mardi 28 septembre 2010

CQ

Panique en ma chaumière, il y a de l'écho dans le frigo (branché sur la roue du hamster), les placards résonnent le grand vide, et même plus un crouton dans le chaudron. Bref c'est la famine. Un poil feignasse, j'ai tapée dans le stock de conserves, du coup, cette fois, c'est clair, je ne coupe pas à la sacro-sainte activité de faire des courses ! Yepeee ! Ça ne m'emballe pas plus que d'aller cogner à la porte du troll voisin...


Me voici à cheval sur mon balai, dont le kick encore cassé me donne le loisir de courir sur deux lieux avant de m'élancer vers les cieux ! Là aussi, il va falloir que je me fendes d'un sourire et surtout de monnaie trébuchante pour le faire réparer ! Tout va à vaux l'eau !


L'apothicaire du coin est un bel endroit pour qui veut sacrifier du temps et menues monnaies. On y trouve de tout: ingrédients divers et variés, boissons aphrodisiaques,, ou pas. Et un rayon lingerie qui ferait pâlir de jalousie toutes les commodes de mes amies sorcières. Ruban, dentelles, parures olé olé pour relations enflammées...


Le parking est bondé, carrosses, citrouilles, cercueils ambulants s'entassent... ce qui me promet des achats mouvementés au milieu de familles complètes, ou je vais devoir louvoyer entre les paniers des « gromelleux » sorciers sur le retour désagréables au possible, non patients à qui tout ou presque est dû de par leur « graaaande expérience », éviter du talon les sorciers en herbe qui se lance dans la lévitation d'objets pour la première fois.



Tenant fièrement en main, mon vieux canasson (des fois que l'idée farfelue viendrait à l'esprit d'un voleur, de me le chaparder en douce), j'amorce mon entrée dans la boutique, quand un drôle de gars se plante devant moi :


- Toi et ton balai, tu rentres pô !


Hein ? Il a dit quoi ? Il est qui, lui ? Pas dégonflée la sorcière, je me plante devant lui et le détaille ostensiblement de la tête au pied (je vais me gêner ! ), genre molosse patibulaire, pantalon noir, ranger's noires (coordonnées s'il vous plait) avec un tee shirt marqué CQ ! CQ ? C'est quoi comme marque à la con ça encore ? Un doute soudain m' habite....


- Comment ça, moi et mon balai on rentre pas !? C'est nouveau ça ?


- Ouaip... et pis y a une n'info sur la porte, qui dit... (je ne l'écoute déjà plus... je cherche la demoiselle sur la porte...)que les z'animaux et les balais ben y rentrent pas dans le magasin !


- Mais non, je ne veux pas, il vient avec moi ! Il est toujours venu avec moi !


Le molosse se met devant moi, bras croisés, mâchoires en avant version pitbull


- Ha Ben nan ! Il reste dehors ! Et si tu insistes, toi aussi !


- Et je fais mes achats comment ? Par télépathie ?


- M'en fous, c'est pas mon 'blème, mais ton balai y rentre pô ! Parce les balais, ça volent...


- Nan, ça vole pas ! N'importe quoi ! On n'a jamais vu un balai volé !


- Si ça vole j'te dis, et c'est chiant à attraper, et ça se perche dans des endroits pas possible ! Je passe des heures à les récupérer, parce qu'ils écoutent rien de ce qu'on leur dit. J'ai assez des chiards qui font léviter des articles dans tous les sens à m'occuper...C'est moi qui range !! Alors non, y rentre pô, j'ai dit !


Oups ! un instant ! On est pas sur la même longueur d'onde, ou plutôt sur la même longueur de vol...D'accord, il veut le jouer comme ça ? Je lui colles ma liste dans les mains et d'un ton péremptoire lui assène :


- Ok, on échange nos places, Tu joues ? Je garde la porte et mon balai, tu vas faire mes courses !


- J'peux pô , t'a pô le tee shirt réglementaire !


Mes yeux se posent sur son tee shirt... Réglementaire ça ? Pourquoi ? Soudain mon esprit s'illumine (comme quoi tout peut arriver). Rhooo la vache... CQ = SECURITE


« De fil et de coton...


