mercredi 30 décembre 2009

Un condensé de Maïa



Il est grand temps de faire le tour de cette petite histoire !

Nous avons rencontré Maïa Luna, jeune sorcière (ben quoi trentenaire certes, mais dynamique et jeune) aux rencontres nombreuses, goûteuses et variées, qui nous emporte loin dans ses aventures…

Les quêtes de Maïa ….( et pas qu’amoureuses les quêtes…). Tout a réellement commencé au décès de son pirate de père, ou elle appris qu’un héritage l’attendait. Ho pas un lopin de terre hein ? Nan ! Quelque chose d’un poil plus couillu ! Genre sauver le monde de Faërie ! En gros, risquer sa peau toutes les deux minutes vingt pour trouver un médaillon sur une île paumée ou notre sorcière bien aimée y laissa la moitié de sa garde-robe. A peine le temps de savourer son triomphe que la voici repartie à la recherche du grimoire des anciens ! Une vraie balade de santé.

Quelques compagnons pour agrémenter le tout, voilà son monde de Faërie…

L’incomparable Belzébuth, la bête, le chat de la maison. Noir comme du charbon (sorcière oblige… c’est pas du siamois ça Madame), Ce chat, un brin joueur n’a qu’un défaut majeur (et non des moindres) être en rut constant, dû à une immersion dans un élixir par catholique (limite païen le breuvage).

Jack Rackam ou la Flibuste : pirate des grands fonds, tourmenteur des cœurs, qui à maintes reprises mit notre sorcière dans son lit. Au demeurant innocentes aventures qui prirent une drôle de tournure quand l’héritage de Maïa rentra en ligne de compte.

Philibert Turlututu et sa tribu : Mage du 3ème niveau, guide des grimoires sacrés et ancestraux. Un brin bordélique dans ses explications, ses schémas… Il arrive malgré tout à se faire comprendre et aide notre sorcière du mieux qu’il peut !

Ryan l’âme damnée (enfin celle de Maïa), un mage de niveau 3, qui lui aussi mit Maïa dans sa couche. Une pseudo aventure qui coure depuis des lunes, n’en finit pas de recommencer et de se terminer ! Pfff… on y perd ses runes ! Toujours est-il que Ryan aide Maïa dans sa quête (ce qui en soit est quand même une belle chose).

Callaghan : l’ignoble, le gros mytho méchant de l’affaire ! Une horreur que ce mage tout mauve. Mesquin, arrogant, etc… De toutes les façons, c’est pas compliqué… Lui se qu’il voudrait c’est la peau de Maïa ! Heu... voir plus avant si affinités ! Cet olibrius est également le chef suprême de la guilde des mages dont Ryan et Philibert font partie.

Ha oui et non contente, d’avoir des amis «humains», notre sorcière s’est entichée d’un loup, un esprit lupin avec qui elle s’entend comme larron en foire… un protecteur dont elle a des visions bien définies ! Lors de son départ de l’île Luna, elle a même cru le voir se transformer en homme…

Dernièrement, elle a fait également connaissance Elorn, une gentille bestiole de cinq mètres de haut qui porte le pseudo de dragon. Un rien encombrant dans le sac de voyage, mais il est calé en runes…. On ne peut pas tout avoir.


Comment ça il n’y a pas d’autres femmes dans cette histoire ?! Meuh si ! Nanette compagnonne du premier jour, la douce Bérénice poétesse des mots, et Stélaphie (épouse de Philibert) qui est sur le point de donner le jour à une nouvelle petite sorcière !

Alors, on la continue cette histoire ??

Maïa !? Arrête de fêter cette nouvelle année, monte sur ton dragon, en avant pour de nouvelles aventures !

mercredi 23 décembre 2009

Soltice d'hiver !


Le peuple de Faërie et moi votre dévouée sorcière, vous souhaitons à tous :

Un Merveilleux et Joyeux Noël, rempli de magie, de pétillement dans vos regards et ceux que vous portez dans le coeur.

Nous nous retrouvons très bientôt pour de nouvelles aventures, remplies de délires, de fous rires. Nous vous promettons de grands moments...

Baisers enchantés de mon pays des Merveilles....

mercredi 16 décembre 2009

La Belle et son dragon



En y réfléchissant bien un dragon de plus de 5m de haut, rouge cramoisi et calé en runes, n’est pas négligeable. J’ai déjà bien un loup comme protecteur ! Pourquoi je n’aurais pas également un dragon. Et puis ça un sens pratique aussi, j’aurai du feu partout ou j’irais ! Bon je l’accorde un poil encombrant le briquet, mais quel chic !!!

- Hé ?! Tu penses à me détacher quand même ?

- Oups.. Heu oui ! C’est quoi le mode d’emploi ? Quelle formule a-t-il utilisé ?

- Un jargon quelconque de mage… pas une langue que je connais.

- Alors je procède comment ? J’y vais avec les dents ?

- Hooo t’as de l’humour toi ?! Si tu n’as pas l’incantation, une pierre peut nous aider. Une pierre de lune ou une améthyste !

- bah ça j’ai pas… Attends si ! J’ai une améthyste qui vient de mettre offerte, elle est dans mon sac.

Et je suis encore en train de farfouiller dans mon cabas, au bout d’une bonne dizaine de minutes, je ressors triomphante le collier offert auparavant dans la caverne aux fées par le drôle de personnage encapuchonné. L’améthyste a une couleur mauve laiteuse et flamboie doucement. Au fur et à mesure que je l’approche de la liane, la pierre devient d’un mauve parfait ou de fines veines blanches scintillent. La liane semble se désagréger sous le doux mouvement de balancier que je lui impose. Bientôt mon dragon est libre. Ha ben ça y est ! Je me l’approprie déjà ! Il en profite pour s’ébrouer et s’étirer… Diable ! la bête est grande !! Je me sent ridiculement minuscule.

- Merci tendre sorcière, je savais que ton cœur est bon ! Allez grimpe, je t’emmène jusqu’aux trônes.

- Bon et si on faisait les présentations avant d’aller plus loin…

- Toi c’est Maïa et moi c’est Erlon. Et oui, j’ai entendue parler de toi , pourquoi crois-tu que Callaghan m’est entravé ?

- C’est vrai ça ? Pourquoi ne t’a-t-il pas tué ?

- Ce n’est pas un chevalier au cœur pur !

C’est plus fort que moi, j’éclate de rire ! Un chevalier au cœur pur ! Comme si on trouve ça sous le sabot d’un cheval. Callaghan est loin déjà d’être un chevalier… quand à avoir le cœur pur, c’est une autre paire de manche !

- Ne pouvant me tuer, il a fait en sorte de ralentir ta quête.

Je ne peux m’empêcher de regarder par-dessus mon épaule pour vérifier qu’il n’y ait pas deux yeux sadiques qui me lorgnent de loin.

- Allez à cheval Maïa, je t’offre un vol en première classe, direction les trônes.

Le "à cheval" me laisse goguenarde, l’expression favorite de Jack quand il passe à l’acte ! Ce dragon a un humour fou… Quoique là, la taille du cheval m’impressionne fort. Je ne sais vraiment pas par quel bout faire mon approche. Délicatement Erlon se couche à mes pieds, et me propose sa patte avant comme marchepied. Je connais quelques chevaliers qui pourraient en prendre de la graine !

Autant un vol en balai est silencieux, autant un vol en dragon est.. Comment dire ? Décoiffant ! entre les turbulences que les ailes provoquent, et leur puissant « Wouf…Woufff », j’en suis ébaubie. Mais quel vol, quelle puissance ! Mon balai en est jaloux !! Erlon en profite pour m’en mettre plein les yeux, nous montons jusque dans les nuages, pour redescendre en piqué vertigineux jusqu’aux trônes, il passe une première fois au-dessus, amorce un demi-tour (sur la tranche) et redescend en raz pâquerette. Pourvu qu’il maîtrise l’atterrissage ! Et hop ! Sans un soubresaut, un cafouillage quelconque, nous voilà posés comme une fleur sur le plancher des moutons.

Face à moi, les trois trônes. Taillés dans le granit, le plus grand, le plus haut est sculpté sur tout le pourtour d’une frise de lierre, le second à droite est décoré de nœud celtique, le troisième à gauche à une étoile du sud sur le dossier, ainsi qu’un bateau sur l’assise. Le pouvoir de la triade ! Alors que je m’approche, j’aperçois le texte en runes qui couvre le dossier du trône au lierre. Mmmoui ! Des runes ! Et Philibert est plutôt loin, j’espère que Erlon est vraiment calé, parce qu’hormis une rune ou deux que je reconnais et traduis, le reste est un énorme charabia pour moi.

- Erlon ? Tu sais vraiment les lire ? Parce que là, c’est énorme !

- Humm ? Oui c’est un charme, tu reconnais la rune principale ?

- Ho que oui.. La rune de deuil, le deuil que l’on porte, mais aussi les changements de saisons. La nature du changement, l’avatar du destin.

- Houuu calée la sorcière ! Oui c’est tout à fait ça, ce charme est le bouclier de l’histoire, le chaudron de la tradition.

- Allez, tu me le lis ?

- Ce que la marée donne en cadeau, Le reflux l’enlève de tes mains. Je ne chante pas de chansons mielleuses. Mes cheveux sont blanchis par l’âge, Il n’est pas dur de vivre sous terre.

La voix de Erlon résonne, l’écho du cirque de pierre qui nous entoure s’empare des derniers mots : vivre sous terre… sous terre…terre…

jeudi 10 décembre 2009

"Vous êtes arrivée !"



Malgré les nombreuses pensées qui m’obstruent l’esprit, je commence à en avoir sérieusement assez de ce tunnel, de l’inconnu qui m’attend, de ce fichu grimoire et tout ce qui va avec ! Ok je vais passer pour une râleuse de première… mais j’m’en fous ! Être sur le qui-vive vingt quatre heures sur vingt quatre, c’est vraiment pas la panacée ! Soudain une luminosité envahie l’obscurité du tunnel, une pensée m’arrive dessus aussi soudainement la lumière…

- que va-t-il encore me tomber dessus ?

Rien ! Non pas rien, il n’y a rien… Mais rien ne me tomba dessus (dans un premier temps). Décrire le paysage serait …. Bon d’accord j’essaye ! Donc une sortie de tunnel… qui donne sur… sur… comment dire ? Heu.. Une plate forme creusée dans la roche, qui.. Qui surplombe un énorme labyrinthe également creusée dans la roche ! Rectifications ! en m’approchant, je m’aperçois que le vide est sans fin dans ce que je croyais être le labyrinthe… Donc il va falloir que je saute d’une pierre à l’autre sans tomber ! Génial !! Tout s’arrange ! Tout ça pour atteindre un endroit ou trois trônes se dressent avec ce que je reconnais être à côté l’arbre de vie… Bon la bonne chose c’est que j’ai le parcours devant les yeux, je sais désormais à quoi m’attendre. La mauvaise c’est le petit panneau qui se dresse devant moi :

Vous êtes arrivée

Le val sans retour est à vos pieds,

Attention ou vous les posez

Aucun écart ne sera pardonné !!


Une sorcière avertie en vaut deux. Ça ne rigole plus les gars ! Pourtant j’ai dans l’esprit d’avoir déjà vu ce paysage, un éclair de génie me traverse, ça y est… je sais où ? Je tire le médaillon de mon baluchon, la face de la lune, tout y est gravé… ha ben non ! Pas le panneau d‘avertissement. Si seulement mon médaillon il pouvait se transformer en tapis volant !! Tant pis, vaille que vaille je dois m’y tenir. Il ne sera pas dit que j’aurais flancher devant un si petit obstacle. Quoique… L’idée de jouer la fille de l’air m’effleure.

