Un zest de magie, de folie, d'humour jeté dans un chaudron noir de suie... Les tribulations ordinaires d'une sorcière peu ordinaire dans un monde de lutins, fées, pirates et trésors non dévoilés.

dimanche 28 juin 2009
Terre d'oublie Vol 2
dimanche 21 juin 2009
Terre d'oublie Vol.1
Désamorcée...
mercredi 10 juin 2009
Une vengeance prochaine
Un grattement à la porte se fait entendre. Je suis là bien éveillée fixant ma boule magique d’un œil morne. Pff encore ce chat de malheur qui ne vient que pour sa gamelle, son lait ; sans un regard, ni un miaulement de remerciement envers la main qui le soigne. Je vais finir par lui verser du bromure dans ses croquettes. C’est pas possible de galoper autant les femelles.
Le grattement s’intensifie… Je me lève en renâclant et entrebâille la porte, laisse la porte entrouverte et retourne m’assoir devant mes outils indispensables à mon travail… Boule de Crystal (achetée au Babou du coin), pendule d’améthyste (volé à la vieille Nelly), des runes de pierre et mon vieux grimoire épais comme une table légué par mon arrière grand-mère que tout le monde prenait pour une cinglée. Du coin de l’œil, je vois la porte s’entrouvrir encore et encore, ou ce fichu chat a grossit, ou ce n’est pas lui…
Confirmation, ce n’est pas lui mais le gnome voisin qui me fait de l’œil outrageusement tous les jours au dessus de mes pieds de lavande, alors que je fais mes ablutions matinales. Par un tour de passe- passe évident, il s’est fait une beauté et au lieu de son mètre vingt au faciès répugnant, je me retrouve face à un jeune éphèbe d’un mètre quatre vingt blond comme les blés et imberbe comme un nouveau né…
Beurk ! Moi les blonds, je peux pas les saquer ! Et en plus imberbes ! Nan…nan.. Nan…
D’un air langoureux, il esquisse un geste tendre vers moi… et horreur me fait un sourire… Ha oui, mais non !!! Il a pas fini sa potion entièrement, c’est un sourire édenté et puant l’oignon qu’il m’envoie en plein visage ! Pouah, je saisis à la volée une poignée, de lavande, romarin et sauge pour lui jeter à la face en marmonnant dents serrés le sortilège de vérité. Dans un gargouillis monstrueux, l’éphèbe disparait pour laisser place à mon petit gnome sautillant la bave aux lèvres et se sauvant me crie : Je t’aurais Pétasse, Que ton corps sur le mien trépasse !
J’en frémis d’horreur… Suis pas du genre trop difficile mais faudrait pas pousser la sorcière dans son chaudron non plus. Lui ? Jamais !! Plutôt courir me réfugier dans les bras de mon pirate abandonné.
Tiens au fait ?! En parlant de lui ? Ou est-il passé ?! Je retourne à ma table et me fixe sur le Crystal de ma boule. Ou donc est La Flibuste ?
Peu à peu l’image s’éclaircit… la mer à perte de vue, un point noir à l’horizon. Oui ! Son galion accosté au ponton de la Tortue, une ruelle, une taverne. Le voilà. Héééé ?! Mais c’est qui cette pétasse qui lui tient la tête entre les seins ?! Elle le force non ? En y regardant mieux, pas du tout, mon célèbre pirate soit disant abandonné (enfin c’est-ce qu’il m’a chuchoté sur l’oreiller) ballade outrageusement ses mains sur le postérieur imposant de la marâtre. Sacrebleu ! Attends qu’il revienne, je vais lui dire le reste ! STOP !!! Comment ça attendre ?! Hé ma fille ?! T’oublie ? T’es une sorcière, tu peux y aller à l’ile de la Tortue, et en volant encore de mieux. Allez ! Prépare ton paquetage !
Me voici hurlante autour du chaudron, jetant à tour de bras herbes, toiles d’araignée, bave de crapaud et pattes de poulet.
- Mon gars… ça tu vas me le payer !!
Dans le coin de la porte, mon balai en trépigne d’impatience, il sautille dans tous les sens. Je sors dehors telle une furie, choppe un merle au vol auquel j’attache un message à la patte et l’envoie rameuter le club des sorcières du coin.