De face et de dos,


Que son, devienne mon,


Sur mon dos, le même polo »


Paf, me voilà habillée d'un beau tee shirt noir CQ et le regarde d'un beau sourire, lui tendant toujours ma liste de courses, battu à plates coutures, il se rend et prend ma liste d'un air penaud en grommelant : « Fichue sorcière... » Je le vois qui se décompose à la lecture de ma tite liste. Humm... faut dire que je l'ai un poil gratinée rien que pour lui, que des trucs de fille !

Pour ma part, je me colle face à l'entrée, bras croisés, mon précieux balai dans les mains...


- hé ? Toi là-bas ? T'as pas de balai ? Ben tu rentres pô !

VENGEANCE !!!



mercredi 15 septembre 2010

L'Echo des sorcières !





L'écho des Sorcières (Édition de la lune Poivrée).



Chaque mois nous nous efforçons de mettre en avant une personnalité de notre monde de Faërie. Il était grand temps que nous nous occupions du cas : Maïa Luna !



Après des tours, des détours, nous avons réussi à attraper notre sorcière pour lui poser quelques questions. C'est au sortir du bois que nous l'avons surprise, très « nature », quelques fougères dans le décolleté, l'œil vif et brillant, la lippe rosée.



Si elle fut étonnée par notre apparition, elle ne tergiversa pas pour nous répondre :




  • Alors Maïa ? Où en êtes vous ?

  • Ben... Vous le voyez à la chasse aux champignons !

  • Pour une incantation ? Une préparation vengeresse ?
  • Nan ! Pour une omelette !
  • heu... Et votre quête, elle avance ?
  • Ça le fait, je me débrouille..
  • Nous suivons vos aventures de près, Callaghan vous donne du fil à retordre ! Une idée pour vous en débarrassez ?
  • C'est pas les idées qui me manquent ! Je fourbie mes armes !
  • Mais vous avez une bonne équipe avec vous, vous nous les présentez ?
  • Elorn le dragon, Philibert le mage, et R...
  • Le beau Ryan !! Ahhh (soupir de béatitude de la part de notre reporter) et vous en êtes où tous les deux ?

Maïa nous regarde interloquée, un éclair fugace traverse son regard :

  • Je ne comprends pas votre question !
  • C'est simple pourtant, vous et le mage Ryan avez une relation, de quelle nature est-elle ?
  • Biblique ?!

  • ??? Bon heu,,, Nous avons également entendu parler d'un loup, rencontré dans la forêt de Merlin... Il est quoi ?

  • Comme vous l'avez dit... Un loup ! Charmant d'ailleurs, et courtois avec ça.

Nous rajouta-t-elle d'un air narquois.


et Jack ? Qui est-il réellement ? Ami, amant ? Traitre ? On dit qu'il se serait servit de vous pour accéder au Grimoire des Anciens !

  • Les on-dits n'ont pas lieu d'être dans le coin, on leur jette des sorts s'ils trainent trop. Ils ne survivent pas longtemps les ont-dits par ici ! Je n'ai donné à Jack que ce j'ai bien voulue lui offrir...

Sur ces derniers mots, elle nous tourna le dos promptement et s'éloigna dans une envolée de crinière rousse.
  • Mais Maïa, nous n'avons pas fini...
  • Je n'ai rien à vous donner de plus !
  • Mais nos lecteurs ?!!
  • Désolée, votre temps est écoulé, j'ai un truc sur le chaudron, et je ne voudrais pas que ça colle au fond...



Nous la regardons regagner le sous bois, elle se détourna accompagnée d'un sourire pour rejoindre un bouquet de fougères légèrement remuant (?)

mardi 14 septembre 2010

BIENTOT EN LIBRAIRIE


Alors voilà... la couverture a été choisie... Et j'ai le plaisir de vous la présenter !!

Ne vous ruez pas tout de suite dans vos librairies préférées... La quête de Maïa, ne sortira qu'en Novembre...

Vous allez devoir faire comme moi... Cultivez la patience !
En attendant, je continue à vous livrer quelques nouvelles petites histoires !

lundi 23 août 2010

Un drink... Poupée ?