-Hummm… Hummm… Si tu pouvais faire quelque chose pour moi avant d’y aller, ça m’arrangerait!!!

Une fois de plus, je sursaute au son de la voix. Grave, basse, tel un ronronnement, un grondement… Un sourire nait sur mes lèvres. Serait-ce mon Loup ?

- Waaaow ! Alors ça ?! Heu… vous êtes ?

Au fur et à mesure de ma découverte, je suis obligée de lever la tête très très haut pour parvenir à croiser le regard de…

- un dragon ! Draco Occidentalis Magnus…

- oui merci ! Ça je le vois bien.. Mais vous êtes qui ? Eliott ?

Moi et mes conneries ! J’espère qu’il a de l’humour ce dragon…Je remarque qu’il a les pattes entravées par ce qu’on appelle la liane cloueuse (mélange d’argent, de magie), elle envoûte et cloue au sol n’importe quel personnage de Faërie. On ne peut l’ôter qu’à certaines conditions.Ça y est j’ai encore le ciboulot qui se met à carburer à cent à l’heure. S’il est là c’est pas par hasard.. Gentil ? Méchant ?

-Gentil ! Un des derniers de mon espèce, tu sais fort bien que les dragons sont les compagnons des sorcières !

- Heu.. Vous étiez… les animaux de compagnie !! Mais au plus fort des temps ancestraux vous comme nous ont été bannis ou tués par les chevaliers et l’inquisition. C’est pour ça que nous nous sommes rabattus sur les chats noirs.

- Gnourrf ! Animaux de compagnie ?! Nous vous servions davantage qu’un de vos chats noirs peut le faire. Nous sommes dignes, fidèles et courageux !

Aïe ! Il a dans le regard des flammes, et son mufle devient fumeux, c’est sûr, je vais finir griller comme une vulgaire sorcière, et sans bûcher ! Le comble !

- C’est pas faux ! Mais n’empêche que là, c’est moi qui suis en liberté, et vous qui êtes entravés.

Et toc ! On n’a pas gardé les cochons ensemble, d’où se permet-il de me tutoyer… Et moi je n’arrive qu’à le vouvoyer ! Tout ça parce que graver dans ma peau.. L’énorme respect ancestral pour les dragons. Merci la famille !

- Callaghan ? Ça te parle ? C’est lui qui m’a fait ça ! Je suis ici pour guider l’héritière. Et puis, comme tu le sais, les dragons sont hyper calés en runes !

Un point pour Eliott ! C’est pas possible ça ! Je vais me retrouver avec un véritable bestiaire ! 

dimanche 29 novembre 2009

La marque de Maia

Au fur et mesure que je m’éloignais dans le passage souterrain, je n’en finissais plus de me poser des questions sur le mystérieux personnage que j’avais rencontré. Je ressentis une furieuse envie de me gratouiller le bas du dos. Je passais ma main dessus et en eu un soulagement certain.

Le gratouillement repris de plus belle. Mais c’est pas possible, j’ai choppé des puces ou quoi ? Je finis par poser tout mon barda par terre, pour m’ôter mes oripeaux et voir de plus près ce qui me démangeait. A force de contorsions, je réussies à découvrir ce qui me chatouillait gentiment….

14 ans plus tôt…

- Maïa ! Il est temps pour toi, d’avoir les marques de notre appartenance, il faut que tu le fasses sans tarder.

- Oui, je sais… Mais on peut pas faire autrement c’est sur ?

- Non, il faut en passer par là, tu le sais, tu as crée ta marque, donc on y va…

Je me retrouvais dans une cave aux murs de pierre et arcades coutées, ou quelques chandeliers faisaient une lumière tremblotante. Des ombre mouvantes parcouraient le sol et le plafond. Sur une grande table monastère, des coupelles remplies de pigments de couleur, tout un tas d’ustensiles qui me parurent plus barbares les uns que les autres. Il fallut me pousser pour que j’approche de la table. Un grand type style viking apparut comme par enchantement. Je jetais un coup d’œil sur ses mains… heu devrais-je dire plutôt paluches ? Battoirs ? Je suis sur que d’une main, il me couvrait la moitié du dos !

- ça y est, elle est prête ? Donne moi ton modèle Maïa, et installe toi.

Je lui tendis mon dessin d’un geste tremblant, cherchant du regard le moindre échappatoire...en vain ! D’un geste ferme, mon viking me posa la paluche sur l’épaule et me fit assoir de force sur le tabouret face à la table.

- Vaudrait mieux que tu ôtes ton pull, sinon c’est moi qui le fais, et je vais pas être des plus doux, j’ai pas de temps à perdre !

Sous l’emprise de son ton autoritaire, je restais coite et obéissante, je ne voulais surtout pas le provoquer…histoire de risquer une taloche qui m’assommerait sans coup férir. Du coin de l’œil (inquiet le coup d’œil), je le vis préparer un instrument barbare qui se mit à faire un vrombissement de tous les diables. Il y ajouta le pigment noir.

- t’es sûre que tu le veux dans le bas du dos ? T’es pas épaisse ma fille, tu vas morfler grave !

- Heu.. O..ui. Je ne veux pas qu’on la voit. Seuls quelques privilégiés la découvriront.

- Hum à ta guise ! Respire profondément et serres les dents. Et surtout ne gigote pas !

- mmm mmmm…

Pour serrer les dents, je les serres, et tout ce que j’ai à serrer d’ailleurs. Le vrombissement se rapproche de moi, je sens une main glacée qui se pose sur mon dos et malgré moi fais un sursaut.

- Bouge pas, j’te dis !

Et c’est parti… au début, hormis un grattement, je ne ressens rien, je suis rassurée… Trop forte la fille !! puis la douleur s’installe et irradie dans tout le bas du dos.

On dit que les grandes douleurs sont muettes !! Heu oui certainement celles de l’âme, parce que celle là de douleur, je l’ai HURLEE !! Cette histoire a durée quatre heures, durant lesquelles j’ai appelée ma mère, mes amis, au secours ! Tout ça pour la marque du clan au creux des reins.

Une pensée pour les tribus qui se font encore tatouer à l’ancienne, dents de requin ou aiguilles dans le bouchon. Et dire que les Maoris en font sur tout le corps. Ils sont dingues.

Moi qui est une sainte horreur des aiguilles, que dis-je une trouille bleue de tout ce qui se pique dans la peau, je me suis fais tatouée. IMPENSABLE ! Mais je l’avais fait. En couleur de mieux ! Ouaiiiis. Je l’avais au moins pour toute la vie ! Ben non, au bout de 3 ans, les jolies couleurs se sont envolées.

- t’as la peau acide Cocotte ! Tu me bouffes les pigments, faut tout refaire. Z’êtes chiantes les sorcières avec ça !

Et c’est reparti… douleurs.. Pleurs…couleurs…

En repassant ma main sur mon tatouage, la petite fée qui y est installée, se mit à frémir et à battre des ailes. Elle semblait se réveiller d’un long sommeil. J’étais interloquée…

- Ha non ! J’en ai pas chiée comme une malade pour que tu te fasses la belle, tout ça parce que tu as des copines dans le coin ! Je ne t’ai pas créer pour que tu te sauves, mais pour que tu me protèges. Tiens toi le pour dit !

Le chatouillis cessa instantanément. Elle se replaça, un dernier regard et se rendormit.

Le grand PRIX



Dame Sco et Jack m’ont tagués conjointement (ils en rêvent), du prix


THE 2009 BLOGGER APPRECIATION AWARD !


C’est dingue !! - 1 je ne savais pas que cela existait et 2 - j’étais loin de penser que je le méritais !!

Il faut bien sûr se plier aux 7 conditions pour l’avoir complètement, je m’y plie de bonne grâce, sachant pertinemment que je ne pourrais en remplir une….

Remerciements : Sco’, Jack, je vous en remercie du fond du cœur, vous me touchez par ce geste…Vos liens sont : http://lespetitssecretsdedamescoffield.blogspot.com pour Dame Sco’ (notre grande tueuse à gage) et : http://rackhamjack-lerouge.blogspot.com pour Jack (le pirate au grand cœur)


Raconter 7 choses inconnues de vous sur moi : je vais m’y atteler !


Et là, ou je vais être très nulle, c’est que le peu d’amis(es) blogueurs que j’ai ont déjà été tagués !! Arghh ! Me voilà bien ennuyée !! Je vais quand même vous les citer…

Cat : http://ainsisoitelle.blogspot.com/

Bérénice : http://berenicecarpediem.blogspot.com/

Ysa : http://mondysa.blogspot.com/

Charles : http://monjardinsecretvraimenttressecret.blogspot.com/

Colombine : http://elle-c-dit.blogspot.com/

Bon c’est là que ça se complique… les sept choses sur moi…

1- Je suis une grande phobique (et encore le mot n’est pas assez fort) du monde médical, hospitalier…Peut-être parce que je suis passée une dizaine de fois sur le billard dont deux qui m’ont sauvées la vie. C’est plus fort que moi je panique dès que j’ai une aiguille à portée de regard, une infirmière ou un médecin dans la pièce que moi (et pourtant je les admires du plus profond de mon cœur).

2- Un poil hyperactive, j’ai toujours un projet sur le feu. Plus j’ai d’occupations, de travail, mieux je suis. Et pourtant mon boulot me prend 95% de mon temps !

3- Pour me calmer je pratique le cerf-volant… ça peut vous paraître bizarre, mais ça me calme, me détend. À force de piquer les cerfs-volants de mes amis, ils ont finis par m’offrir mon jouet… une aile delta qui a une force de traction de 90 kilos (moi je n’en fais que 50 toute mouillée) et une résistance au vent de force 4. Inutile de vous dire que je peux faire de beaux vols… (ça compense mon balai).

4-Il paraîtrait que je suis un brin autoritaire ! Enfin c’est-ce qui ce murmure… C’est vrai, je le reconnais. C’est comme j’ai décidé. Peut être est-ce à force d’avoir grandie, évoluée dans un univers uniquement masculin. Je crois que je tiens aussi du tempérament de mon père.

5- Pour mes amis je donnerais tout, je n’en ai pas beaucoup, ils se résument à 7 personnes, mais notre amitié dure pour certains depuis plus de 20 ans. Ils ont partagés ma vie, m’ont suivies dans mes délires, mes déménagements et maintenant dans l’aventure de Maïa… J’adore les réunir, et les voir rire !

6- l’écriture est un bon exutoire pour moi. J’y fais passer, mes joies, mes peines, mes espoirs et des déceptions. J’ai mis longtemps à trouver le personnage de Maïa (Jack m’a donné un bon coup de pied au c… pour que je fasses ce blog), et je l’avoue, ce serait un rêve de la voir un jour chez les libraires.

7- J’ai un mari adorable que j’aime par-dessus tout et qui a le pouvoir surhumain de me supporter…mes délires, mes caprices, mes joies et mes peines. Peut-être le vrai sens du mot mariage.

Voilà à quoi je me résume… Et puis je pourrais en rajouter un aussi, j’ai découvert l’univers des blogs ou quelques amitiés se sont liées.

