
Mal de tête, un étau qui me serre les tempes, des frissons me parcourent tout le corps, peur rétrospective !
J’hésite longuement à ouvrir les yeux, je me concerte avec moi-même et me concentre sur mon entourage. Pas un bruit, pas un poil de vent, rien. L’impression d’être dans une boite. J’esquisse un geste. Ok, je ne suis pas attachée ! Bon début !
De frayeur, j’ai dû perdre connaissance au moment ou j’ai senti ce souffle chaud sur ma nuque. Je me redresse, il est temps d’affronter le danger… Oui bon d’accord, j’avoue, je n’en mène pas large non plus ! N'ayant plus aucun pouvoir sur cette île, donc autant dire que je suis nue !
Une grotte, je suis dans une grotte ! La terre est sèche et parsemée de brindilles, j’aperçois le jour qui suinte à travers un brouillard de verdure. En m’approchant, je m’aperçois que des arbres occultent l’entrée de la grotte. Je continue mon exploration, hormis une odeur animale puissante, rien d’humain ne traine ici. Je commence à me détendre ! Assez perdu de temps, il faut que je continue ma route. Je jette un coup d’œil désespéré à mes pieds, mes mocassins n’existent plus hormis trois coutures et deux morceaux de peau, ce qui me servait de chaussures est totalement, irrémédiablement foutus ! Tant pis, vaille que vaille, je commence à entreprendre une sortie pour tenter de récupérer un pseudo chemin dans cette jungle abominable.
J’attaque une sacrée descente, me raccrochant in-extrémis aux branches qui pendent, pour m’éviter une bonne dégringolade. Au passage quelques gifles bien assénées par les branchages finissent de me remettre les idées en place. Le terrain redevenant plat, je me faufile laborieusement dans la verdure. Un grondement sourd se fait entendre, mon ventre se serre, la nausée me guette, je me fige. Quelques envols d’oiseaux me paraissent de mauvaises augures. Un frôlement, une branche qui balance plus qu’une autre attire mon regard. Une silhouette sombre..
Les pires images me défilent devant les yeux ! Vais finir bouffer moi, déchiquetée en petits morceaux par une bestiole abominable qui en veut à mon petit corps Aarrgggh !!! Ma respiration s’accélère, mon cœur cogne sourdement dans ma poitrine. Mes émotions qui s’entortillent les unes aux autres me font hoqueter.
Résignée, je m’appuie le long d’un tronc d’arbre et me laisse glisser lamentablement jusqu’au sol. Autant en finir tout de suite.
La silhouette se rapproche, se précise, s’amplifie. Un loup !Souvenirs qui rejaillissent : Ma terre d’oublie ! Le loup, mon loup.
Il ne me quitte pas du regard, s’arrête à deux mètres de moi, me jauge. La truffe au vent, il me sent, baisse la tête et lance un jappement. Il se tourne, me regarde en piétinant. Dans ma tête jaillit :
- Maïa ! Fille des Eléments ! Suis moi !