Jack m'a refait une de ses invitations... Qui disons le franchement ne se refuse pas ! Une soirée romantique sur sa goélette à regarder le soleil couchant sur l'île du crâne ! Allons que les jalouses me jettent la première pierre, si avouons le, cette invitation, n'est pas tentante.


Ma condition sinéquanone, était qu'il jette au moins pour la soirée son cerbère de Tim à la baille, et qu'il mette Bosco aux arrêts, que l'on est la soirée à nous, rien qu'à nous...Sans espions, sans ricanement, sans tourments !


Voulant lui rendre hommage, je me vêtis, d'un corsaire noir, un bustier blanc rempli de lacets et de dentelles (qui je le savais, lui démangerais les mimines toute la soirée), J'en profitais pour rajouter un superbe tricorne noir sur lequel flottait allègrement au gré du vent une plume blanche d'aigrette.




Mon célèbre pirate, me joua au premier abord, le gentleman indifférent... à l'œil pourtant égrillard. Un baise main claqua sur mon poignet dans un doux :


- Maïa ! Bonsoir, ravi sur mon navire de vous voir !


- Jack, mon Cher, tout le plaisir est pour moi, quelle vue, quelle voilure, quelle mature !!


A ces mots, le pirate ne se sentit plus de joie, et son corsaire d'un hoquet se déboutonna !! Son tricorne d'une main preste s'envola pour cacher à mes yeux, l'objet des délices.




- Hummm ! J'te sers un drink Poupéééée ? Me demanda-t-il d'un ton qui se voulait enjouer.


- Avec plaisir Pirate ! Qu'as tu dans tes tonneaux à me servir.


- Non point de tonneaux pour toi, ma Belle, ce soir quelque chose de plus raffiné, un élixir comme tu sais si bien les faire, mais aux saveurs encore plus troublantes …


- Tiens donc, tu te lances dans la sorcellerie ? Quel est donc son nom ?


- Doux orgasme !!


- Mazette tu m'en diras tant...(j'en profite pour lui claquer la main.... Qui l'air de rien commençait à vouloir s'égarer dans mes dentelles.) Goutons donc ce breuvage au nom si prometteur.


L'alcool à la saveur ambrée de rhum se glissa dans ma gorge pour y laisser dans un premier temps une langue de feu, puis la douceur des fruits apaisa cette tendre souffrance pour m'enivrer d'un parfum suave, Appuyée sur le bastingage, la croupe en arrière à mon avantage, je laissais une main câline, caresser le bois blond du plat bord. Les yeux perdus dans le vague, la mèche dans le vent, mon esprit malin, prit bien des détours et des chemins.


- un autre verre peut être ? Me demanda l'homme des mers, un sourire coquin aux coins des lèvres.


- Hum, j'hésite... Tu sais... Je sens que de cette boisson, il ne faut point abuser...


La soirée, se passa délicieusement, au gré d'une conversation poursuivie sur le ton badin, plusieurs drinks à la main... L'histoire de nos GRANDS amours....Sujet de conversation, il faut le dire, nous connaît drôlement bien !


Soudain, à mon grand effroi, je vis mon pirate, se jeter sur moi ! Diantre ! Ou donc est passé sa bienséance ? Il fut un temps, celui de nos amours, ou au moins, il daignait m'honorer de préliminaires ! J'avoue ! J'en étais choquée !


- Maïa !! Gme me sent pas biiiiien ! J'ai les dents du fond qui baignent … Houuuu la houle s'est levée, le bateau gîte drôlemeeeent !


- Jack ! Cesse de faire l'enfant, ôte tout de suite ton nez de mon décolleté !


- Me sens pas bien, j'ai envie de vooooomiiiir...




Grands Dieux, ais-je donc omis de vous le dire ???


Ce fameux pirate légendaire, ne buvait que du lait, à peine de temps en temps, une bière ! Donc forcément, point le rhum il n'aima....


Et c'est la mer qui eut son doux orgasme, quand l'homme aux hauts de coeur, le rhum rejeta.

jeudi 19 août 2010

Caliente



Je vois sa silhouette au loin dans le couchant du soleil, et la reconnait entre toute. Un frisson me parcoure de la tête aux pieds (il a toujours si bien sut me faire frissonner… Brrr).