De sacrés personnages !

mercredi 25 novembre 2009

Le plan a deux balles

Tandis que Maïa s’enfonçait plus profondément dans la grotte, une feuille au vent voletait, de ci, de là, s’accrochant durant un court instant à une branche de sapin, pour dans un nouveau souffle s’élever vers la montagne toute proche. Alors que la feuille prenait un nouvel envol, une main griffue surgit d’une cache pour s’en emparer…

- Gnark..gnark..gnark… Qu’elle est donc cette précieuse chose que tu as laissée s’envoler Maïa ?
Triturant la feuille froissée et passablement raturée :
- Damned ! L’écriture de Philibert ! Cette garce de sorcière s’est acoquinée avec mon ancien bras droit… Je les pulvériserais tous les deux, les faisant souffrir de mille morts…. Je…Je… TOUSSS TOUSSS.
Callaghan l’infâme passait par toutes les couleurs de l’arc en ciel pour réussir à trouver un peu d’air. Au bout de quelques instants, il reprit son souffle, regardant mieux la feuille portée par le vent.
- Hummm, changera pas celui-là toujours à nous faire des plans à deux balles qui ne veulent rien dire….C’est quoi un graphique ? Le médaillon.. Moui.. La constellation Maïa.. Elle l’a fait… Ryan ? NOOooon !!! Ce maudit aussi ? Elle les aura donc tous à sa botte ?! Mais que leur fait-elle pour qu’ils se rallient comme ça à sa cause ? Et puis ce loup là ? C’est qui ? C’est quoi ? Ha Jack… Mon ami et son précieux bateau…

Se dirigeant vers sa boule de cristal, il entrevit au-delà de la brume, Maïa qui parlait à une ombre encapuchonnée.
- Qui c'est celle là encore ? Non mais c’est pas vrai ! Va y avoir encore beaucoup de monde comme ça qui vont débarquer ? C’est ma quête ! Mon grimoire !!! PERSONNE NE L’AURA VOUS ENTENDEZ… C’EST MOI QUI DETIENT LE POUVOIR DU GRIMOIRE ! Je serais le roi du monde.. Tout le monde sera à mes pieds, je régnerais en maître ! Je déciderais de qui vit, qui meurt…

Un courant d’air s’introduit dans la cache, prétextant l’innocence d’un air léger, fait la feuille se soulever… et reprendre sa liberté.

lundi 23 novembre 2009

Rencontre




J’eu à peine le temps de récupérer le médaillon que le pic du diable s’est affaissé. Je vais avoir du mal à expliquer pourquoi une partie du paysage a été modifiée du jour au lendemain. Au moment ou je sautais à travers la porte, je me demandais bien sur quoi j’allais tomber.

- Bienvenue dans mon monde jeune sorcière ! Il y a fort longtemps que je n’ai vu âme qui vive passer cette porte. Viens donc près de moi, ta compagnie me fera du bien.

La voix d’outre-tombe rebondit sur les murs, je n’arrive pas à définir d’où elle vient. La nuit opaque s’est transformée en lueur grisâtre ; je ne peux qu’avancer, la porte par laquelle je suis entré s’est effacée. Il fait froid et humide, je sens l’eau qui suinte sur les murs, quelques ruissèlements se font entendre. Au sol, là ou doivent se tenir mes pieds, je ne vois qu’une nappe de brouillard. En gros j’avance à l’aveuglette ; d’un pas hésitant, redoutant la moindre chausse-trappe qui me jetterait dans un cachot humide.

- Avance donc, tu ne crains rien, viens te réchauffer auprès de mon foyer.

Au détour d’un rocher je découvre… une grotte immense peuplée de fleurs lumineuses, d’arbres gigantesques, une cascade surplombe pour tomber dans un lac d’un bleu intense. Sur la berge, un feu est allumé sur lequel se penche une silhouette encapuchonnée. Celle-ci me tend une main avenante et m’invite à la rejoindre.

- Haaa.. Te voilà Maïa !

Bon ça c’est fait ! pas besoin de faire les présentations, on sait déjà qui je suis. Posant mon sac et mon balai, je m’installe face au feu et à mon drôle de personnage. Sous la capuche, je ne vois que deux yeux qui scintillent, je n’arrive pas à distinguer de visage.

- Merci.. Et vous êtes ?

- Ton destin ? Ton avenir ? Ton Juge ?… Un peu les trois surement.

Je suis prévenue, ça ne va pas être une partie de rire. Si je dois être jugée sur mes actions, on va me désigner coupable d’office c’est sûr ! Le bûcher va m’accueillir ! Bel avenir !

- Ton avenir te fait du souci ? Pas de bûcher pour toi ! N’oublie pas que tu as de grimoire des anciens à retrouver. Certes, ça ne va pas être une partie de plaisir, mais tu y arriveras.

Je grince des dents sur la partie de plaisir. Je m’en serais douté que ça n’allait pas être du gâteau ! Un éclat lumineux près d’une fleur attire mon regard. Une fée minuscule volète de fleur en fleur… En y regardant mieux, ça grouille de fées et d’elfes, tous affairés auprès de la nature luxuriante. Pour un peu, j’en aurais la mâchoire qui tombe. Je regarde mon hôte d’un air ébahi ; dans la capuche, j’aperçois un sourire étincelant. Je suis dans le monde du petit peuple.

- Hé oui ! Tout n’est pas légende ! Si toi et tes amis existent, le petit peuple aussi. Et tu as les yeux et le cœur pour les voir. Ils t’aideront dans ta quête… Tout ce qui est légende te soutiendra. Certains te mettront à l’épreuve.

- Moui … Seule contre tous !

- C’est là ou tu fais erreur, tu n’es pas seule ! Tu as déjà sut t’entourer de puissants alliés, Jack le pirate, Ryan un des mages les plus puissants, Turlututu ton guide… et le monde lupin, le loup. Ta plus grande protection est le médaillon, il t’aide à développer tes pouvoirs, c’est ta carte jusqu’au grimoire.

- Le fameux grimoire des anciens ?! Qui il y a-t-il dedans ?

- Oui celui là même, tout le savoir de Faërie, la protection de nos mondes… Celui dont Callaghan veut s’emparer. Tu dois le trouver pour le protéger.

- Attends, il se protège tout seul, puisque personne ne sait ou il se trouve, non ? Pourquoi j’irais batailler à le chercher…

- Callaghan est sur sa piste, il s’en approche, et il te surveille, tu détiens des éléments qu’il n’a pas…

Ça ne me dit rien qui vaille cette affaire. Jusqu’à présent, Callaghan je n’en avais fait qu’une bouchée, mais connaissant son esprit retors et revanchard, je me doutais bien qu’il n’allait pas s’en tenir là, surtout s’il voulait détenir le monde de Faërie dans ses tites mimines poilues !!

- Prends cette pierre, elle te protègera en chemin. Elle te reliera aux éléments. Et va… Plus loin on t’attend.

Sertie dans un tourbillon d’argent, une améthyste douce et laiteuse se balançait au bout d’un cordon de cuir. Laissant mon étrange hôte au coin de son feu, mon balai, son sac, ma pierre et moi reprenons notre chemin pour continuer notre chemin...

jeudi 19 novembre 2009

la porte des deux mondes



Le sort en est jeté ! Faut plutôt être tordu pour venir gravé dans la roche une telle citation… Je me demande combien de pèlerin ont eu l’occasion de la voir celle-là. Message de bienvenue ? Avertissement ? Je pencherais volontiers pour le second. Je laisse courir mes doigts sur la gravure, profonde, régulière, glacée. Un vrai boulot de pro ou de sorcier. J’aurai préféré un panneau de bienvenue : « Le pic du Diable vous accueille pour le meilleur comme pour le pire. A vous de juger ».

- Au Pic du Diable, c’est dans le coin : les parole de Philibert me résonnent encore à mes oreilles ! Ben j’y suis au Pic du Diable, mieux que ça même SUR le pic du diable ! Le vent me hurle toujours dans les oreilles, et il n’est pas du genre sympathique, s’il pouvait je crois bien qu’il me clouerait à terre. Et ces environs là sont plutôt du genre vaste, je culmine le paysage de plus de 1 500 mètres d’altitude.

J’ai beau écarquillée les yeux dans tous les sens, je ne vois rien d’autre que le paysage désolé de ces montagnes enneigées. Je sors de mon sac à dos, les fameux papiers de Philibert, il doit bien y avoir quelque chose sur le pic du Diable… un coup de vent éparpille les feuillets qui s’envolent dans un bel élan. J’en rattrape la plupart, mais un se sauve en catimini au dessus du vide.

- Merde, j’espère que c’était pas le plus important…

- ….portant : me répond l’écho.

Au milieu de ce fatras, je trouve un mot sur une porte qui s’ouvre sur un autre monde, une incantation à ajouter, et le tour est joué. J’ai fait trois fois le tour du pic, je n’ai rien vu, ni porte, ni grotte. Hormis, des pierres, des rochers, une herbe folle. Et je me vois mal appuyer sur chaque pierre ou rocher pour voir s’il y a un mécanisme d‘ouverture… Bon autant s’en remettre à la magie.

-Vérité des mondes, qu’apparaisse dans l’ombre

la porte des éléments, qu’elle s’ouvre sans tourment

Pour me faire entrer, dans l’antre des oubliés.

Murmure de mots anciens … Un grand calme résonne, plus de vent. Plus de hurlement. Je refais un tour pour voir s’il y a eu changement. Malgré moi, je suis surprise…À côté du Pic, soudain apparait une sorte de grotte, fermé par une lourde porte. Non pas que je doute de la magie des mots, mais ça me surprend à chaque fois. La porte est en bois, elle est usée, patinée par le temps, les intempéries semblent avoir eu le dessus sur elle. Fermée ! J’ai beau vouloir la secouer dans tous les sens, m’arque bouter sur elle, elle ne bouge pas d’un millimètre. Rien n’y fait. Son usure n’est que semblant. Pas de poignée, de serrure. Encore un dilemme ! Je jette un coup œil entre les planches disjointes. Je ne vois rien, l’obscurité derrière est telle, que je ne distingue que dalle de ce qui pourrait m’attendre. Une idée à la con me traverse l’esprit.

- Sésame ! Ouvre toi !

J’éclate de rire, l’écho en profite pour s’en emparer et faire résonner mon rire dans les montagnes. Brrr : ça devient sinistre au fur et à mesure que cela se répète.

Je pourrais prendre de l’élan pour me jeter contre cette foutue porte, mais hormis y laisser mon épaule, je sais pertinemment que cela ne servirait à rien. Je farfouille dans les papiers de Philibert. Dans l’obscurité du sac, mon médaillon se met à flamboyer, je le saisis et le sors à la lumière. Mes yeux se posent sur la porte, dans une pierre, un rond se forme. Trop facile ! Pile poil la forme du médaillon. Pas le temps de réfléchir, mes gestes se font plus vite que mes pensées, en un clic, le médaillon est posé. Une aura bleue-verte se forme sur la porte, une odeur de souffre m’emprisonne le nez, et me fait monter les larmes aux yeux. Dans un grincement de gonds, la porte s’entrouvre doucement pour finir par s’ouvrir vivement dans un claquement. Le sol en vibre, des pierres se détachent du fronton, des lézardes apparaissent sur le sol. Deux choses l’une, ou je me jette dans la gueule du diable, ou je trépasse dans une éboulement sans précédent du Pic. La raison emporte l’esprit, je saute a pieds joints dans l’antre obscure qui me tend les bras.

samedi 14 novembre 2009

Au pied du pic


La nuit fut courte, entrecoupée de rêves, de réflexions. Tout le monde savait ou j’allais et ce qui m’y attendais ! Moi je restais dans le flou artistique le plus complet… Pourquoi me pressaient-ils tous autant ? Et surtout ce silence sur ce que j’allais vivre ou combattre…sauver notre monde de magie. Faire en sorte que les forces s’équilibrent, que les éléments reprennent leur place...

