décortiqué, les joncs pendants, le manche scié.

- Alors l’a quoi le balai ?

Le balai, se plante devant moi, et sautille d’un air joyeux. Me passe entre les jambes, me soulève et m’envole haut dans le ciel. Je jette un regard en arrière, le gars a les mains posées sur sa taille, et secoue la tête d’un air désabusé, il jette son chiffon par terre qu’il trépigne de colère. Le vol de retour est plus que surprenant, mon balai n’en finit pas de me montrer ses prestations ; retournés, loopings, plongeons… j’en ai le cœur au bord des lèvres. Un atterrissage en douceur devant ma chaumière, et mon balai se dandine.

- Ok, j’ai compris ! Tu me faisais la gueule c’est ça ?

Acquiescements du manche

- Et tu crois vraiment que j’allais t’échanger ou te faire découper en rondelles par ce vieux machin ? Mais.. Je tiens à toi, j’en veux pas d’un autre, moi ! On va faire encore un long bout de route ensemble, et on va devoir se supporter longtemps.

Mon balai me saute au cou.

Et dire que c’est à mon balai que j’ai faite la plus belle des déclarations.