L’heure de la vengeance à sonner… Le temps se met de la partie, les nuages s’accumulent, le vent se déchaine, les vagues grossissent.
Profites la Flibuste…Ta dernière heure arrive !
Au commencement
Voyons voir, un cd de Evanescence dans la chaine hi-fi, un café serré, une cloppe, mon écran et mon clavier magique … Il ne me manque plus rien, me voilà prête à me glisser dans la peau d’un pseudo écrivain !!
Haaa ! Le plaisir de s’inventer une vie, un personnage, un lieu, une romance…
Mon monde est magique ! Entouré de lutins, d’elfe, de licornes ou encore de galions, de trésors et pirates me voici me balançant au gré du vent sur une balançoire à hésiter entre deux mondes…
Perdue aux fins fonds des bois, une chaumière à l’abandon où portes et fenêtres branlantes n’arrêtent guère le vent insidieux. Celui-ci qui se glisse et s’immisce sous mon drap, me faisant frémir d’un frisson outrageux et fait s’agiter mon corps dans un dernier sursaut de sommeil.
D’un geste empreint de félinité, je m’étire en faisant glisser ce drap que rien n’ose retenir, mais fait tout découvrir.
Un rayon de soleil me tape à l’œil et me fait cligner les yeux encore remplis de sommeil. J’esquisse un grommellement et saute dans mes galoches pour me diriger titubante vers la table !
Foutu hydromel qui me laisse la bouche pâteuse. Je savais bien que cette soirée de Samain allait être carabinée côté alcool. Il est loin le temps des incantations, des chaudrons noircis par les flammes.
Bon d’accord on a toujours nos balais fait de bois et d’ajoncs (d’ ailleurs à notre époque c’est complètement révolu… mais toujours d’un pratique sans commune mesure).
Je profite du fait d’être encore nue pour aller faire un brin de toilette dans l’étang qui côtoie ma chaumière. Tout compte fait, vu la gueule de bois qui me taraude, je n’hésite pas à faire un plongeon pour m’immerger un instant dans cette douceur qui tel un amant enveloppe mon corps. Des algues viennent entourer mes jambes dans une caresse troublante. Je batifole un instant avant de finir par m’ébrouer et sortir de cette onde. J’ai perdue assez de temps.
Il me faut maintenant me tenir à mes obligations du jour. Le temps d’enfiler une robe arachnéenne, le propre de la sorcière moderne, une paire de bottine en peau cordonnée et me voilà fin prête. Ha non, un coup de brosse à ma tignasse rousse, un coup d’eye liner sur chaque œil et en avant. Tant pis pour les toiles d’araignée qui s’accumulent dans les coins, elles font de parfaits anti moustiques et j’en ai toujours besoin pour un sortilège ou un charme. Un coup d’œil au soleil… Bon sang de bois me voilà en retard… Argh et si ce marteau voulait bien cesser de me tambouriner dans le crâne, ce serait du bonheur !!
Alors que je m’apprête à fermer la porte de ma masure, j’aperçois un mouvement du côté de ma couche… Le chat ?! Non Belzebuth est parti en rut, courir et couvrir la femelle de Isciar. Interloquée, hésitante… je m’approche du châlits. Un râle s’en échappe suivit d’un :
- Ho baby… Qu’Est-ce que tu m’as fait ?!
Whouah ! C’est quoi ça ?
Pas le temps de réfléchir, une main me saisit et me jette sur le lit, et d’un doigt expert fait sauter le bouton unique qui retient ma robe. J’esquisse un geste de défense, mais une bouche vient remplacer les mains qui me tiennent.
Un éclair me traverse l’esprit. Purée de pois ! Sur le port cette nuit, j’ai ramassé ce fichu pirate qui me faisait la cour assidument depuis des mois, et j’ai fini par craquer. C’est ici que c’est terminé le Samain… Il n’y a pas que l’hydromel qui m’a achevé… Mais la nuit de débauche qui s’est ensuivie.
Tant pis ! À l’abordage moussaillon…Autant périr au gré du plaisir pieds et poings liés.