Mais la grande question demeurait : pourquoi moi ? C’est vrai quoi ? J’ai rien demandée ! Suis pas la meilleure, ni la plus grande des sorcières. Je ne suis pas un modèle de vertus (loin s’en faut), plutôt du genre grosse fêtarde. Ma ligne de conduite est farfelue à outrance, outrepassant et bafouant allègrement les commandements de la guilde des sorcières ! Je batifole dans le monde de la piraterie (Jack) et celui des mages (Ryan), sans compter mon bras droit Philibert, mage et gardien des grimoires…

J’ai dû naître avec sur une fesse estampillée : C’est elle qui le fera !

Toc..Toc..Toc…

- Levez vous mon petit, vous prenez du retard, votre mâtinel est servit…

- Humm ?! Oui j’arrive !

Je me renfonce dans ma couette douillette et éventuellement dans les bras de…Ryan. Doux souvenirs… Gnourrf ! Faut que je me secoue. Pas de temps pour la nostalgie !

Effectivement un petit déjeuner pantagruélique m’attend, si j’arrive à décoller une fois avaler tout ça, ce sera un coup de bol. Mon hôtesse arrive avec un chargement de fourrures.

- Pour vous protéger du froid ! Les meilleures qui soient ! Ours, Loup, lynx, rien de tel pour ne pas sentir la froidure du blizzard.

Ma main s’égare sur les fourrures, douces, somptueuses, chaudes. Une bouffée de colère me prend à la gorge. Aussi tentantes qu’ elles peuvent être, je ne vais pas me couvrir d’un animal… Et du loup encore de mieux. On aura tout vu !

- NON ! S’il faut j’irais nue, mais hors de question de me coller du poil d’animaux sur moi. J’ai un ami Loup, suis pas sûre qu’il apprécie la plaisanterie.

- Si vous voulez mourir de froid mon enfant, c’est votre affaire !

« Mon petit », mon « enfant », son côté maternel commence sérieusement à me pomper l’air ! J’avale une dernière gorgée de café, prend mon paquetage.

- Allez, je vous remercie bien pour votre accueil, mais il est grand temps que je reparte, préparez moi la note s’il vous plait.

- Non.. Non… On verra ça à votre retour, mon enfant…..

- Hoooo ! Je vous remercie !

Là-dessus, je prends la porte. Un froid et un brouillard à couper au couteau m’attend.

- Ouais… Si vous en revenez ! Me jette ma bonne hôtesse avant que je referme la porte.

En haussant les épaules, je grimpe sur mon balai et décolle. Je n’y vois goutte ! J’entends une cascade pas loin, je tire sur mon balai pour grimper à la verticale, passée le brouillard et les nuages, le pic m’attend, les alentours sont sinistres. Plus âmes qui vivent ! Même pas un piaf pour me chanter une ritournelle, quel accueil.

Lorsque je pose pied à terre, un hurlement sinistre se fait entendre, mes poils se hérissent, le vent s’enroule en hurlant autour de la pointe, la terre tremble, les pierres roulent.

Sur le roc gravé : Aléa Jacta est.

Me voilà prévenue :

Le sort en est jeté.

jeudi 12 novembre 2009

balade de santé


A peine le temps de refaire mon paquetage… Si Jack était un sorcier, cela se saurait ! Et mes fameuses fioles, ne serait pas un laxatif, un somnifère, et autres médications du même acabit ! Non mais je vous jure hein ?!, c’est vrai que dans le trou du cul du monde, ça va me servir ?

Philibert en a profité pour me fourguer son cahier plein de flèches, de diagrammes, de tableaux. Juste le temps de faire un trait d’humour pour lui demander s’il avait le petit lexique de décryptage (je n’eus droit qu’à son regard noir !), et me voici grimpée sur mon balai, direction ???

Hé mais c’est vrai ça ? Je vais où au juste ? Suis pas équipée Tom-tom moi, la seule carte dont je dispose est le médaillon -face lune, et l’endroit n’est pas désigné du tout. J’ai pas le plan de « vous êtes ici… et vous allez là ».

- File vers le Nord pendant 3 jours !! Me crie Jack

- Oui ! Dès que tu vois la pointe du Diable, tu t’y arrêtes, ça devrait être dans le coin, rajoute Philibert.

Ben tiens ! Trois jours de vol de balai, que du bonheur ! Et puis la pointe du Diable, ça doit être sympa comme étape, il doit y avoir une chambre d’hôte dans le coin. Heureusement mon balai tient le coup, et file à toute vitesse à travers les airs. J’en profite pour coller la panique dans un vol de grues. Traverser leur vol en flèche les laissent un moment déconcertées, désorganisées. Mais moi, j’avoue ça me fait rire ! On s’occupe comme on peut.

Brrr, les nuits sont plutôt fraîches, heureusement sur ma route, je rencontre quelques consœurs qui m’ouvrent leur maison, et m’hébergent le temps d’une nuit. Une bonne occasion d’avoir les derniers potins du jour, de donner des nouvelles, et de raconter mon aventure. Enfin plutôt de répondre à leurs questions ! Parce que la nouvelle s’est répandue comme une trainée de poudre… Je vais sauver le monde de Faërie !!

Chacune y va de son astuce, de son sortilège, de sa potion… J’y mets vite le holà, sinon mon balai serait plus chargé qu’une bourrique !

Au fil des jours, le paysage se modifie subrepticement, de plaines en vallons, je quitte peu à peu l’automne pour un monde d’hiver. Je commence à ressentir le froid, comme un oignon je rajoute les épaisseurs.

Au loin se dessine une grande aiguille… La pointe du diable qui émerge des nuages, les sommets des montagnes sont enneigées. Je finis mon voyage enturbannée par une grosse écharpe, d’un bonnet, moufles et goutte au nez. Je descends en piqués, traversant les nuages à toute allure, les déchirant comme un gros morceaux de barbe à papa qu’on arrache du bâton de bois. J’ai trop froid pour appréhender et apprécier le paysage. Je verrais tout ça demain, il me faut trouver un endroit chaud et douillet vite fait, bien fait. Une de mes consœurs m’a affirmée qu’il y avait une petite auberge accueillante au pied du Pic du Diable.

Effectivement accolée à un escarpin rocheux (si je vous jure, ça ressemble à un escarpin !), un chalet de bois enseveli sous la neige est éclairé, une douce fumée à l’odeur exquise sort de la cheminée. Mon estomac en gargouille de joie.

- Bien le bonsoir jeune sorcière, pour ce soir, le gîte et le couvert ?

Une petite bonne femme replète aux joues rebondies (style Bonnemine de chez Astérix), m’attend sur le seuil du chalet, d’un geste ample elle m’invite à rentrer au chaud.

-Découvrez vous tendre enfant, mettez-vous donc à l’aise, on a pas idée de vous forcer à voyager par temps pareil.

- Gnouiii, gnui bien gnaccord gnavec vous ! Gn’est pas humain ! J’ai beau vouloir desserrer les dents, je n’y arrive pas, je suis bleue de la tête au pied, un bruit de claquettes me surprend. He ben oui ! Mes dents !

A ma seconde assiettée de soupe, ma logeuse vient s’assoir à ma table, une tarte chaude dans chaque main ; je me sens l’effet d’un coq en pâte.

- Faut prendre des forces ! Vous avez du retard sur le planning, et ce qui vous attend là-haut, c’est pas joli joli…

Je m’étouffe à moitié… Mais c’est pas vrai, ils se sont fait passés le mot ou quoi ? Ils me mettent une pression d’enfer !

mercredi 11 novembre 2009

Envol de runes


Blabla bla bla.. Protection.. Bla, bla, bla…. Echange… Bla..bla..Destinée…blablabla… Domaine, Deuil… Bla..bla… Inspiration ! Maïa, tu écoutes un peu ?

- Hum.. Hum.. Inspiration ?!! Tu cherches l’inspiration ?!

- Hein ? Mais tu te fous de moi non ? Je ne cherche pas l’inspiration ! C’est la rune de l’inspiration ! Comme celle de la protection, de l’échange, de la destinée, du domaine et du deuil. Des runes, les runes, TES RUNES !!

Je regarde Philibert d’un air bovin… Je ne pipe que dalle à ce qu’il me hurle dessus ! Son marmonnement a fini par m’endormir. Je le regarde attablé, entouré de mon grimoire, de ses livres piqués aux mites, qui expertise mon médaillon à la loupe. Il a rempli pas loin d’un cahier en dessins, croquis, tableau, mon médaillon se retrouve décomposé en tranches, en colonnes dans son cahier. Des flèches de couleurs parcourent les colonnes d’un côté à l’autre, dessinant des arabesques en travers de la feuille. Je ne sais vraiment pas comment il s’y retrouve. Je me retrouve sous son regard plus que réprobateur… Je pense qu’il vaudrait mieux que je me secoue, ou je vais encore m’en prendre une soufflante.

- Pfff ! Allez ! Fais voir le médaillon et explique moi… Ok les runes, je les vois… Oui je les reconnais, je les ai vues dans mon grimoire.

- Voilà, et elles sont toutes sur le médaillon, à des endroits stratégiques, mais il te faudra trouver la formule pour les utiliser à bon escient lors de ta nouvelle quête.

- Hummm, et bien sûr ça pour hier ?

Je reprends le médaillon en main, immédiatement une chaleur s’en dégage, en y regardant mieux, les runes se mettent à scintiller.

- Protection sur le collier du loup

- Echange sur le poignet du mage

- Inspiration sur le chaudron

- Deuil sur l’extérieur du pilier gauche

- Destinée sur l’intérieur du pilier gauche

- Domaine sur le pilier droit

A force de regarder le médaillon, le loup semble me sourire, et je vois des flammes dans le regard du mage, l’impression d’être aspirée par le médaillon…

PLAFFF ! Un envol de papier au milieu de la table se fait…

- Voilà ton sac Maïa, toutes tes potions sont dedans, et puis ton balai t’attend !! Assez perdu de temps avec tes paperasses ! Il faut que tu y ailles, le temps passe vite.

Je ne jurais pas, mais j’ai comme l’impression que Jack est un poil pressé de me voir m'envoler. Je le vois qui tourne en rond, il regarde les papiers de Philibert d’un air sombre. J’ai comme le vague sentiment qu’il a envie de jeter tout ça au feu… Il regarde mon médaillon d’un air torve, au moment, ou il veut s’en emparer, le médaillon se met à flamboyer !

- Qu’est-ce que c’est que cette merde ? Lance-t-il d’un ton rogue.

- tu as voulu t’en emparer, tu es pirate ! Donc un indésirable ! Le médaillon se protège, tout simplement lui répond en souriant Philibert.

- Indésirable ? Tu veux qu’on en cause là ?

Houla, les coqs se dressent sur leurs ergots, il va me falloir de la diplomatie pour calmer les esprits.

- Jack ?! Calme toi, je vais y aller, mais il me faut la correspondance des runes..

- Pas besoin ! Tu as la carte sur l’autre face ! Bouge toi le cul, ma fille ! Le destin est en marche, pas le temps de «couniller», prends ton baluchon, ton médaillon et à cheval. La prochaine lune va arriver !

Surprise, je regarde Philibert qui hoche la tête d’un air triste, Belzébuth vient se frotter contre mes jambes avec un miaulement déchirant. Jack me montre la porte d’un index impérieux. Décidément, on n’est plus maître chez soi !!  

mardi 10 novembre 2009

Maïa vous remercie

Déjà un peu plus de mille visites sur l’extraordinaire histoire de Maïa, et je vous en remercie du fond du cœur.