Ryan s'approche de moi de sa démarche si féline, son regard vert me fixe. Ses yeux semblent m'hypnotiser. Je le regarde comme une noyée regarde une bouée. Je n’ose esquisser un geste, j’ai d’habitude, qu’il souffle le chaud et le froid en deux minutes vingt.


Il s'approche encore, un peu plus près… pour venir se frotter à moi. Sa main m’effleure le visage et me prend par la nuque, son front se pose sur le mien. Son autre main se glisse dans mon dos pour me coller entièrement contre lui. Je sens son souffle sur ma bouche quand il me chuchote dans un sourire :

- Je le savais !... Tu m’attendais… Tu es encore à moi Maïa !

Arrghh ! J'ai les jambes en coton et elles auraient la sale tendance à vouloir se dérober sous moi. Je louche presque tellement je fixe le regard de Ryan. Je vois sa bouche se rapprocher de plus en plus de la mienne, mes lèvres s'entrouvrent... Je suis dans l'attente... J’ai l’esprit aussi vide qu’une coquille de noix dans une mer déchainée par force huit.

D'un air canaille, il ose rajouter :

- N'oublie pas que je connais ton corps sur le bout de mes doigts et de ma langue ! Je sais comment te faire vibrer...

Je ne peux émettre qu'un faible et inaudible (me voici telle une guimauve, prête à me répandre):

- hooo Ryan...

Il en rajoute le salaud. Il sait qu'il est ma faiblesse. Y a pas à dire, ce mage à la manque, me connaît.

Hooooo… Son baiser ; sa bouche si suave, sa langue si... me laisse pantelant. Le souffle court, je me presse contre son corps, prête à me fondre en lui. Je sens l'envie qu'il a de moi. Ses mains en profitent pour parcourir mes formes et me font frissonner tout du long. Si, je ne me retenais pas, je serais capable là, d'avoir sur le champ un orgasme.

- Tu sais, que j'ai toujours autant envie de toi, dès que je te vois, ma jolie sorcière...

Il me rend complètement barjot. Je vais tomber en pâmoison. Il sourit largement sûr de son fait, et s'écarte de moi... J'ai froid ! Son corps me manque, le mien le réclame. Je suis tendue comme un string, prête à vibrer au moindre courant d'air.

Il recule nonchalamment, ses yeux me fixent avec une telle intensité... Sa superbe bouche s'entrouvre pour me parler. Il semble prêt enfin à m'avouer...

Je me sens aspirée en arrière ; paniquée, je tends les bras, mes mains veulent s'accrocher à quelque chose. Je ne peux pas partir comme ça. Ryan en profite pour disparaître dans un dernier sourire, un petit salut de la main. Aspirée dans un trou noir, je suis en transe, en sueur, de retour dans ma cellule.


Un ricanement s'élève derrière moi...

nb : Image / Le monde arbre d'Ysambre.

lundi 9 août 2010

Flamboyante !!



Diantre !! Cela fait une éternité que je n'ai pas trempée ma plume dans de l'encre pour inscrire sur mon grimoire quelques agréables tourments de ma vie quotidienne !!


Que voulez-vous ? Je ne peux pas être sur plusieurs balais à la fois ! Faire les soldes comme une forcenée, travailler d'arrache-pied pour gagner de quoi garnir le chaudron, et... A l'aube d'une quarantaine (qui me regarde arriver tranquillement avec une certaine avidité), je m'efforce de garder la tête haute et malgré mon parler d'homme des Mers, je m'efforce de conserver ma féminité jusqu'au bout des ongles (que je pense à vernir tous les 36 du mois)...


Point de savants tours de magie, juste quelques potions, histoire de combler non seulement les rides, mais aussi des cheveux blancs !! Et sur les cheveux roux, ça attaque dur !

Donc un matin, me voici en train de concocter quelques potions de couleurs, histoire de me raviver la mine, Ouais ! Bien mal m'en pris. Pourtant j'aurais du me méfier, une telle mésaventure était déjà arrivée à une de mes copines (la Blonde Ysa...).


