
Touss..Touss. Tousssss.........
Voici ma raison d’être depuis que je suis revenue de cette foute île. Entre les bains forcés et galoper à moitié nue les trois quarts du temps je ne pouvais pas faire mieux de choper la grève. Voilà c’est fait ! Ça je l’ai !
Je me suis mise à l’extrait d’eucalyptus, aux gouttes de lavandes et romarins, ainsi qu’à la tisane de fleurs d’oranger, rien n’y fait ! SI..Gros avantage ! Je récupère tout le sommeil en retard !
Je suis balade deuh.. Comblètement balade deuh ! Je ne fais que moucher, et éternuer. Eternuements discrets entre tous, qui font s’envoler tous les oiseaux de ma forêt ! Je ne sais pas éternuer discrètement. Sais pas faire ! J’en profite pour faire mes vocalises, je monte parfaitement dans les aigües et donne de jolis ATTCHIIIII !
Et puis j’avoue, j’adore éternuer. Doux frissons qui me parcourent l’échine.
Tellement mal à la gorge que j’ ai passé la nuit à essayer d’avaler sans que cela me fasse mal. J’ai compris tout le cheminement de mes voix nasales et respiratoires, avec des ronflements sonores pour compagnons. Le pot de miel de fleurs d’acacia y est passé. Comme quoi, on peut être une sorcière et être malade comme un chien.
Bien entendu, je ne peux faire aucune incantations ni lancement de sort sans que ça dégénère en tout et n’importe quoi. Pour parfaire un sortilège, la prononciation doit être au plus juste, le mot aiguisé comme une lame de rasoir, la parole assurée ainsi que le verbe. Donc forcément, en parlant du nez, éternuant toute les deux minutes.. Cela donne lieu à des résultats approximatifs voir dangereux ! Pour le moment dans l’attente que l’envoutement s’évapore (temps plus ou moins long suivant les cas), j’ai le jardin garni d’une bande de gnome jaune gueulards comme soudards, et des lapins fluorescents qui font des bonds de 3 mètres. Et ça n’a franchement rien à voir avec ce que j’avais demandé…
Le nez en forme de citrouille, j’ai l’impression de ressembler au fameux rêne du père noël qui a le nez comme un gyrophare. Je ne clignote pas encore, mais ça ne devrait tarder. D’ailleurs en parlant de nez, je n’en ai plus ! Je ne sens plus rien ! C’est l’horreur. Comment sentir la nature à l’aube enroulée dans la rosée ou toutes les odeurs exsudent sans mon tarin. Pour le mélange de mes potions, me voilà encore plus emmerdée. Oubliant les trois quarts du temps de coller les étiquettes sur les bocaux, je me serres de mon nez pour retrouver mes plantes, et produits divers. Vu ce que les sortilèges ont donnés ce dernier jour, refus catégorique de me lancer dans mes potions. Un mauvais mélange, et au choix ; j’empoisonne ou je mets le monde dans le chaos (non ce n’est pas du zèle, ni de la vantardise ! Je peux le faire, bien énervée !).
Mes nuits de sommeil agitées, donnent lieu à des rêves étranges. Tantôt cauchemars récurrents, tantôt rêves à tendances érotiques, je me pavane sur le bateau de Jack au bras du Grand Callaghan, qui avant de se transformer en gargouille fumante, me roule une pelle qui m’empoisonne dans d’affreuses souffrances (surement son haleine de coyote). Changement de décors soudain, me voici dans Brocéliande, à ma jambe collée, je le reconnais à sa chaleur ; mon loup est de retour. Allongée sur l’herbe tendre, un corps d’homme pèse sur le mien, l’homme grand et brun. Réveil poisseux de fièvre ! Je suis encore plus épuisée ! Mes yeux sont pleins de larmes causés non pas par mes rêves mais par le rhume. Mon nez coule, et mes cheveux en broussaille me donne un look à la Causette. Je hais être malade !
C’est décidé, je soigne le mal par le mal, et c’est parti !
Un demi-litre de lait,
20 cl de rhum
4 cuillérée de miel
1 citron pressé,
Le tout bien chaud, dans un verre, et avant…
Je regagne mon lit… En rampant !