Mon histoire va continuer, de nouvelles aventures vont m’arriver, de nouvelles rencontres aussi ! Et j’espère que vous serez toujours aussi nombreux à les partager.

Ce n’est que du bonheur de les écrire, et bien plus de vous les faire découvrir.

À très bientôt !

jeudi 5 novembre 2009

Retour prise de tête...



Je reviens à ma chaumière, la tête légère, le cœur apaisé…Cela fait du bien de s’aérer la tête parfois, de jeter aux orties tout ce qui encombre l’esprit, de s’oublier allègrement…Il paraît que j’ai assez musardée ! Mon retour de Samain se fit en fanfare. Une véritable congrégation m’attendait de pied ferme…

Philibert en tête les mains sur les hanches, ne souriait plus du tout.

- ça y est Madame est de retour ? Elle s’est bien amusée, chez les humains ? Madame, n’a pas l’impression d’oublier quelque chose des fois ?

- Hola doucement ! On se calme, ben quoi ? J’ai bien le droit de prendre l’air un peu non ?

- Tu n’as pas vraiment le temps Maïa, tu as une quête à finir !

- Mais…. J’ai récupéré le médaillon ! Je l’ai mon héritage ! Le reste peut bien attendre un peu.

Ce que je n’avais pas dit… Froncements de sourcils, grognements furent leurs réponses. Soit je prenais cette aventure trop à la légère, soit mes amis étaient trop obnubilés par cette quête. Devant leurs têtes rébarbatives, je me piquas d’un fou-rire. Ils sont décidément trop drôles quand il font la gueule. Mal m’en pris ! Un véritable courroux me tomba dessus, j’eus droit à la moral. Jack s’en mêla :

- Le temps nous est compté, le médaillon n’était qu’une première étape, tu dois absolument le déchiffrer pour récupérer le grimoire des anciens…

- Oui ! N’oublie pas que Callaghan est aussi sur le coup, il ne doit pas l’avoir avant toi, sinon s’en est fini des sorcières, et du monde de Faërie, rétorqua Philibert.

Je les regardais, hésitant longuement entre le repentir et la colère. Mais c’est pas vrai ça ! C’est pas eux qui ont ce sont mouillés, ont risqués d’être bouffés, tailladés en pièces !

- Hé Jack !? Je croyais que c’était qu’une vulgaire pièce d’argent ! Tu t’y intéresses maintenant ?!

L’instant d’une seconde, je me revis dans le monde humain, tranquille, pénarde, à ma table de troquet…Sans une bande d’agités qui voulaient absolument que je me jette dans le gueule du loup ! Je sentis un tiraillement sur ma manche, en baissant les yeux, je vis le jeune Nathan qui tenait le coffret de bois et me le tendais avec un grand sourire…

- Dis Tatie Maïa, tu me diras ce que représentent les dessins sur le médaillon ?

Philibert et Jack me regardaient d’un air goguenard. Les salauds ! Ils avaient osés mettre les enfants dans le coup !

lundi 2 novembre 2009

Samain chez les humains

Une fois n’est pas coutume, c’est chez les hommes que j’ai vécue la nuit du passage. Alors que durant cette nuit, nous autres, peuple de faërie remercions notre mère terre, nos esprits, et passons d‘un monde à l‘autre ; Les humains eux, se griment et se parent de nos « attributs » pour se faire peur.

J’atterris en douceur dans une petite ville pour profiter de notre nuit. Il fait doux, la nuit est claire, et l’on voit que la lune se fait ronde et lumineuse. Promesse d’une nuit pas comme les autres. Point besoin de sortilège ce soir, la nuit est magique par elle-même. Le temps de cette nuit, je me déconnecte du temps présent. Cette nuit est la mienne, celle des sorcières !

Assise sur la terrasse d’un troquet, je regarde avec amusement le défilé des déguisements. Débauche d’hémoglobine, Dracula, sorcières, diablotins et monstres en tout genre se pavanent et jouent à se faire peur. Pourquoi veulent-ils tant se faire peur ? Connaître un jour des démons sans ne plus avoir à s’occuper des leurs ?! Cette année, la sorcière se porte sexy, la cuisse légère, le décolleté profond, la poitrine en avant ; le diablotin se veut moulant, et le monstre dégoulinant. Ils sont limite flashions victimes jusque dans leur déguisement.

A défaut d’hydromel, je trempe mes lèvres dans un rhum. Cet alcool ambré me déstabilise, fort, puissant, chaud comme un sortilège.

Des souvenirs de Samain ressurgissent. Le changement d’un monde à un autre. Autre vie, autre temps. Ou les sorcières et mages faisaient partie du présent. Souvenirs de rencontres, fuyantes, passionnantes, puissantes. Ces nuits de Samain nous offre le pouvoir, tous les pouvoirs. Celui d’envouter, d’enlever ou de restituer. De passer du monde de la faërie, à celui des humains.

Au milieu des éclats de voix, des rires, des fausses frayeurs, je plonge dans mes délices. Le temps présent s’envole, l’avenir n’ose encore se former, le passé ne s’est pas effacé.

Souvenirs qui s’envolent… Autre temps, autre lieu, une maison du diable aux piliers particuliers, un échange de regards, point n’est besoin de parole. En levant les yeux, la lune fait le dos rond. Une sorcière retrouve son âme damnée, un mage. Le moment des explications a sonné. Leur combat peut s’engager

Un cercle magique se créé, ils s’affrontent du regard, étincelles, orages. Sous la colère couve la passion. Juste histoire de se regarder, de voir si tout est encore comme avant, latent, couvant sous les années. Juste mettre le feu aux poudres, voir si leurs braises reprendraient. Des mots sortis du fond des âges ressurgissent. Un geste, une esquisse.

Un combat à mort s’engage. Un combat à perdre haleine, ou tous les sens sont mis à l’épreuve. Une voix qui chavire, un sanglot, un soupir. Ce combat se clôt sur un match nul, forces et pouvoirs sont équivalents. La passion des sens est la même. L’un et l’autre sont un tout. Le temps n’a rien ôter… à ceux qu’ils ont été.

Un pétard me résonne aux oreilles. Troublantes pensées et sentiments mitigés pour ce couple du passé. Je reviens dans le monde des humains. Au bout du compte, ils m’ennuient profondément. Halloween pour eux est un jeu. Samain pour nous, est un combat de corps et d’esprit, ou nos forces s’affrontent, nos pouvoirs se renforcent, une tradition. Une dernière gorgée de cet alcool ambré, et je m’en vais. Au passage, j’ai envie de me contenter, un léger froncement de sourcils à l’encontre d’une «sorcière» qui se tortille sur son balai lui fait perdre son équilibre et la laisse affalée, affolée et hébétée sur le trottoir.

Je t’en foutrais moi de la sorcière !


mardi 27 octobre 2009

Une sorcière malade



Touss..Touss. Tousssss.........


Voici ma raison d’être depuis que je suis revenue de cette foute île. Entre les bains forcés et galoper à moitié nue les trois quarts du temps je ne pouvais pas faire mieux de choper la grève. Voilà c’est fait ! Ça je l’ai !

Je me suis mise à l’extrait d’eucalyptus, aux gouttes de lavandes et romarins, ainsi qu’à la tisane de fleurs d’oranger, rien n’y fait ! SI..Gros avantage ! Je récupère tout le sommeil en retard !


Je suis balade deuh.. Comblètement balade deuh ! Je ne fais que moucher, et éternuer. Eternuements discrets entre tous, qui font s’envoler tous les oiseaux de ma forêt ! Je ne sais pas éternuer discrètement. Sais pas faire ! J’en profite pour faire mes vocalises, je monte parfaitement dans les aigües et donne de jolis ATTCHIIIII !

Et puis j’avoue, j’adore éternuer. Doux frissons qui me parcourent l’échine.

Tellement mal à la gorge que j’ ai passé la nuit à essayer d’avaler sans que cela me fasse mal. J’ai compris tout le cheminement de mes voix nasales et respiratoires, avec des ronflements sonores pour compagnons. Le pot de miel de fleurs d’acacia y est passé. Comme quoi, on peut être une sorcière et être malade comme un chien.

Bien entendu, je ne peux faire aucune incantations ni lancement de sort sans que ça dégénère en tout et n’importe quoi. Pour parfaire un sortilège, la prononciation doit être au plus juste, le mot aiguisé comme une lame de rasoir, la parole assurée ainsi que le verbe. Donc forcément, en parlant du nez, éternuant toute les deux minutes.. Cela donne lieu à des résultats approximatifs voir dangereux ! Pour le moment dans l’attente que l’envoutement s’évapore (temps plus ou moins long suivant les cas), j’ai le jardin garni d’une bande de gnome jaune gueulards comme soudards, et des lapins fluorescents qui font des bonds de 3 mètres. Et ça n’a franchement rien à voir avec ce que j’avais demandé…

Le nez en forme de citrouille, j’ai l’impression de ressembler au fameux rêne du père noël qui a le nez comme un gyrophare. Je ne clignote pas encore, mais ça ne devrait tarder. D’ailleurs en parlant de nez, je n’en ai plus ! Je ne sens plus rien ! C’est l’horreur. Comment sentir la nature à l’aube enroulée dans la rosée ou toutes les odeurs exsudent sans mon tarin. Pour le mélange de mes potions, me voilà encore plus emmerdée. Oubliant les trois quarts du temps de coller les étiquettes sur les bocaux, je me serres de mon nez pour retrouver mes plantes, et produits divers. Vu ce que les sortilèges ont donnés ce dernier jour, refus catégorique de me lancer dans mes potions. Un mauvais mélange, et au choix ; j’empoisonne ou je mets le monde dans le chaos (non ce n’est pas du zèle, ni de la vantardise ! Je peux le faire, bien énervée !).

Mes nuits de sommeil agitées, donnent lieu à des rêves étranges. Tantôt cauchemars récurrents, tantôt rêves à tendances érotiques, je me pavane sur le bateau de Jack au bras du Grand Callaghan, qui avant de se transformer en gargouille fumante, me roule une pelle qui m’empoisonne dans d’affreuses souffrances (surement son haleine de coyote). Changement de décors soudain, me voici dans Brocéliande, à ma jambe collée, je le reconnais à sa chaleur ; mon loup est de retour. Allongée sur l’herbe tendre, un corps d’homme pèse sur le mien, l’homme grand et brun. Réveil poisseux de fièvre ! Je suis encore plus épuisée ! Mes yeux sont pleins de larmes causés non pas par mes rêves mais par le rhume. Mon nez coule, et mes cheveux en broussaille me donne un look à la Causette. Je hais être malade !

C’est décidé, je soigne le mal par le mal, et c’est parti !

Un demi-litre de lait,

20 cl de rhum

4 cuillérée de miel

1 citron pressé,

Le tout bien chaud, dans un verre, et avant…

Je regagne mon lit… En rampant !

vendredi 23 octobre 2009

Maïa vu par ....