Et vas-y que je mette du pourpre, de la carotte, un nuage de caramel. Je laisse macérer une nuit de pleine lune, j'applique sur mes cheveux aux racines blanches et laisse poser au pied de mon chêne centenaire, au moins cinq ululements de chouette. Ma chouette à moi, elle doit être suisse, car ses ululements sont du genre lents ! Au premier rayon de soleil levé, me voici en train de me rincer. Un bac d'eau, deux bacs d'eau... Au quatrième plus tard, mon étang privé me renvoi mon reflet...

Arrrgh !! J'illumine littéralement le paysage, le soleil se met à jouer dans ma tignasse comme un miroir sur le reflet de l'eau. Un vrai flamboyant !


Merdouille, et je suis de baptême ! Re-merdouille ! Je suis la marraine du petit trésor. Chiotte ! Désolée, c'est la panique à bord.


Dans la foulée, je me prends 3 douches d'affilées, histoire d'atténuer la couleur. Rien y fait, autant pisser dans un violon.


Suis à la bourre, j'enfile les premières hardes venues (humm choisies avec soin, durant deux jours, et assorties à mes escarpins de velours), et glisse à la hâte dans ma flamboyante chevelure un turban marron, qui j'espère atténuera mon illumination. Vol en balai effréné, forcément mèches qui se détortillent du turban et m'entoure le visage de carotte rouge.


Arrivée essoufflée sur le parvis de l'église (ou j'ai crû mourir étouffée, on a pas idée de me choisir moi comme marraine), où ma très chère Stélaphie m'accueille avec des yeux ronds comme une bille.


Je marmonne un :

    • ça va ! Je sais, ferme là !

Elle pouffe de rire, et s'exclame devant toute la famille réunie et abasourdie devant ma couleur :

    • Tu nous fais la retraite aux flambeaux ???

Seul réconfort, ma petite douceur, que je prends dans les bras, me regarde de ses yeux turquoises, fait un sourire (craquant) et entortille ses menottes dans mes mèches,


Et toc ! Vous savez ce qu'elle vous dit la retraite aux Flambeaux ?

jeudi 1 juillet 2010

Potions et Chaudrons



Plan en contre-plongée dans le labo....




Juste un halo de bougie qui éclaire une cornue. Dans le coin gauche du cellier, un chaudron glougloute de monstrueuses promesses...Une odeur insoutenable empuantie la pièce.


L’homme au regard en coin, au nez poilu, et aux talonnettes étincelantes prépare encore un mauvais plan. Il stresse à mort, de grosses gouttes de sueur perlent à son front. Ça fait trois fois qu'il recommence cette potion, il n'a plus d'ongles aux doigts, tellement il se les ait rongés d'anxiété. Il y a un truc qui va pas, ça ne marche pas, et il ne trouve pas d'où ça vient.




Devant lui, son grimoire. Un grimoire aux pages raturées, percées. L'homme est procédurier, il compte, recompte, coche des ingrédients utilisés. N'empêche qu'après la dernière plume de corbeau rajoutée, les trois gouttes de dragons jetées ; le chaudron et Callaghan y ont laissés des plumes. Le plafond dégoutte encore de la potion gluante. Les « ploc-ploc » des gouttes qui tombent sur le sol résonnent. Les araignées du coin gisent sur le dos, les pattes raides, elles n'ont pas survécus à la puanteur de la potion. Pour la énième fois, il reprend la lecture de la recette...


"- 3 gouttes de sang de dragon,


- 1 plume de corbeau aveugle,


- 5 cuillerées d'ongles de pied desséchés,


- 1 jus de citron pressé entre les cuisses,


- 3 cheveux d'un vampire assassiné une nuit sans lune (à mains nues),


- 1 goulée de rhum ambré (15 ans d'âge pas moinsssss)


Faire macérer durant quinze jours, filtrer à la pleine lune, mettre à chauffer dans une cornue consacrée un premier mai pluvieux, rajouter deux gouttes de sassafras, porter une étincelle, faire refroidir et faire boire en lisant la formule..."


- Ben je vois vraiment pas ce que j'ai pû oublier ? tout fonctionne jusqu'aux gouttes de sassafras. C'est frelaté ou bien ?




Bruits de bouteilles qu'on entrechoque, papier qu'on froisse. Bling !


- Hé merde !


Une dernière goutte tombe sur la chandelle "Ploc", l'obscurité se fait.