A quelques personnes qui côtoient Maïa, nous leur avons demandé leur point de vue sur ce «sacré personnage»…

La voisine (500m à l‘ouest de la forêt):

- Ben chais pas c’qu’elle fait comme travail, mais l’est jamais là, et je l’a vois jamais partir, pourtant la route passe devant ma porte ! A croire qu‘elle vole ?!.. Ou alors elle est trop là, fait trop de bruit, ça chante, ça gueule, ça rigole. Et puis ils sont nombreux hein !! Rhooo et puis son chat !! Vous verriez la bête, même à moi, qu’elle fait peur, c’te bestiole noire comme du charbon ! On n’ a pas idée d’apprivoiser des monstres pareils. Il a ben failli tuer ma Lulu, il l’a grimpé, elle a failli pas s’en remettre. M’enfin, elle est bizarre cette fille, et pis elle a des tenues, humm…

Le gnome caché dans un pied de lavande :

- Ho oui !! Je la connais, très très très bien, si vous voyez ce que je veux dire. On est très proche tous les deux. Je lui rends de menus services, elle s’est être très reconnaissante, si vous voyez ce que je veux dire… Et puis, elle est belle hein ! Et pas du genre sauvage hein ? Si vous voyez ce que je veux dire !! Elle est Arrgggghhhh SLURPPPP.

Le Mage Callaghan :

- Pfff, cette sorcière ? Ho un grain de sable dans le rouage si parfait que j’avais monté pour cette affaire ! Mais je n’ai pas dit mon dernier mot, elle va encore avoir faire à moi. Cette mijaurée ne détournera pas encore une fois du chemin mes mages. Quoique sinon, elle est bien foutue la Maïa, et son balai est loin d’être con ! Mais l’une je vais l’exterminer, et l’autre en faire du petit bois pour allumer le feu sous mon chaudron.. Gnarkkk, gnarkkk..

Son ancien prof de sorcellerie :

- Complètement déjantée ! Et puis dangereuse avec ça, elle n’écoute rien, fonce et après réfléchie. Ha si il n’y a que ça, c’est une femme qui en a ! Mais elle a un caractère un rien autoritaire ! Et un rien trop sensuel aussi, quand elle a décidée de séduire, rien ne peut l’arrêter. Elle a un drôle de pouvoir avec ça d’ailleurs !! Mais sinon, c’est une bonne fille, elle a le cœur sur la main..

Nanette :

- Comment dire… Dès que l’on se retrouve, ce sont des fous rires qui montent en puissance, les mêmes mots au même moment. Quoique qu’elle dise, ou fasse.. Je suis présente, à la soutenir. Vous pensez cela fait quelques années que l’on traverse avec elle, la France, la Navarre et autres pays ! Son seul échec ? Avec moi en tout cas, ne pas avoir réussie à m’apprendre à nager ! Un peu farfelue, délurée, mais un amour de cœur.

Nathan & Alexis Turlututu :

- z’est zon chat que j’aime bien moi, lui tirer les moustazes ! Et puis faire pipi sur ses fleurs, elle en a de trop des fleurs d’abord, ça n’attire les guêpes. Et puis elle veut pas qu’on zoue avec ses bocals ! Mais elle a des sacrées z’araignées toutes poilues sur les pattes.

- Moi m’en fous ! Je suis mes parents, et puis j’ai entendu parler d’un loup, je voudrais bien le voir, j’adore les loups. Et puis elle nous donne du qui-pique la langue aussi.

Ryan :

- Sans commentaire ! Elle et moi, c’est juste une histoire sans fin !

Quand à Jack, Ysa, Sco, Nicole, Stélaphie, Turlututu et les autres… On a pris rendez vous avec eux… Et attendons d’avoir une interview exclusive avec eux.

mercredi 21 octobre 2009

Elle c'est dit : Premières fois ?!

«Elle c’est dit», petite voix mutine, est venue me trouver pour à son tour me demander d’un coup de plume raconter, ma première fois !

J’ai longuement hésitée sur ma première fois… Laquelle choisir ? Mon premier envoutement ? Mon premier vol en balai ? (tout ça, je vais devoir aussi vous le raconter..). Ma première nuit avec un garçon (lequel se retrouva éjecté du lit en 4ème vitesse, mais amoureux passa la nuit à dormir sur la carpette) Non, il me fallait me mettre à table pour raconter ma première fois, mon premier passage à l’acte, ma première partie de « vrai » sexe.

Dix huit ans, l’âge de la majorité.. La liberté.. D’un naturel plutôt timoré, jusque là j’avais tenue profil bas et résistée bon gré, mal gré à l’appel de la chair. Bien quelques frottis-frottas par-ci, par-là, mais rien qui ne m’avait fait perdre ma précieuse virginité. Cela faisait une bonne année que je sortais avec ce garçon et l’un comme l’autre redoutant la colère divine de mon père, nous tenions à carreaux et évitions la moindre incartade. Mais dix huit ans sonnés, me voilà prête à jeter aux orties ma magnifique vertu devenue plutôt encombrante. Rendez-vous était donc pris un bel après midi d’automne.

Me voici donc parée comme la dernière des courtisanes, ayant sortie toute l’artillerie lourde qu’une jeune de dix huit ans ait pu trouver dans le commerce : porte-jarretelle, bas aux bordures en dentelles, et string assortis (le choc du premier courant d’air sur mes fesses nues me laissa pantoise). J’avais poussée le vice à mettre un bustier aux innombrables agrafes. Je me voulais d’un sexy fou et troublant. Par-dessus je rajouta une paire de bottes à lacets, une jupette et un beau pull à mailles ajourées. Vous me direz quand même !!!

Le pseudo prince vint me chercher à l’heure dite et resta ébahi devant ma tenue. Son fier destrier carrossé, genre super 5 sport à sièges baquets, rutilant de chrome m’emporta vers de douces promesses que je voyais déjà se dérouler comme dans un livre à l’eau de rose.

Plus d’une heure se déroula pour trouver le parfait cocon de notre amour. Faute d’hôtels, d’appartements complices (en plein marais, pas facile à trouver), c’est dans un coin de bois que l’on se retrouva. La pluie se mit de la partie, impossible donc de jeter la couverture sur cette mousse si tendre qui nous tendait les bras… Tant pis, qu’il en soit donc ainsi ! Se sera la voiture qui cachera donc nos ébats !! Pleins d’enthousiasme, nous voici entrain d’escalader les sièges baquets, emberlificotés dans les ceintures 5 points (on ne rigole pas avec la sécurité), pour se hisser sur la banquette arrière. Mais se déshabiller entièrement à deux dans à peine un mètre carré devient vite l’irréalisable.

Autant ma tenue sexy était de bon choix au départ, autant elle s’avéra être une barrière à nos ébats. Une jarretière finie par me claquer la cuisse dans un tel élan, qu’elle me laissa une trace cuisante. Mon prince perdit toute contenance devant le nombre d’agrafes du bustier, il serait donc dit que je le garderais. Entortillés dans nos vêtements, nous essayâmes quand même de faire notre petite affaire. Je commençais sérieusement à trouver ça longuet ! Les caresses n’étant point précises, les positions guère confortables…

Nous voici donc partis dans une bel élan à tester le amortisseurs de la voiture quand un coup de feu résonna.

Merde ! L’ouverture de la chasse ! A croire que tout se liguait contre nous, et notre première fois. Des voix s’élevaient autour de nous. Un coup de chance, les vitres de la voiture complètement recouvertes de la buées de nos ébats nous cachaient aux regards indiscrets de nos visiteurs. Moment de solitude profonde à attendre que nos tirailleurs s’éloignent. Enfin partis. Ouf, encore un ou deux gigotements, et l’histoire est faite, sourire et soupir de contentement sur le visage de mon prince. Moi je reste dubitative et sur ma faim. Ce sont les fourmis dans ma jambe posée sur la plage arrière qui me font lâcher prise.

Je dois l’avouer s’est en rampant, me déhanchant que j’arrive à m’extirper de ce maudit engin (la voiture) pour pouvoir me rajuster DEHORS sous une pluie diluvienne.

Le retour se fit en silence. Le prince apparemment content de sa performance… Moi, plus inquiète ! C’était donc ça ?! Mais ou était donc, la douceur ? la pamoison, les étincelles, le chavirement de l’âme ?

Bon ça je le compris et le connus un peu plus tard… Mais c’est une autre histoire !!

lundi 19 octobre 2009

Portraits



Bon mettons les choses à plat, voyons ou j’en suis ! Une quête, un héritage, donc un médaillon ! Ça c’est fait ! Des hommes, des hommes… Ho Ouiiiii des hommes dans ma vie, dans mon lit. Je suis plutôt bien entourée… Mais …

Des alliés, un pirate au grand cœur, un peu bougon dénommé Jack, un mage damné Ryan, nouvellement un loup, des amis divers et variés comme Nanette, dame de Lettres Douce Bérénice… Et les Turlututu ! Et si je vous présentais à eux ! Vous verrez, c’est une famille à connaître !!


Un couple au demeurant sympathique, jeune avec deux jeunes enfants (deux vraies terreurs en fait !) qui attendent impatiemment le troisième, enfin plutôt LA troisième ! Enfin une minette dans ce monde masculin. Cette enfant fera notre joie et notre désespoir certainement. Il est dit que je serais la gentille sorcière qui me penchera sur son berceau, j’en ferais donc comme il se doit une apprentie sorcière. Elle sera armée pour se défendre contre ses deux grands frères qui déjà j’en suis sur promettent de lui en faire voir !!! J’en ferais si elle le souhaite une grande sorcière.


Hummm, je m’interroge ? par qui vais-je commencer les présentations ? Les parents ou les deux diablotins ? J’hésite. Allez, je me lance.. Plouf, plouf, on commencera donc par Nathan, le petit dernier (pour le moment), délicieux enfant, qui quand il arrive à ma chaumière a la fâcheuse habitude de se glisser sous ou dans mes étagères, farfouille derrière mes bocaux histoire de dénicher une ou deux araignées pour les gober. Garnement de première, sa bouille et ses yeux pétillants de malice vous promettent bien des occupations dès son arrivée. Il jauge son adversaire un temps durant, fait son timide.. Et passe à l’attaque rapidement. Sans peur et surtout sans reproche ! Il taloche à tour de bras son aîné pour obtenir gain de cause d’une façon ou d’une autre. De même qu’il caresse Belzébuth d’une main pour essayer de l’assommer de l’autre. Rien ne doit lui résister !

Alexis, l’aîné fait plus posé, plus timoré. Il sourit, esquisse. Timide il s’approche par petites touches tel un moineau. Il essaye de s’imposer face à son frère, mais cela se termine par des pleurs, mais il a appris l’art consommé des grands dramaturges qui souffrent à grands coups de cris, de larmes, de roulades par terre. Il peaufine son rôle de je n’y touche pas avec l’air de rien, juste le regard en coin, il tente, il ose. Et commet.

Ha Stélaphie dans tout ça ?? Elle nous gère cela d’une main de maître, ne haussant jamais trop le ton. Elle observe, et attentivement écoute tout son monde, ne dit mot que si besoin s’en fait sentir. Quoique ! Certaines fois, non des moindres, assassine son assemblée d’un mot ou deux bien assainis ! Je vous rassure, elle a aussi ses grands moments de délires, ou elle part en dérive total dans son imagination, ce qui donne lieu à de grands fous rires endiablés. Ceci dit, pour le moment, c’est plutôt son ventre qui est endiablé, avec le petit lutin qui sautille dans tous les sens pour déjà participer à l’aventure.

Et puis, il y a notre Philibert !! Mi sorcier, mi mage. Joyeux drille, toujours en éclats de rire et boutades…Sans arrêt à la recherche d’une aventure dans laquelle s’engouffrer. Aux prises permanentes avec Callaghan son «supérieur» détesté, qu'il combat avec ses collègues pour réussir à renverser l'immonde Grand mage. .. Il subit lui et sa famille mes aventures, mes joyeuses gaudrioles. Détenteur du savoir des Grimoires, il m’aide à coups de Jurancienne à parfaire mon éducation de sorcière pour arriver à l’étape ultime.. L’accomplissement de la prophétie !

Son plus grand rêve ? Courir tout nu lors d’un convent de mages !

Sa chanson préférée ? « Et on lui pelera le jonc….. Avec ses tripppeeeeeeees» le tout d’un chant aviné.

Désespérément attiré par mon chat Belzébuth, qu’il essaye d’apprivoiser, mais doit se contenter et se résoudre à de coups de griffes, de miaulements mécontents, le tout accompagné de regards mauvais. La fin de ces tentatives se clôturent en bain de mercurochrome que Stélaphie lui prépare avec amour et un : Je te l’avais bien dit !

Alors, elle ne gagne pas a être connue cette famille là ?

vendredi 16 octobre 2009

l'autre face cachée



j' eu droit à une traversée éprouvante, à croire que tous les éléments s’étaient donnés rendez-vous au dessus de ma tête pour se déchainer et me faire rendre tripes et boyaux. Un coup de tabac rarement vu de vie de marins. Des vagues monumentales, un vent de tous les diables, une pluie drue et piquante. J’arrivais enfin sur la plage, les cheveux et mon reste d’habillement tellement plaqué contre moi, qu’il ne devait plus rien resté à l’imagination de Jack et Ryan qui m’attendaient, accompagnés de Bérénice… ainsi que de mon balai qui voletait de joie autour de nous. J’étais tout simplement épuisée, lavée, rincée…

Je pris quand même le temps de raconter mes péripéties sur cette île qui avait décidée de m’avoir la peau, ainsi que ma rencontre avec le loup. (en gardant néanmoins l’apparition finale sur la plage pour moi, des fois que mon esprit m’aurait jouer des tours). Mes acolytes en profitèrent pour m’apprendre par la même occasion (ce avec beaucoup de précautions) que le Grand mage Callaghan sétait fait la carapate durant la nuit à la faveur dune soirée trop arrosée de ses gardiens Cela dit, je nen éprouvais aucune colère, aucune peur. Rien de plus quun agacement qui aurait put être provoqué par le vol intempestif dun moustique ! Mais fière comme Artaban, je leur montrais enfin mon médaillon. Jack fut septique quand il vit lobjet, renfrogné, il le contemplait sans oser y toucher.

- Ce nest quune vulgaire pièce dargent, pff tout ça pour ça !! Bah, jaurais pu aller moi-même le chercher ton bout de métal.

Je le regardais dubitative ! Alors là, jen tombais de cul ! Cela se voyait bien, quil navait aucune idée de ce que javais traversée pour récupérer la vulgaire pièce dargent. Ma main me démangeait, mais une idée me traversa lesprit ; sa réaction nétait pas normale. Tant pis, il est temps que je regagne mes pénates, je verrais tout ça à esprit reposé.

- On se donne rendez-vous chez moi dans 2 ou 3 jours, le temps pour vous de faire le chemin, je rentre me coucher, j’en peux plus.

Je prends mon balai d’une main sûre et décidée.. Et claque des doigts. Pfffiout…

Gazouillis d’oiseaux, odeur d’humus, l’automne est là, je suis de retour dans ma forêt. J’arrive comme une fleur dans un cercle de sorcière formé par une dizaine de champignons, la mousse amortie mon arrivée en douceur. J’en respire d’aise.

- GRAOUUUWWW, MAWAAOUUUxxx, PFFFF, PFFFF

- HOOOOOOOOOOO NOOOOOOON, BELZZZZZZZEEEEEEEE !!!

Trop tard, mon félin de chat vient de me sauter dessus à pattes raccourcies, et à son cri de guerre, je vois bien que ce n’est pas l’heure des mamours… Il me plante allègrement les griffes dans les jarrets, et dépeunille le reste de ma tunique. C’est sûr, je vais me retrouver à poil ! Il a décider de me tailler un short ! Je me sers de mon balai pour le tenir éloigné de moi, je le vois la truffe aux aguets qui me hume du bout du nez, il n’en finit pas de dresser le poil de la tête à la queue. Purée !! J’ai oublier l’odeur lupin !! C’est donc ça qui le met dans une rage noire.

Philibert approche à pas de loup, se cache derrière un chêne et se tient les côtes de rire…

- Alors Maïa !! On joue avec son chat ?! Il a le dessus on dirait ?! Un coup de main peut-être ?!!

- Nan ! Je me débrouille très bien !

Tant pis, je m’excuserais après, je lui colle un bon coup de balai (à Belzébuth... pas à Philibert), il s’envole vers d’autres fougères plus loin. J’arrive enfin à m’en dépêtrer. Ouf, rentrée maison. Un peu plus tard, après avoir vaguement arrosé mon retour, une Jurancienne bien amorcée, je montre glorieusement mon médaillon. Stélaphie et Philibert l’admirèrent comme il se doit (EUX !). J’évoque en passant l'air de rien, mon loup, compagnon de voyage aux tendres hallucinations.

- Ton âme sœur ! Et c’est sur que tu vas le retrouver !!

- Ha bon ?! Qu’en sais tu toi d’abord ?

- Regarde l’autre face du médaillon !

La vache ! Tellement obnubilée par la lune, je n’ai pas pris le temps de regarder le coté pile (ou face..) J’y retrouvais deux personnages que je connaissais plutôt bien…

lundi 12 octobre 2009

Le médaillon

Je reste quand même interloquée face au comportement du gardien… Dépité, je peux le comprendre ! Mais déprimé, là ?! Bon ok, va savoir depuis combien de temps il attend sur cette misérable île, la personne qu’il doit combattre pour sauver son si grand trésor. L’environnement n’est guère joyeux dans le coin, ça doit pas être facile tous les jours de se marrer comme un bossu. Mais le : ON VA TOUS MOURIR… c’est fort !Il me fait de la peine, tout recroquevillé sur son rocher. C’est limite, si je ne lui ferais pas un calinou pour lui arracher un sourire. J’esquisse un pas vers lui. Le loup me contre et se dresse devant moi.

- Non Maïa, tu ne peux rien faire pour lui, laisse le, prends le médaillon et partons.

- Mais ?! Pourquoi ? Il n’est pas méchant, cruel, fourbe ?! Il nous a donné le coffre.

- Justement, ouvre le et partons, écoute moi.

C’est vrai, il est temps que l’on découvre enfin ce médaillon (pour lequel entre autre, j’ai bousillé une paire de mocassins, je me suis battue comme une perdue, j’ai « mourut » de trouille, etc.…) Dans un grincement sans fin, j’ouvre le coffre, un bordel sans nom règne dedans, à croire que le gardien l’a secoué dans tous les sens. Des plumes, des touffes de poils (?), des mèches de cheveux, un pendule terne, et une boite ronde en bois, recouverte de motifs celtes d’argent. Prenant une grand goulée d’air, je l’ouvre enfin. M’apparait dans le scintillement de la pleine lune, un médaillon tout rond en argent gravé. Une lune en est son principal ornement. Il me pèse dans ma main, une chaleur m’irradie dans le bras et parcours le cheminement de mon sang. Une aura bleue m’environne. Wouaw le trip ! J’ai l’impression d’avoir des étincelles au bout des doigts, je me sens grésillante, électrique.

Mon loup, vient se coller contre mon flanc, dans mon esprit des images surgissent par séquences : ma chaumière, un homme grand, brun, le regard de velours me regarde amoureusement. Une bataille navale, des cris, de la fumée, un grimoire énorme clôture mes visions. Je ressens toujours la chaleur que le médaillon dégage, mais aussi celle du loup contre moi. Chaleur de bien être qui si je n’y prends garde risque de m’emporter dans une douce torpeur. Je me relève, laissant vagabonder ma main dans la fourrure du loup, qui gentiment me pousse du nez.

- Allons, il est temps d’y aller. Tu as encore tant de chemins à parcourir, le médaillon t’y aidera. La prophétie s’est réalisée Maïa, tu es bien l’héritière qu’on attendait. Tes visions l’ont prouvées, tu y a survécue.

- Que représente ce médaillon au juste, je vois bien la lune, mais le reste du paysage c’est quoi ? Une carte au trésor ?

- ….

- Ha nooooooooon ! Pas une carte au trésor ! J’en ai marre de courir dans tous les sens, je vais y laisser ma garde robe si ça continue ! On peut pas faire plus simple ?! Chais pas moi, un formule et hop, le truc apparaît ! C’était comme ça avant que ça marchait !

- Hahaha Maïa, tu es si douce et naturelle… Ce n’est pas si simple. Oui le médaillon est une carte, tout y est noté. Il te faudra chercher, avoir de nombreuse batailles pour acquérir le bien ultime : Le grimoire des anciens.Tu as un grimoire aussi, le tien propre qui te vient de ton coté matriarcal, prends en grand soin, et tu verras.

Le loup s’arrête, la truffe au vent.

- Voilà Maïa, nous nous quittons là…

Je regarde ébahie, le paysage qui nous entoure, nous sommes de retour sur la plage.

- Attends, tu ne viens pas avec moi ?

- Non Maïa, mais nous nous reverrons, je t’en fais le serment. Allez pars, et deviens.

C’est le regard brouillé que je monte sur le bateau et prend le large, tenant contre mon cœur le coffret du médaillon. Je me retourne une dernière fois vers l’île Luna…

Sur la plage se découpe la silhouette d’un homme, grand, cheveux au vent...

jeudi 8 octobre 2009

A coeur vaillant, rien d'impossible



Coincée dans cette île maudite, à chercher je ne sais quoi, accompagnée d’un loup qui me parle par télépathie. L’idée de devenir folle est un doux euphémisme à mon esprit… Dans un autre monde pour toucher un héritage, il suffit de prouver qu’on est bien un descendant, ascendant, réunion avec un notaire et basta, on en parle plus ! Nan, moi je suis obligée de me faire une guérilla contre une bande de mages, discutailler le bout de gras avec un loup, et me taper des pirates pour réussir à obtenir ce qui m’est dû par je ne sais quelle filiation bâtarde… Un médaillon quelconque qui je le sais déjà va m’entraîner vers d’autres embrouilles sans fin pour « sauver» le monde de la Faërie.

Vous ne rêvez pas, je suis d’humeur massacrante. Une colère sans nom m’étreint le cœur. Même le loup se tient à carreau, c’est dire ! Ma chaumière me manque, et Belzébuth encore plus… Je sais que la famille Turlututu veille sur lui, cette douce idée m’arrache un sourire. J’imagine sans effort ce que mon chat leur fait endurer. Mon loup en profite pour se rapprocher, et se colle contre moi.

- Te voici revenue à de meilleurs sentiments Maïa ! Faire ronger ton cœur par la colère et l’amertume ne servira à rien ici, bien au contraire.

- Que veux tu dire ?

- Les forces occultes de l’île se servent de tes humeurs, de tes peurs pour te faire abandonner ta quête, chacun de tes sentiments est amplifié. Ton imagination fertile est un lourd handicap ici, c’est la folie qui te guette, si tu n’y prends garde.

- Bonne nouvelle !! Je me disais aussi, que l’impression d’être une mauviette n’était pas normale.

Etrangement, depuis que le loup et moi cheminons ensemble, le terrain se fait plus aisé, la nature moins sauvage et redoutable. Ce serait presque une ballade de santé. Je laisse quand même mon esprit vagabonder au gré de mes pensées…

- Mais dis-moi Loup, pourquoi es-tu ici ? Tu es quoi au juste ? Esprit ? animal protecteur ? Gardien du secret ?

- Un peu tout ça, depuis ta visite à la terre d’oublie, j’ai été désigné comme ton protecteur et guide. Même si je ne t’apparais pas, je veille sur toi. Je dois te protéger contre les autres, contre toi-même.

- Cette idée ne me plait pas trop à vrai dire. J’ai jamais eu besoin d’un protecteur ! Et j’ai déjà un chat… Suis pas sur qu’il apprécie un esprit lupin autour de moi… Ho !

Nous venons d’arriver sur le bord d’une falaise. Les vagues en dessous font trembler le sol à coups de butoirs. La mer semble démontée, pourtant je ne sens aucun vent. Sur le bord de la falaise, se dessine un promontoire de granit, les roches qui le composent ont l’air aussi aiguisées que des lames de rasoirs. En son centre, un coffre de bois…

- Bon Maïa, nous y voilà, le médaillon est là..

- Ok ! J’y vais, ça a l’air facile !

- Attends, ne te fie pas aux apparences ! Ne te laisse pas emporter par tes émotions surtout, reste sur le qui-vive constamment. Fais attention aux roches.

Je souffle un bon coup, a pas peur ! Je m’approche tout doucement, l’expression « tendue comme un string » me revient en mémoire. A quelle sauce je vais être mangée ? Un pas après l’autre, je me rapproche. Trop facile ! Effectivement, ça n’a pas duré trop longtemps… Ce que je prenais pour un rocher, s’est élevé. Un petit homme tout terne, tout triste habillé d’un complet velours marron (?) m’est apparue.

- Pff, t’es là ? Ben t’es en retard ! Bon allez qu’on en finisse ! Tiens ?! Tu le veux ? Prends le !

La voix du loup se fait entendre :

- Attention Maïa !!

- Ho le loup, ça va ! T’inquiète, j’vais rien lui faire à ta sorcière ! De toutes façons, c’est foutu ! On va tous mourir !!! Alors la sorcière ?! Tu te décides ? Prends ton dû, ton médaillon, ton loup sous le bras et casse-toi ! Laissez-moi seul !

Alors là ! On n’en revient pas, un gardien qui déprime grave ! Et il a l’air aussi inoffensif qu’un nouveau né. Je m’approche tout en restant sur mes gardes, le loup sur mes talons. Avant que je n’ai esquissé le moindre geste de défense, le gardien se jette sur le coffre, qu’il me jette aux pieds. Il retourne sur le promontoire et jette à nouveau en tendant ses mains grotesquement griffues vers le ciel en hurlant :

- On va tous mourriiiiiiiiiiir !!

lundi 5 octobre 2009

Pendant ce temps là... Un peu plus loin...



Alors que Maïa combattait un mage, parlait avec un loup, et faisait un promenade de santé dans la forêt. Que devienait le reste de sa tribu ?

Jack, Ryan et Bérénice ont regagnés leur pénates, confortablement installés dans leur petit intérieur douillet, sûr que Maïa s’en sortira haut la main, et bravera tous les dangers rencontrés sur sa route. Ils s’en sortent plutôt pas mal ces trois là. Trop contents de ne pas avoir à trop se salir les mains… Très sûrs d’eux surtout. Avaient-ils seulement idée dans quel pétrin notre jolie sorcière s’était fourrée (ou plutôt l’avaient ils envoyés) ? Ils avaient quand même été obligés de ligoter fermement le balai qui volait en rond autour de l'île Luna dans l'espoir d'arriver à rejoindre sa maîtresse.

Du côté de l’île Etoile, ça hurlait fort dans les geôles du manoir de Callaghan. Le grand mage n’en revenait toujours pas de s’être fait prendre comme un bleu, d’à peine une pichenette Maïa l’avait réduit à l’état d’esclave ! Les sous fifres du mage en profitaient ardemment pour lui faire subir milles et une vexations…

- A moi le Grand MAGE, le meilleur de tous, le plus intelligent, le plus compréhensible, le plus.. Plus de tous !! Cette petite garce me le paiera, je n’ai pas dit mon dernier mot, et les pièges tendus sur l’île devrait lui calmer les ardeurs. On va se retrouver ! Je te tuerais pour de bon, cette fois, je….

Le reste se perdit dans un gargouillement rempli de haine et de bave, le pauvre petit mage avait usé ses dix centimètres de talonnettes à force de tournoyer dans sa cellule.


Plus loin encore, dans la contrée de Maïa, la famille Turlututu se désespérait du retour de leur sorcière bien-aimée. Obligés de s’installer à demeure à cause de Belzébuth, ils en étaient réduit à vivre à quatre et demie dans une chaumière de 30 mètres carrés. Les gamins s’en donnaient à cœur joie pour terroriser la forêt entière. Stélaphie cueillait tant bien que mal (enceinte de six mois, d’une future sorcière qui sautait déjà dans tous les sens) les plantes médicinales avec l’arrivée du froid, et Philibert essayait en vain d’apprivoiser Belzébuth qui leur en faisait voir de toutes les couleurs.

Ce maudit chat avait décidé de leur faire passer les plus mauvaises nuits de leur vie, miaulant à qui mieux mieux, pour rameuter les chats du coin, il se collait des tannées avec les plus gros matous pour réussir à attraper la minette du moment. Malheur des malheur, Les turlututu avaient emmené dans leur déménagement, leurs deux minettes Clochette et Titoune, qui a défaut d’y laisser leur vie, y laissèrent quelques touffes de poils. Elles restèrent deux jours sur le flanc a essayer de se battre pour reprendre leur souffle.

Hormis pour venir avaler d’une bouchée son gigot, ou beurk ses croquettes, Belzébuth ne venait plus dans la maison. Il avait entendu un soir parler de la quête de sa maîtresse, s’en était retrouvé penaud d’avoir été oublié ici. Il aiguisait ses griffes le long d’un chêne, sa vengeance serait terrible. Il sentait que l'histoire n'était guère catholique...

mardi 29 septembre 2009

Une rencontre

Mal de tête, un étau qui me serre les tempes, des frissons me parcourent tout le corps, peur rétrospective !

J’hésite longuement à ouvrir les yeux, je me concerte avec moi-même et me concentre sur mon entourage. Pas un bruit, pas un poil de vent, rien. L’impression d’être dans une boite. J’esquisse un geste. Ok, je ne suis pas attachée ! Bon début !

De frayeur, j’ai dû perdre connaissance au moment ou j’ai senti ce souffle chaud sur ma nuque. Je me redresse, il est temps d’affronter le danger… Oui bon d’accord, j’avoue, je n’en mène pas large non plus ! N'ayant plus aucun pouvoir sur cette île, donc autant dire que je suis nue !

Une grotte, je suis dans une grotte ! La terre est sèche et parsemée de brindilles, j’aperçois le jour qui suinte à travers un brouillard de verdure. En m’approchant, je m’aperçois que des arbres occultent l’entrée de la grotte. Je continue mon exploration, hormis une odeur animale puissante, rien d’humain ne traine ici. Je commence à me détendre ! Assez perdu de temps, il faut que je continue ma route. Je jette un coup d’œil désespéré à mes pieds, mes mocassins n’existent plus hormis trois coutures et deux morceaux de peau, ce qui me servait de chaussures est totalement, irrémédiablement foutus ! Tant pis, vaille que vaille, je commence à entreprendre une sortie pour tenter de récupérer un pseudo chemin dans cette jungle abominable.

J’attaque une sacrée descente, me raccrochant in-extrémis aux branches qui pendent, pour m’éviter une bonne dégringolade. Au passage quelques gifles bien assénées par les branchages finissent de me remettre les idées en place. Le terrain redevenant plat, je me faufile laborieusement dans la verdure. Un grondement sourd se fait entendre, mon ventre se serre, la nausée me guette, je me fige. Quelques envols d’oiseaux me paraissent de mauvaises augures. Un frôlement, une branche qui balance plus qu’une autre attire mon regard. Une silhouette sombre..

Les pires images me défilent devant les yeux ! Vais finir bouffer moi, déchiquetée en petits morceaux par une bestiole abominable qui en veut à mon petit corps Aarrgggh !!! Ma respiration s’accélère, mon cœur cogne sourdement dans ma poitrine. Mes émotions qui s’entortillent les unes aux autres me font hoqueter.

Résignée, je m’appuie le long d’un tronc d’arbre et me laisse glisser lamentablement jusqu’au sol. Autant en finir tout de suite.

La silhouette se rapproche, se précise, s’amplifie. Un loup !Souvenirs qui rejaillissent : Ma terre d’oublie ! Le loup, mon loup.

Il ne me quitte pas du regard, s’arrête à deux mètres de moi, me jauge. La truffe au vent, il me sent, baisse la tête et lance un jappement. Il se tourne, me regarde en piétinant. Dans ma tête jaillit :

- Maïa ! Fille des Eléments ! Suis moi !


 

vendredi 25 septembre 2009

Débarquement sur l'île

Grandement armée de mon courage, c’est par cette nuit de pleine lune, que je me retrouve échouée, abandonnée…seule sur la plage de la fameuse île Luna. Après maintes recommandations de mes amis, me voici embarquée non seulement sur une vieille pirogue de bambou, mais aussi dans une sale histoire…

Au fur et à mesure que je m’enfonce dans l’île, le silence s’appesantit. Les singes hurleurs de la plage se sont tus. Même pas le plus petit croassement, ne serait ce qu’un moustique.. Un truc quoi ?! Non ! Rien.

La jungle qui m’entoure s’épaissie, les lianes se font plus trompeuses, pendantes langoureuses le long des branches pour se faire étrangleuses. Les racines qui affleurent le sol se jouent de mes pieds… Provocant chutes et croche pieds. La nature se fait sauvage et redoutable. J’arrive dans une clairière, mes pas sont amortis par une épaisse couche de mousse. Une légère brume m’entoure, de légers filets vaporeux se faufilent entre les arbres pour venir m’envelopper. Une chape de plomb semble se déposer sur mes épaules, l’air est étouffant.

Au bout de la clairière, j’aperçois un marécage, où d’énormes bulles viennent éclater à la surface… Ha nan, veux pas y aller, il est hors de question que je me baigne là-dedans !! Ça c’était pas stipulé sur le contrat hein ?!

Je me retourne pour rebrousser chemin… Que nenni ! On dirait que la végétation est boostée aux hormones et s’est refermée derrière moi.

Je n’ai apparemment pas d’autre choix que ce foutu marécage de m…. !

Si j’avais sous la main, Jack, Bérénice, Ryan, Turlututu’s et consort, juré, promis, craché, je leur dirais le reste !

Beuuurrrkkkk ! Je sens la vase qui se glisse dans mes chausses, l’eau qui m’enveloppe les mollets. Des frissons de dégoûts me parcoure l’échine. J’arrache chacun de mes pas dans un bruit de succion épouvantable, et redoute de perdre à tout instant un de mes mocassins (en peau… Ils sont ruinés). Enfin ! J’en vois le bout, la berge accueillante me tend les bras. Un pas de plus et je suis sauvée.

Un pas de plus… et c’est la cata, me voilà immergée, hoquetant sous une eau noire et glacée. Me raccrochant à une souche, j’arrive à m’extirper de ce cloaque. A bout de souffle, grelottante… Marre ! J’en ai marre. Le temps de m’étendre sur le dos pour reprendre mon souffle, qu’un grondement se fait entendre. Claquements secs de bois cassés, pas feutrés. On s’approche de moi. Mes poings sont tellement serrés que je sens mes ongles qui m’entaillent la peau. Je suis aussi tendue qu’une corde d’archer. Souffle chaud et humide dans mon cou.


Je suis perdue !!!